Dentiste : la HAS restreint l’antibiotique le 14 septembre, signalez vos traitements

Une rage de dents ne justifie plus à elle seule une ordonnance. La Haute Autorité de santé précise les situations où la prescription reste prévue chez le chirurgien-dentiste.

Stéphane Larue
Par
Stéphane Larue — article rédigé avec l’IA
Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure...
8 min de lecture

À retenir

  • La Haute Autorité de santé a publié le 14 septembre 2026 de nouvelles recommandations sur les antibiotiques en pratique bucco-dentaire.
  • Une douleur dentaire isolée ne justifie plus à elle seule une antibiothérapie : le geste local et l’antalgique passent devant.
  • L’antibioprophylaxie avant un soin cesse d’être systématique et reste réservée à certains actes et à certains profils de patients.
  • Les chirurgiens-dentistes étaient en 2022 les deuxièmes prescripteurs d’antibiotiques en ville, derrière les médecins généralistes.
Au sommaire
  1. Ce que la HAS a publié le 14 septembre 2026
  2. 820,6 prescriptions pour 1 000 habitants : le contexte chiffré
  3. Population générale, risque infectieux, ostéonécrose : trois cadres distincts
  4. Réévaluation à 48 ou 72 heures : le déroulé prévu par la HAS
  5. Le reste d’ordonnance dans l’armoire, le piège le plus fréquent
  6. Endocardite, ostéonécrose : les deux cas qui restent à part
  7. Ce que cela ne change pas pour votre remboursement

Une rage de dents ne se soigne pas avec une ordonnance d’antibiotique. C’est, en une phrase, ce que la Haute Autorité de santé a réaffirmé le 14 septembre 2026 en publiant ses nouvelles recommandations sur la prescription d’antibiotiques en pratique bucco-dentaire.

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Le texte remplace les repères diffusés en 2011 par l’Afssaps, devenue l’ANSM. Il ne modifie pas le remboursement des soins, mais il change ce que le patient peut attendre du fauteuil.

Ce que la HAS a publié le 14 septembre 2026

Les recommandations couvrent les adultes et les enfants, pour les soins courants comme pour les extractions. Elles poursuivent un objectif affiché : réduire les prescriptions inutiles.

Trois messages structurent le texte. Les douleurs dentaires sont « le plus souvent d’origine inflammatoire et ne nécessitent pas, à elles seules, d’antibiothérapies ». L’antibioprophylaxie, prescrite avant certains soins, « ne doit pas être systématique ».

Troisième point, l’association réflexe entre antibiotique et anti-inflammatoire : selon le communiqué de la Haute Autorité de santé, « les données disponibles ne montrent pas d’intérêt à prescrire automatiquement un antibiotique en même temps qu’un anti-inflammatoire ».

820,6 prescriptions pour 1 000 habitants : le contexte chiffré

La France comptait 820,6 prescriptions d’antibiotiques pour 1 000 habitants en ville en 2023, selon Santé publique France dans son bilan publié le 6 novembre 2024. L’objectif fixé par la stratégie nationale est passé sous les 650.

Le même bilan situe la France au cinquième rang européen des pays les plus consommateurs en 2022. Et si les prescriptions des médecins généralistes reculaient de 1,3 % cette année-là, Santé publique France relevait une hausse de 1,4 % du côté des chirurgiens-dentistes.

C’est cet écart que la HAS cherche à corriger.

Population générale, risque infectieux, ostéonécrose : trois cadres distincts

La recommandation ne traite pas tous les patients de la même manière. Elle distingue plusieurs cas de figure, et le tableau ci-dessous compare ce que chacun prévoit.

Profil du patientCe que prévoit la recommandation
Population généraleAntibiotique réservé à certains actes
Risque infectieux augmentéIndications élargies, évaluées au cas par cas
Haut risque d’ostéonécrose des mâchoiresCadre spécifique avant geste invasif
Haut risque d’endocardite infectieuseHors champ, recommandation HAS de 2024
Douleur sans infection avéréePas d’antibiotique à elle seule

Ce découpage a une conséquence directe. Le praticien doit connaître votre dossier avant de décider, ce qui suppose que vous signaliez vos traitements en cours et vos antécédents.

Réévaluation à 48 ou 72 heures : le déroulé prévu par la HAS

Pour une douleur dentaire, la recommandation décrit une séquence précise. Elle place le soin avant l’ordonnance.

  1. Le praticien identifie la cause de la douleur lors de la consultation.
  2. Il réalise « un geste local permettant de traiter la cause des douleurs ».
  3. Il met en place « un traitement antalgique adapté ».
  4. Si une antibiothérapie est engagée, l’état de santé est réévalué « dans les 48 à 72 heures suivant le début du traitement ».

Autrement dit, repartir sans antibiotique n’est pas un oubli. C’est, après une consultation et dans la majorité des cas, ce que prévoit désormais le texte de référence.

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Le reste d’ordonnance dans l’armoire, le piège le plus fréquent

La HAS demande aux praticiens d’informer leurs patients du « danger d’une automédication antibiotique ». Trois risques sont cités : un spectre inadapté, le développement de résistances, les effets indésirables.

Le scénario visé est connu. Une boîte entamée lors d’un précédent épisode, une douleur qui revient un dimanche, et le traitement repart sans diagnostic.

Une boîte entamée ne vaut pas diagnostic. Le même réflexe est déconseillé pour les médicaments hybrides, dont la délivrance en officine s’est durcie : nous l’avions détaillé dans notre article sur le refus d’un médicament hybride en pharmacie.

Deuxième piège, plus discret : insister pour obtenir une ordonnance. La recommandation retire précisément au praticien l’argument du « au cas où ».

Endocardite, ostéonécrose : les deux cas qui restent à part

Les patients à haut risque d’endocardite infectieuse

Ils ne relèvent pas de ce texte. La HAS les a traités dans une recommandation distincte, publiée en 2024, consacrée à leur prise en charge bucco-dentaire.

Les patients à haut risque d’ostéonécrose des mâchoires

Ce profil concerne notamment des personnes suivies pour certaines pathologies osseuses ou oncologiques. Il fait l’objet d’un cadre propre dans la recommandation du 14 septembre, distinct de celui de la population générale.

Dans les deux cas, la décision revient au praticien, après échange sur les traitements suivis. Aucune des deux situations ne se règle par une consigne générale lue en ligne.

Ce que cela ne change pas pour votre remboursement

Le texte porte sur la pertinence des prescriptions, pas sur la prise en charge. Les taux de remboursement des soins dentaires et des médicaments délivrés restent ceux en vigueur.

En revanche, le reste à charge de l’année évolue par ailleurs : le plafond des franchises médicales est relevé, comme nous l’expliquions à propos du nouveau plafond des franchises médicales à 140 euros. Les autres postes sont réunis dans notre guide santé et remboursements 2026.

Enfin, cette publication s’inscrit dans une série d’interventions des autorités sanitaires auprès du grand public, après le courrier de l’ANSM aux utilisatrices de désogestrel.

Sources : recommandations de bonne pratique « Prescription des antibiotiques en pratique bucco-dentaire » et communiqué de la Haute Autorité de santé, publiés le 14 septembre 2026 ; bilan « Consommation d’antibiotiques en secteur de ville en France » de Santé publique France, publié le 6 novembre 2024 ; recommandation HAS de 2024 sur la prise en charge bucco-dentaire des patients à haut risque d’endocardite infectieuse.

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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure une veille quotidienne sur les sujets d information générale, en s appuyant sur les sources officielles et les communiqués de presse. Il publie également des analyses, des interviews et des sélections éditoriales à destination d un large public.