Manche : les gendarmes capturent une tortue de Floride en cavale au Val-Saint-Père

Signalée par une cavalière au gué de l'Épine, la tortue attend l'Office français de la biodiversité. Pourquoi cette espèce est interdite et ce qu'il faut faire si vous en croisez une.

Stéphane Larue
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Stéphane Larue — article rédigé avec l’IA
Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure...
4 min de lecture

À retenir

  • Les gendarmes d’Avranches ont récupéré une tortue de Floride samedi 12 septembre au gué de l’Épine, au Val-Saint-Père
  • Signalé par une cavalière, le reptile a été nourri à la salade à la brigade
  • La vente de cette espèce est suspendue en Europe depuis 1997, et son introduction dans la nature interdite en métropole depuis 2010
  • Le reptile doit être confié lundi 14 septembre à l’Office français de la biodiversité

Une tortue de Floride a été récupérée par les gendarmes d’Avranches samedi 12 septembre sur le site naturel du gué de l’Épine, au Val-Saint-Père, dans la Manche, selon ICI Cotentin. Cette espèce originaire du sud-est des États-Unis circulait en bordure de la baie du Mont-Saint-Michel, sur un terrain fréquenté par les promeneurs.

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La brigade a raconté l’épisode sur sa page Facebook, sur le ton de la chronique judiciaire. « Aucune résistance à l’interpellation… et, pour l’instant, aucune tentative d’évasion », écrivent les gendarmes de la Manche.

Une cavalière donne l’alerte au gué de l’Épine

C’est une cavalière qui a repéré la première le reptile et prévenu les militaires. Le gué de l’Épine est un site naturel prisé pour les traversées de la baie : une tortue exotique y détonne largement.

Les gendarmes se sont déplacés, ont attrapé l’animal sans difficulté et l’ont ramené à la brigade, où il a passé le week-end. Le menu s’est limité à de la salade.

Le scénario rappelle celui de Francky, la tortue en fuite quatre jours à Bavans, dans le Doubs, retrouvée en juillet à quelques rues de chez elle. La différence tient à l’espèce : un animal de compagnie dans un cas, un reptile classé indésirable pour les milieux naturels dans l’autre.

Importée massivement dans les années 1990, interdite depuis 1997

La tortue de Floride, ou trachémyde écrite, est arrivée en masse dans les animaleries françaises pendant la décennie 1990. Les acheteurs découvraient ensuite un animal qui dépasse les 25 centimètres et vit plusieurs décennies : beaucoup l’ont relâchée dans un étang ou une rivière.

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La vente a été suspendue en Europe en 1997. L’introduction de l’espèce dans la nature est interdite en métropole depuis 2010, et un arrêté du 14 février 2018 proscrit aussi sa détention, son transport et son achat. Depuis 2016, elle figure sur la liste européenne des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l’Union.

Le motif est écologique : la trachémyde concurrence la cistude d’Europe pour les sites de ponte et les zones d’exposition au soleil. Le phénomène n’a rien d’isolé, comme l’a montré cet été l’arrivée de fourmis exotiques dans plusieurs villages français.

Une remise à l’Office français de la biodiversité lundi 14 septembre

La tortue doit être confiée lundi 14 septembre à l’Office français de la biodiversité, chargé de la police de l’environnement. C’est lui qui pilote, avec la Société herpétologique de France, la stratégie nationale de gestion de l’espèce engagée en 2020.

Les individus récupérés ne sont pas remis à l’eau. Ils rejoignent des structures d’accueil spécialisées, souvent saturées, où ils finissent leur vie à l’abri des milieux naturels.

Pour un particulier qui croise le même animal, le réflexe utile n’est pas de le ramener chez soi, mais de signaler sa présence à la mairie ou à l’OFB. Le relâcher ailleurs revient à déplacer le problème, et la loi l’interdit.

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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure une veille quotidienne sur les sujets d information générale, en s appuyant sur les sources officielles et les communiqués de presse. Il publie également des analyses, des interviews et des sélections éditoriales à destination d un large public.