Anthropic prépare une entrée en Bourse à 2 000 milliards de dollars dès le mois d’octobre, selon plusieurs médias économiques américains. L’opération, pilotée par Morgan Stanley, Goldman Sachs et JPMorgan, ferait de la maison mère de Claude la plus grosse introduction boursière de l’histoire, devant SpaceX. Certains investisseurs évoquent même un chiffre plus proche de 3 000 milliards.
L’essentiel
- Anthropic viserait une valorisation de 2 000 milliards de dollars pour son entrée en Bourse prévue en octobre
- L’opération dépasserait le record de SpaceX, entrée en Bourse à 1 770 milliards de dollars en juin
- Le chiffre d’affaires annualisé atteint 65 milliards de dollars fin juillet, contre 47 milliards deux mois plus tôt
- Wall Street s’inquiète d’un pari qui mise sur la croissance du secteur entier plutôt que sur les seuls résultats de Claude
La banque d’affaires qui pilote le dossier a déposé les documents nécessaires auprès du gendarme boursier américain, la SEC, dès juin 2026. Anthropic reste depuis en période de silence réglementaire.
Le montant visé s’appuie sur une croissance spectaculaire. L’entreprise, éditrice de l’assistant Claude, a vu son chiffre d’affaires annualisé grimper à 65 milliards de dollars fin juillet, contre 47 milliards deux mois plus tôt.
D’ici la fin de l’année, Anthropic table sur un rythme annualisé compris entre 100 et 120 milliards de dollars. De quoi justifier, selon ses soutiens, une valorisation à sept ou huit chiffres.
Une valorisation qui dépasserait le record de SpaceX
Si l’opération aboutit au montant visé, elle éclipserait l’introduction en Bourse de SpaceX, entrée sur les marchés en juin à 1 770 milliards de dollars. L’action de la société d’Elon Musk avait alors bondi de 67 % au-dessus de son prix d’introduction.
Depuis, le titre a bouclé la boucle : après avoir frôlé les 3 000 milliards de dollars au plus haut, il évolue de nouveau autour de son prix de départ. Un précédent qui inquiète certains analystes.
Toutes les entrées en Bourse ne suivent pas cette trajectoire ascendante : Shein a dû accepter une valorisation amputée de 70 % à Hong Kong quelques jours plus tôt.
Un pari qui mise sur tout le secteur, pas seulement sur Claude
« On peut miser sur la croissance ou sur la rentabilité. Miser sur les deux à la fois est le pari demandé aux investisseurs publics », résume un analyste cité par la presse financière américaine.
La marge opérationnelle d’Anthropic ne dépasserait pour l’instant que 5 % environ, un niveau encore loin de celui des géants technologiques historiques.
Certains calculs jugent qu’il faudrait environ 725 milliards de dollars de revenus annuels d’ici 2036 pour justifier durablement une valorisation à 2 000 milliards de dollars.
Face à OpenAI et aux modèles chinois, la pression sur les prix
Anthropic doit aussi composer avec une concurrence féroce. Ses modèles resteraient facturés environ 2,5 fois plus cher que ceux d’OpenAI, tandis que plusieurs alternatives chinoises open source proposent des tarifs nettement inférieurs.
Une entreprise sur quatre déclare aujourd’hui retarder ou annuler des projets d’intelligence artificielle en raison de leur coût, selon plusieurs études citées par la presse américaine. De quoi peser sur la dynamique commerciale de Claude face à ses rivaux, dont ChatGPT.
Pour les entreprises comme pour le grand public, le choix entre Claude, ChatGPT et Gemini reste d’abord une question de budget et d’usages, comme le détaille notre comparatif IA.
Le secteur multiplie les opérations à prix fort ces dernières semaines, à l’image de Hugging Face, cédée à prix d’or pour 13 milliards de dollars, ou de jeunes pousses qui lèvent des sommes record malgré les inquiétudes sur la confidentialité des données qu’elles collectent.
Le dossier doit encore franchir plusieurs étapes avant une cotation effective. Rien ne garantit, à ce stade, que la valorisation finale atteindra les 2 000 milliards de dollars aujourd’hui évoqués.


