À retenir
- Le préfet de la Guadeloupe et le procureur général de Basse-Terre recensent 31 homicides depuis le 1er janvier
- Vingt-sept d’entre eux ont été commis par arme à feu, et 203 armes ont été saisies dans l’archipel cette année
- Les habitants sont invités à déposer leur arme auprès des forces de l’ordre sans encourir de poursuites
- Un plan de vidéoprotection de 3 millions d’euros accompagne l’appel
Le préfet de la Guadeloupe, Xavier Lefort, et le procureur général près la cour d’appel de Basse-Terre ont diffusé jeudi 17 septembre un appel commun aux élus et à la population de l’archipel. « Seule une mobilisation collective permettra de rendre la Guadeloupe plus sûre et plus paisible », écrivent les deux responsables, dans un texte rapporté par le média guadeloupéen Karibinfo.
L’appel arrive au lendemain d’une nouvelle nuit de tirs. Il ne s’accompagne d’aucune mesure contraignante : ce que l’État demande, c’est que les armes sortent des maisons.
Vingt-sept des trente et un homicides ont été commis par arme à feu
Les deux autorités dénombrent 31 homicides en Guadeloupe depuis le 1er janvier 2026. Vingt-sept ont été commis avec une arme à feu, soit près de neuf sur dix.
Sur la même période, 203 armes ont été saisies dans l’archipel. Le chiffre mesure autant l’activité des enquêteurs que le volume de ce qui circule encore entre Grande-Terre et Basse-Terre.
Le décompte lui-même ne fait pas consensus. Le site d’information RESCA, qui a rapporté la fusillade de mardi soir, comptabilisait pour sa part un 32e homicide depuis janvier. Le chiffre retenu par les autorités est de 31, sans que l’écart ait été expliqué.
Un homme tué cour Monbruno, aux Abymes, la veille de l’appel
Mardi soir, peu avant 22 heures, des tirs ont visé un groupe cour Monbruno, dans le quartier de Vieux-Bourg, aux Abymes. Un homme touché au visage est mort, un autre a été grièvement blessé, selon RESCA.
Karibinfo évoque des individus armés et masqués. Aucune interpellation n’a été rendue publique à l’heure où nous publions, et aucune qualification judiciaire définitive n’a été communiquée.
La commune des Abymes connaît ce type de scène depuis plusieurs années. En octobre 2024, le site avait déjà raconté comment un enfant de quatre ans était devenu victime collatérale d’une fusillade aux Abymes.
Le phénomène n’est pas propre aux Antilles : fin août, la métropole enregistrait un mort et un blessé grave dans une fusillade à Décines-Charpieu, près de Lyon. La différence tient à la densité : 31 homicides pour 370 000 habitants placent la Guadeloupe très au-dessus de la moyenne nationale.
Trois millions d’euros de vidéoprotection et une remise d’armes sans poursuite
Trois chantiers accompagnent l’appel. Le premier est un plan de vidéoprotection doté de 3 millions d’euros, selon Karibinfo.
Le deuxième s’adresse directement aux habitants : ceux qui détiennent une arme sont invités à la remettre spontanément aux forces de l’ordre, sans risquer de poursuites. Ni la durée de cette fenêtre, ni les points de dépôt, ni la procédure à suivre n’ont été précisés à ce stade.
Le troisième est éducatif, avec des actions de sensibilisation au refus de la violence menées dans les établissements scolaires.
Ni le préfet ni le procureur général n’ont fixé d’objectif chiffré ni annoncé de date de bilan. Les modalités pratiques de la remise volontaire d’armes, qui conditionnent l’efficacité du dispositif, restent à publier.
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