À retenir
- Le radiotélescope MeerKAT, en Afrique du Sud, a détecté des sursauts radio récurrents provenant de l’exoplanète Beta Pictoris b
- C’est la toute première mesure directe du champ magnétique d’une planète hors du Système solaire, estimé à plus de 1 250 gauss
- Les chercheurs ont écarté l’étoile centrale et une planète voisine grâce à un calibrage par quasars lointains
- L’équipe cible déjà sept autres exoplanètes géantes réparties dans cinq systèmes proches
Une équipe d’astronomes du Centre d’astrophysique Harvard-Smithsonian et de l’université de l’Oregon a mesuré, pour la première fois, le champ magnétique d’une exoplanète. La détection provient d’un signal radio capté sur Beta Pictoris b, une planète géante gazeuse située à environ 63 années-lumière de la Terre.
Les résultats, déposés le 15 septembre 2026 sur la plateforme de prépublication arXiv, n’ont pas encore été validés par la relecture scientifique habituelle. Ils ouvrent malgré tout une nouvelle piste pour étudier des mondes situés hors de notre Système solaire.
Un champ magnétique extraterrestre mesuré pour la première fois
La fréquence maximale des sursauts radio a permis aux chercheurs de calculer la force du champ magnétique à sa source : au moins 1 250 gauss.
À titre de comparaison, le champ magnétique terrestre dépasse à peine un demi-gauss, et celui de Jupiter culmine autour de 14 gauss.
Cette intensité colossale s’expliquerait par une vitesse de rotation extrême : la planète boucle un cycle sur elle-même en seulement huit à neuf heures.
Beta Pictoris b, repérée dès 2008 et environ dix fois plus massive que Jupiter, devient ainsi la première exoplanète dont, selon la prépublication de Kevin Ortiz Ceballos et son équipe, le champ magnétique a été mesuré directement.
Quatre observations et un signal reconstitué grâce aux quasars
Le radiotélescope MeerKAT a observé le système Beta Pictoris à quatre reprises entre février 2025 et mai 2026.
À chaque passage, l’instrument a enregistré de brefs sursauts radio, récurrents et fortement polarisés en spirale, une signature typique des aurores planétaires.
Les fréquences captées s’étendaient de 0,85 à 3,5 gigahertz, aux limites hautes de la bande couverte par l’instrument.
Pour localiser précisément l’origine du signal, l’équipe a calé ses observations sur neuf quasars lointains, utilisés comme repères fixes dans le ciel.
Ce calibrage a permis d’écarter l’étoile centrale avec un niveau de confiance de 4,4 sigma, et la planète voisine Beta Pictoris c avec 4,8 sigma.
La suite : sept exoplanètes déjà repérées comme prochaines cibles
L’équipe a identifié sept autres exoplanètes géantes, réparties dans cinq systèmes stellaires proches, susceptibles de livrer un signal comparable.
Il faudrait, selon les auteurs, des radiotélescopes entre cinq et sept fois plus sensibles que MeerKAT pour espérer les détecter.
Selon la coautrice Yvette Cendes, de l’université de l’Oregon, ce signal ne trahit aucune forme de vie : il s’agit d’un phénomène auroral, purement magnétique.
La communauté scientifique n’a pas encore relu la prépublication. Beta Pictoris b reste à ce jour la seule exoplanète dont le champ magnétique a été mesuré directement.






















