La startup américaine Clipto a levé 15 millions de dollars (environ 13 millions d’euros), portant sa valorisation à 250 millions de dollars (215 millions d’euros). Son outil d’intelligence artificielle retrouve n’importe quelle vidéo, photo ou document sur un ordinateur grâce à une simple description en langage naturel, sans jamais envoyer les fichiers dans le cloud.
L’essentiel
- Clipto lève 15 millions de dollars (13 M€), valorisation portée à 250 millions de dollars (215 M€)
- L’IA indexe vidéos, audio, photos et documents directement sur l’ordinateur, sans passer par le cloud
- L’outil se connecte à ChatGPT et Claude via le protocole MCP
- Plus de 30 millions d’utilisateurs depuis le lancement, et déjà rentable
Après Google Pics, qui défie Canva à coups de génération d’images, c’est un autre pan du quotidien numérique que l’intelligence artificielle vient bousculer : la simple recherche d’un fichier perdu sur son disque dur.
Une recherche par description, pas par mot-clé
Clipto a été fondée en 2023 par Henry Kang, un ingénieur passé par la robotique et la reconnaissance d’objets à Carnegie Mellon, puis fondateur de Zenvideo, rachetée par Tencent en 2020.
Le principe : au lieu de fouiller ses dossiers un par un, l’utilisateur décrit ce qu’il cherche en langage courant. « la réunion où on parlait du budget marketing en mars », par exemple.
L’IA transcrit automatiquement l’audio en plus de 99 langues, reconnaît les personnes présentes à l’écran et analyse des vidéos allant jusqu’à six heures. Elle couvre aussi bien les fichiers vidéo et audio que les photos et les documents.
Le service revendique plus de 30 millions d’utilisateurs depuis son lancement, plusieurs centaines de milliers d’abonnés payants, et 15 millions de dollars de revenus annuels récurrents début 2026 — une rentabilité rare pour une jeune pousse de l’IA.
Le traitement local, un argument qui parle en France
Contrairement à la plupart des assistants IA, Clipto exécute l’intégralité de ses traitements sur l’appareil de l’utilisateur, sans envoyer les fichiers vers un serveur distant. Un choix technique qui devient un argument de confidentialité, alors que le RGPD encadre strictement l’envoi de données personnelles — y compris des visages reconnus automatiquement — vers des serveurs tiers.
L’entreprise cible d’ailleurs des professions soumises au secret : avocats, médecins, chercheurs, mais aussi journalistes et enseignants, qui manipulent des heures d’enregistrements sans pouvoir les confier à un cloud externe.
L’outil est disponible en France via le Mac App Store, le Microsoft Store, l’App Store et Google Play. Il propose un essai gratuit de sept jours, puis un abonnement à partir de 10,80 € par mois en engagement annuel, ou environ 21,60 € par mois sans engagement.
Autre singularité : Clipto prend en charge le protocole MCP (Model Context Protocol), qui lui permet de dialoguer directement avec les grands assistants IA du moment. De quoi relancer la question de quel assistant IA choisir entre ChatGPT, Gemini et Claude, tout en gardant le contrôle des autorisations d’accès aux fichiers.
Un marché encombré, mais une rentabilité qui détonne
La levée a été menée par HSG (ex-Sequoia Chine), aux côtés de GL Ventures, EnvisionX Capital, Palm Drive Capital et plusieurs investisseurs individuels. Une confiance qui tranche avec la réalité du secteur : la majorité des start-up IA brûlent encore du cash bien après leur lancement.
Face à Adobe Premiere, Apple Photos ou Google Photos, qui cantonnent la recherche à leur propre écosystème, Clipto mise sur une approche transversale, capable de fouiller plusieurs types de fichiers à la fois et de partager les résultats avec des outils IA externes.
Reste à voir si ce positionnement de niche, taillé pour les professionnels croulant sous les fichiers, saura convaincre au-delà de son public initial de créateurs vidéo, qui ne représente plus qu’un quart à un tiers de ses utilisateurs actuels.

