À retenir
- L’audience s’est ouverte mercredi matin devant la justice parisienne et doit se tenir jusqu’au 28 septembre
- L’ex-patron de l’alliance Renault-Nissan, réfugié à Beyrouth, réclame un renvoi, une comparution à distance et la levée du mandat d’arrêt d’avril 2023
- Au fond, la justice s’intéresse à 900 000 euros de prestations de conseil facturées entre 2009 et 2013
Le tribunal correctionnel de Paris a ouvert mercredi 16 septembre le procès pour corruption et trafic d’influence de Rachida Dati et de Carlos Ghosn, et doit d’abord statuer sur une demande de renvoi déposée par l’ancien dirigeant automobile avant d’aborder le moindre élément de fond.
Carlos Ghosn veut être jugé en visioconférence depuis Beyrouth
Dans un courrier adressé au tribunal le 11 août depuis le Liban, où il vit depuis sa fuite du Japon, Carlos Ghosn affirme ne pas avoir été régulièrement cité à comparaître et demande pour ce motif le report de l’audience.
Il propose, si les magistrats refusent le renvoi, de participer aux débats par visioconférence depuis Beyrouth. La même lettre réclame la levée du mandat d’arrêt délivré contre lui par la justice française en avril 2023, qui rend sa venue à Paris impossible en pratique.
L’ancien PDG fait également valoir qu’il n’a pas eu accès à son dossier pendant six ans.
900 000 euros de prestations de conseil facturées entre 2009 et 2013
Les juges ont renvoyé les deux prévenus devant le tribunal correctionnel en juillet 2025, au terme d’une instruction ouverte sept ans plus tôt.
L’ancienne ministre de la Culture répond de corruption et trafic d’influence passifs par personne investie d’un mandat électif public au sein d’une organisation internationale, ainsi que de recel d’abus de pouvoir et d’abus de confiance, selon Le Club des Juristes. Carlos Ghosn est poursuivi pour les faces actives des mêmes infractions, auxquelles s’ajoutent l’abus de pouvoirs par dirigeant de société et l’abus de confiance.
Au cœur du dossier : les 900 000 euros versés par l’alliance Renault-Nissan à Rachida Dati au titre de prestations de conseil, à une période où elle siégeait au Parlement européen. Elle conteste l’ensemble des accusations et soutient n’avoir agi qu’en qualité d’avocate. Les deux prévenus encourent dix ans d’emprisonnement.
Les avocats de Rachida Dati réclament une audience sans délai
Olivier Pardo et Olivier Baratelli, conseils de l’ancienne ministre, ont fait savoir qu’elle demande à être entendue à compter du 16 septembre, à rebours de la stratégie de son coprévenu.
L’enjeu dépasse pour elle la seule audience : début septembre, elle engageait une démarche pour réintégrer la magistrature à deux semaines du procès, un retour que ces deux semaines de débats peuvent compromettre.
La date de comparution était connue de longue date, puisque le calendrier avait été arrêté par le tribunal dès l’automne 2025. Si les magistrats accèdent à la demande de Carlos Ghosn, le dossier repartirait pour plusieurs mois d’attente ; s’ils la rejettent, les débats sur le fond s’engagent dans la foulée, jusqu’au 28 septembre.
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