À retenir
- Le loyer charges comprises ne doit pas dépasser 1 940 € en Île-de-France, et 1 575 € ou 1 365 € ailleurs selon la commune, d’après la fiche Service-Public vérifiée le 23 janvier 2026
- Après 30 ans, un salarié du privé n’y a droit que s’il gagne au plus 1 710 € net par mois, ou s’il a été embauché ou muté depuis moins de six mois
- La demande se dépose sur Visale.fr avant la signature du bail, jamais après
- La garantie couvre jusqu’à 36 mois d’impayés sur les trois premières années du bail dans le parc privé
Au sommaire
- Action Logement paie le propriétaire, puis se retourne contre le locataire
- 1 940 € en Île-de-France, 1 575 € ou 1 365 € ailleurs : le loyer plafond
- Passé 30 ans, le salaire de 1 710 € net fait la différence
- La demande sur Visale.fr doit précéder la signature du bail
- 36 mois d’impayés couverts, mais seulement pendant trois ans
La garantie Visale remplace gratuitement le garant qu’exigent la plupart des propriétaires, mais elle ne fait pas disparaître la dette. Si le loyer n’est pas payé, Action Logement règle le bailleur, puis réclame chaque euro au locataire. C’est une caution, pas une aide, et beaucoup de locataires ne le découvrent qu’au premier retard.
Action Logement paie le propriétaire, puis se retourne contre le locataire
Visale, pour « visa pour le logement et l’emploi », est une caution locative accordée par Action Logement. Selon la fiche de Service-Public consacrée à la garantie Visale, vérifiée le 23 janvier 2026, l’organisme « verse d’abord au bailleur le montant dû, et se fait ensuite rembourser par le locataire ».
Le remboursement suit un échéancier. Il peut être aménagé selon la situation financière du locataire, à condition d’en faire la demande dans les deux mois qui suivent la demande de remboursement, depuis l’espace personnel en ligne.
L’enjeu n’est pas théorique. Si l’échéancier n’est pas respecté, Action Logement peut demander au juge la résiliation du bail. La procédure de recouvrement qu’il prend en charge peut aller jusqu’à l’expulsion.
1 940 € en Île-de-France, 1 575 € ou 1 365 € ailleurs : le loyer plafond
Le premier filtre est le montant du loyer, charges comprises. Il dépend de la localisation du logement et, pour les étudiants et alternants, de l’existence ou non de justificatifs de ressources :
| Localisation du logement | Loyer maximum | Étudiant sans justificatif |
|---|---|---|
| Île-de-France | 1 940 € | 1 000 € |
| Autres communes, tranche haute | 1 575 € | 840 € |
| Autres communes, tranche basse | 1 365 € | 680 € |
Hors Île-de-France, c’est la commune qui fixe la tranche. Service-Public renvoie vers un simulateur pour connaître le loyer maximum admis à l’adresse visée : mieux vaut le consulter avant de postuler à une annonce.
Pour la plupart des profils, un second verrou s’ajoute : le loyer ne doit pas dépasser la moitié des ressources prises en compte. Sont comptés les revenus d’activité, les allocations chômage, les indemnités journalières, le RSA, les aides au logement et plusieurs prestations familiales.
Un étudiant ou un alternant n’a aucune condition de ressources sous le premier seuil. Au-dessus, ses ressources doivent dépasser 2 000 € en Île-de-France, 1 680 € dans la tranche haute de province.
Passé 30 ans, le salaire de 1 710 € net fait la différence
Jusqu’à 30 ans, tout le monde peut prétendre à Visale, quel que soit le statut : étudiant, alternant, fonctionnaire, salarié ou sans emploi. Action Logement précise que ce droit court jusqu’au 31e anniversaire.
Au-delà, le périmètre se resserre nettement. Un salarié du secteur privé, y compris agricole, reste éligible dans trois cas seulement :
- il gagne 1 710 € net par mois au maximum ;
- il dépose sa demande dans les six mois suivant son embauche, période d’essai de CDI ou CDD comprise ;
- il la dépose dans les six mois suivant une mutation dans la même entreprise ou le même groupe.
Une promesse d’embauche avec une prise de poste dans les trois mois suffit aussi. Les travailleurs saisonniers ont un régime à part, ouvert dès 18 ans et sans limite d’âge, retraités compris.
Une exclusion vaut pour tous : le locataire et le bailleur ne doivent pas appartenir à la même famille, qu’il s’agisse d’un grand-parent, d’un parent ou d’un enfant.
La demande sur Visale.fr doit précéder la signature du bail
C’est l’erreur qui coûte la garantie. Service-Public l’écrit en toutes lettres : « La demande doit être faite avant la signature du bail ». Un locataire qui signe d’abord et s’en occupe ensuite ne peut plus en bénéficier pour ce logement.
La démarche se fait en ligne. Le futur locataire crée son espace sur Visale.fr, dépose ses justificatifs, et Action Logement lui délivre un visa en quelques jours ouvrés si le dossier est complet. Ce visa se télécharge et se remet au propriétaire.
Le visa ne vaut pourtant pas caution. Action Logement le souligne sur sa page de présentation de la garantie Visale : seul le contrat souscrit par le bailleur engage l’organisme. Le propriétaire doit donc créer à son tour un compte, saisir le numéro du visa et valider l’acte de cautionnement. Tant qu’il ne l’a pas fait, le locataire n’a pas de garant.
Le bailleur reste libre de refuser Visale. La garantie renforce un dossier, elle ne s’impose pas au propriétaire.
36 mois d’impayés couverts, mais seulement pendant trois ans
Dans le parc privé, la garantie prend en charge jusqu’à 36 mois de loyers et charges impayés durant les trois premières années du bail. Les dégradations locatives constatées au départ sont couvertes dans la limite de deux mois de loyer et charges inscrits au bail.
Dans le logement social, le plafond tombe à neuf mois d’impayés, aides au logement déduites.
Au bout de trois ans, la couverture s’arrête. Pour la conserver, il faut refaire une demande et être toujours éligible à cette date. Un locataire devenu trentenaire entre-temps, ou dont le salaire a dépassé 1 710 € net, peut alors se retrouver sans garant en cours de bail.
Visale se cumule en revanche avec l’avance Loca-Pass, qui finance le dépôt de garantie demandé à l’entrée dans les lieux. Les étudiants peuvent aussi combiner les deux dispositifs avec les bourses et cautions ouvertes à la rentrée, et les saisonniers disposent d’un simulateur dédié à leurs aides au logement. Pour le reste, les règles communes du bail s’appliquent : elles sont détaillées dans notre point sur les droits et obligations du locataire.
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