Photo : Markus Spiske / Pexels
IAIntelligence artificielle· 3 min

Hugging Face, la plateforme IA fondée par des Français, en vente à 13 milliards

Par Stéphane Larue · 24 août 2026

Hugging Face, la plus grande plateforme mondiale de partage de modèles d’intelligence artificielle, discuterait d’un rachat qui la valoriserait à plus de 13 milliards de dollars (environ 11,2 milliards d’euros). L’information, révélée par Business Insider et relayée par TechCrunch le 24 août 2026, n’a pas été confirmée par l’entreprise. Fondée à Paris par trois entrepreneurs français, elle vaudrait ainsi près de trois fois plus qu’en 2023.

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L’essentiel

  • Hugging Face serait en discussions pour une vente valorisée à plus de 13 milliards de dollars
  • La société, fondée à Paris, avait été valorisée 4,5 milliards de dollars en 2023
  • Aucun repreneur n’a été identifié, l’information n’émane pas de l’entreprise elle-même
  • Hugging Face avait récemment refusé un investissement de 500 millions de dollars de Nvidia

Selon Business Insider, la start-up aurait mandaté une banque pour sonder des acheteurs potentiels. Aucun nom de repreneur n’a filtré à ce stade, et ni Hugging Face ni ses investisseurs n’ont confirmé publiquement ces discussions.

Une pépite franco-américaine devenue incontournable

Hugging Face a été fondée en 2016 à Paris par Clément Delangue, Julien Chaumond et Thomas Wolf. Le trio lançait alors une application de chatbot destinée aux adolescents, avant de pivoter vers l’open source en mettant en ligne une bibliothèque de traitement du langage.

Dix ans plus tard, la plateforme est devenue le point de passage quasi obligé des chercheurs et développeurs en IA pour héberger, partager et tester des modèles ouverts. Elle revendique aujourd’hui le statut de référence pour l’écosystème open source, à l’heure où beaucoup d’utilisateurs hésitent encore entre les assistants propriétaires dans notre comparatif IA.

Son dernier tour de table remonte à 2023, mené par Salesforce Ventures aux côtés d’Alphabet, GV et IBM Ventures, pour une valorisation de 4,5 milliards de dollars.

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Pourquoi une vente maintenant, et pour qui ?

Le calendrier interroge. Le PDG Clément Delangue affirmait récemment que l’entreprise était « proche de la rentabilité », et Hugging Face avait déjà refusé, il y a plusieurs mois, un investissement de 500 millions de dollars proposé par Nvidia sur la base d’une valorisation de 7 milliards de dollars.

La société a par ailleurs traversé un incident de sécurité impliquant les systèmes d’OpenAI, que ses fondateurs ont géré publiquement. Thomas Wolf avait alors salué la transparence d’OpenAI, tout en insistant sur l’importance de l’accès aux modèles à poids ouverts pour la cyberdéfense.

Delangue lui-même a rappelé la responsabilité particulière de la plateforme envers sa communauté : « Nous construisons une plateforme pour la communauté, et elle nous fait confiance en partageant ses données et ses modèles, nous avons donc une responsabilité à long terme envers elle. »

Un rachat qui inquiéterait la communauté open source

Une acquisition par un géant américain ou une entreprise chinoise du secteur relancerait les débats sur la souveraineté numérique européenne en matière d’IA, un sujet suivi de près par la Commission européenne dans le cadre de l’AI Act et par la CNIL sur le volet protection des données hébergées.

D’autres levées de fonds récentes illustrent l’appétit des investisseurs pour l’IA, à l’image de la start-up Wispr, valorisée 2 milliards de dollars sur un marché de la dictée vocale en plein essor. Mais peu de dossiers atteignent l’ampleur d’un rachat à 13 milliards de dollars pour une plateforme aussi centrale à l’écosystème open source mondial, y compris pour des projets d’infrastructure aussi ambitieux que l’hébergement de l’IA en orbite envisagé par Starcloud.

Reste à savoir si la vente ira à son terme. Les fondateurs, très attachés à l’indépendance de leur plateforme, n’ont pour l’instant donné aucune indication publique sur l’identité d’un éventuel repreneur ni sur un calendrier de décision.

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