À retenir
- Flet 1.0 a été annoncé le 15 septembre 2026 par son créateur Feodor Fitsner, qui juge le framework prêt pour des applications en production
- Plus de 100 paquets Python, dont NumPy, pandas et scikit-learn, sont disponibles pour les applications Android et iOS construites avec Flet
- Le code écrit pour la version 0.28 ne fonctionne pas tel quel : ft.app() cède la place à ft.run() et un traitement bloquant fige l’écran
- Flet Studio, l’éditeur en ligne doté d’un agent IA, offre 1 000 crédits gratuits par mois, soit trois à quatre petites applications selon l’équipe
Au sommaire
- Flet 1.0 promet trois versions de sursis avant toute suppression d’API
- Python et Flutter partagent le même processus depuis la version 0.86
- NumPy, pandas et scikit-learn s’embarquent dans une appli Android ou iOS
- Passer de Flet 0.28 à 1.0 impose de réécrire une partie du code
- Le serveur flet-mcp évite aux assistants IA de proposer du code périmé
- Flet Studio écrit une première version d’appli dans le navigateur
- Fletbase promet la publication sur les stores et la compilation dans le cloud
Feodor Fitsner a annoncé mardi 15 septembre la version 1.0 de Flet, le framework open source qu’il a créé il y a plus de quatre ans. L’outil permet d’écrire une application web, de bureau, Android ou iOS avec le seul langage Python.
Flet s’appuie sur Flutter, la boîte à outils d’interface de Google. Le développeur écrit ses écrans et sa logique en Python, sans passer par JavaScript, React ou Dart, le langage de Flutter.
Flet 1.0 promet trois versions de sursis avant toute suppression d’API
« Flet 1.0 signifie qu’il est prêt pour créer des applications de production », écrit Feodor Fitsner dans l’annonce publiée sur le blog de Flet.
Le numéro de version vaut engagement. Une fonction appelée à disparaître sera d’abord signalée comme obsolète, puis conservée pendant trois versions mineures par défaut, et chaque rupture sera documentée dans les notes de version.
L’équipe dit avoir renforcé ses tests : plusieurs versions de Python, comparaison de captures d’écran, compilation vérifiée pour Windows, macOS, Linux, iOS, Android et le web. La commande flet test permet aussi de lancer des tests d’intégration sur ses propres applications.
Selon le billet du 15 septembre, le projet compte plus de 16 700 étoiles sur GitHub, une centaine de contributeurs et plus de 9 millions de téléchargements sur PyPI, le dépôt officiel des paquets Python.
Python et Flutter partagent le même processus depuis la version 0.86
Le changement le plus profond est arrivé en juillet. Depuis Flet 0.86, publiée le 14 juillet, les applications compilées avec flet build embarquent l’interpréteur Python dans le même processus que l’application Flutter.
Les deux moteurs échangent leurs messages par un canal direct, baptisé dart-bridge, qui remplace l’ancienne connexion par sockets. Le mécanisme s’applique aux applications de bureau et mobiles.
La version 0.83, sortie en mars, avait déjà accéléré la comparaison entre l’ancien et le nouvel état de l’interface. Flet mesure un calcul jusqu’à 6,7 fois plus rapide sur une démo de 500 éléments, testée sur une machine Apple Silicon, et des gains de 1,9 à 4,5 fois sur ses autres scénarios.
Sur Android, les bibliothèques natives sont désormais lues directement dans le fichier APK, sans décompression, et le code Python est livré précompilé. Flet promet des fichiers plus légers et un démarrage plus rapide, sans chiffrer le gain.
NumPy, pandas et scikit-learn s’embarquent dans une appli Android ou iOS
Le catalogue de paquets maintenu par Flet dépasse désormais les 100 bibliothèques compilées pour mobile. On y trouve NumPy, pandas, Matplotlib, Pillow, SciPy, scikit-learn, cryptography ou pydantic-core, des outils qui reposent en partie sur du code natif.
Une chaîne automatisée, mobile-forge, prépare ces paquets pour iOS et Android et les teste pour chaque version de Python prise en charge. Une application peut embarquer Python 3.12, 3.13 ou 3.14.
Une application de téléphone peut ainsi lire un fichier CSV, le traiter avec pandas et en tirer des graphiques Matplotlib, sans réécrire le script d’analyse dans un autre langage.
Passer de Flet 0.28 à 1.0 impose de réécrire une partie du code
La version 1.0 n’est pas un simple remplacement de la 0.28, préviennent ses auteurs. Le guide de migration publié par Flet recense les changements, dont voici les plus courants.
| Flet 0.28 | Flet 1.0 |
|---|---|
ft.app(target=main) | ft.run(main) |
ft.UserControl | Sous-classe et décorateur @ft.control |
ElevatedButton(text=...) | Button(content=...) |
ft.colors.RED | ft.Colors.RED |
page.update() après chaque action | Appel automatique après chaque gestionnaire |
Services ajoutés à page.overlay | Services utilisés directement, méthodes asynchrones |
Le piège principal tient au modèle d’exécution. En 0.28, un gestionnaire d’événement synchrone était exécuté dans un fil d’exécution séparé ; en 1.0, il s’exécute directement dans la boucle d’événements de l’application.
Un appel bloquant, comme une requête réseau classique ou un time.sleep(), fige toute l’interface le temps de son exécution. La parade consiste à utiliser des bibliothèques asynchrones ou à déporter le travail dans un fil dédié.
Appeler ft.app() déclenche désormais une erreur TypeError, car le nom désigne un module. À la compilation, Python 3.14 est embarqué par défaut et l’application tourne en lecture seule, avec un répertoire de travail déplacé.
La mise à jour s’installe avec pip install 'flet[all]' --upgrade, ou uv sync --upgrade pour les projets gérés avec uv. Le développement demande Python 3.10 ou une version plus récente.
Le serveur flet-mcp évite aux assistants IA de proposer du code périmé
Les assistants de programmation écrivent du code d’après leurs données d’entraînement, souvent antérieures à la dernière version d’une bibliothèque. Un assistant nourri d’exemples anciens risque de proposer ft.app() ou ElevatedButton, deux formes abandonnées par la 1.0.
Pour l’éviter, Flet publie flet-mcp, un serveur qui fournit à l’assistant la description exacte des contrôles, des énumérations et des icônes de la version utilisée. Il s’installe avec pip install flet-mcp et se lance avec flet mcp.
La documentation détaille sa configuration dans Claude Desktop, Cursor et VS Code. Le serveur s’appuie sur le Model Context Protocol, le standard lancé par Anthropic, dont la version sans état publiée le 28 juillet commence à être déployée dans Claude.
Flet Studio écrit une première version d’appli dans le navigateur
Flet Studio vise ceux qui veulent essayer sans rien installer : c’est un éditeur Python qui fonctionne en ligne, à l’adresse studio.flet.dev. Depuis le 14 juillet, un agent IA y rédige une première version d’application à partir d’une consigne du type « fais-moi une calculatrice ».
L’offre gratuite, baptisée Explorer, donne 1 000 crédits par mois, de quoi construire trois ou quatre applications simples selon l’équipe. La formule payante Creator en fournit 10 000. Les projets se partagent par un lien public et se téléchargent pour être poursuivis sur son ordinateur.
Flet ne survend pas son agent : en juillet, l’équipe reconnaissait qu’il pouvait « parfois être bête » et peinait sur la navigation entre écrans. Les outils qui codent à la demande se multiplient, à l’image de Muse Code, l’agent de programmation lancé par Meta en août.
Fletbase promet la publication sur les stores et la compilation dans le cloud
La feuille de route publiée avec la 1.0 annonce trois chantiers. Le framework doit suivre les nouvelles versions de Flutter et de Python, et gagner des contrôles, dont l’accès aux capteurs du téléphone.
Flet Studio doit se connecter à GitHub et sortir en version de bureau. Un nouveau service, Fletbase, doit prendre en charge la compilation dans le cloud, la publication sur les magasins d’applications et des services côté serveur.
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