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Sony Music et Warner poursuivent Anthropic pour piratage massif de chansonsTechPhoto : Katrin Bolovtsova / Pexels

Sony Music et Warner poursuivent Anthropic pour piratage massif de chansons

Sony Music et Warner Chappell attaquent Anthropic en justice, accusant l'IA Claude d'avoir été entraînée sur des chansons piratées.

Journaliste — Publié le
5 min de lecture

Sony Music Publishing et Warner Chappell ont attaqué Anthropic en justice vendredi 29 août devant un tribunal fédéral de Californie. Les deux éditeurs musicaux accusent l’entreprise d’avoir piraté des dizaines de milliers de compositions pour entraîner son assistant IA Claude. Il s’agit de la cinquième plainte déposée par l’industrie musicale contre Anthropic depuis janvier 2026.

À retenir

  • Sony Music Publishing et Warner Chappell attaquent Anthropic devant un tribunal fédéral de Californie
  • La plainte évoque une « campagne éhontée » de piratage de dizaines de milliers de chansons
  • Les dommages réclamés pourraient atteindre des centaines de milliers de dollars par œuvre piratée
  • Cinquième plainte musicale contre Anthropic depuis janvier 2026
Au sommaire
  1. Une plainte qui vise Claude et ses fondateurs
  2. La cinquième plainte musicale en huit mois
  3. Un an après un accord record de 1,5 milliard de dollars
  4. Un secteur musical déjà fragilisé par l’IA

Une plainte qui vise Claude et ses fondateurs

Selon la plainte consultée par plusieurs médias américains, Anthropic aurait mené une « campagne éhontée » de piratage, en torrentant et en scrapant des millions de fichiers contenant paroles et partitions protégées.

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La procédure, déposée devant le tribunal fédéral du district Nord de Californie, vise directement l’entreprise ainsi que ses deux fondateurs, Dario Amodei et Benjamin Mann.

Claude, l’assistant conversationnel d’Anthropic engagé dans un comparatif IA serré face à ChatGPT et Gemini, est directement visé par la procédure.

Sony Music Publishing et Warner Chappell réclament la destruction des copies piratées et exigent qu’Anthropic fournisse un état détaillé des données ayant servi à l’entraînement du modèle.

Les dommages demandés pourraient atteindre des centaines de milliers de dollars par œuvre, sur des dizaines de milliers de compositions concernées.

La cinquième plainte musicale en huit mois

Cette action s’ajoute à une série de procès intentés par l’industrie musicale contre Anthropic depuis le début de l’année 2026.

Universal Music Publishing, Concord Music Group et ABKCO avaient ouvert le bal en janvier, avec une plainte portant d’abord sur environ 500 titres, puis étendue à plus de 20 000 œuvres.

BMG avait suivi en mars, puis Round Hill Music le 17 août.

Avec Sony Music et Warner Chappell, ce sont désormais cinq éditeurs majeurs qui accusent Anthropic de piratage à grande échelle pour nourrir ses modèles.

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Un an après un accord record de 1,5 milliard de dollars

Anthropic n’en est pas à son premier différend judiciaire sur ses méthodes d’entraînement.

En juillet 2026, la justice américaine a validé un accord à 1,5 milliard de dollars dans l’affaire Bartz v. Anthropic, portant sur des livres piratés utilisés pour façonner Claude.

Le juge avait alors estimé que l’entraînement d’une IA sur des œuvres protégées pouvait relever de l’usage raisonnable, mais que leur acquisition par piratage restait illégale.

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L’entreprise a par ailleurs récemment obtenu l’annulation de sanctions imposées par l’administration Trump, un autre front judiciaire ouvert ces derniers mois.

Un secteur musical déjà fragilisé par l’IA

La musique est devenue un terrain d’affrontement privilégié entre maisons de disques et éditeurs de modèles génératifs.

Coup sur coup, la plateforme Suno a vu les données de 55 millions d’utilisateurs exposées après un piratage, illustrant la fragilité de ces services.

Anthropic, de son côté, prépare une entrée en Bourse évaluée à près de 2 000 milliards de dollars, ce qui explique en partie l’ampleur des dommages désormais réclamés par les ayants droit.

En France, la Sacem suit ces contentieux avec attention, alors que le règlement européen sur l’IA impose déjà aux fournisseurs de modèles une forme de transparence sur les données d’entraînement utilisées.

Sollicitée par la presse américaine, Anthropic n’avait pas répondu au moment de la publication de la plainte.

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