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Saint-Benoît-la-Forêt : les punaises du colza submergent jardin et maison

Un champ de colza voisin, une maison recouverte d'insectes et dix régions concernées : ce que l'on sait de la pullulation de punaises qui frappe les cultures françaises.

Journaliste — Publié le
5 min de lecture
Saint-Benoît-la-Forêt : les punaises du colza submergent jardin et maison
Photo : Ronald van Eendenburg / Pexels

À retenir

  • Des millions de punaises du colza ont envahi la maison et le jardin d’un habitant de Saint-Benoît-la-Forêt, en Indre-et-Loire
  • L’espèce le plus souvent identifiée est Nysius cymoides, une punaise des céréales chassée par la sécheresse
  • Dix régions sont concernées, de la Bretagne à l’Alsace, et des parcelles de colza ont déjà été resemées
  • Les dégâts peuvent courir sur cinq à dix hectares à l’intérieur d’une seule parcelle
Au sommaire
  1. Fin août, tout est parti du champ de colza voisin
  2. Nysius cymoides, une punaise des céréales de quelques millimètres
  3. Dix régions touchées et des parcelles déjà resemées
  4. Terres Inovia conseille de différer le travail du sol

Saint-Benoît-la-Forêt, 842 habitants dans l’arrondissement de Chinon, a vu débarquer fin août un visiteur en très grand nombre. Un habitant de cette commune d’Indre-et-Loire a retrouvé jardin et maison recouverts de millions de petites punaises venues du champ de colza voisin, selon La Nouvelle République, qui a raconté la scène le 16 septembre. « Jamais vu ça en vingt et un ans », résume le propriétaire, cité par le quotidien régional.

L’épisode n’a rien d’un cas isolé. Les instituts agricoles décrivent une série d’attaques inédite par son étendue.

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Fin août, tout est parti du champ de colza voisin

Les punaises n’ont pas choisi cette maison au hasard. Leurs plantes hôtes se dessèchent en fin d’été, et elles partent en quête de végétaux encore verts.

Les jeunes colzas semés en août sont exactement cette cible. Une fois la parcelle saturée, les insectes se répandent sur ce qui l’entoure : haies, pelouses, façades, encadrements de fenêtres.

Stéphane Larue NewsUne production de la rédactionRevue de presse médias · chaque jourÉdition du jeudi 29 octobreÀ la une : Channel 4 arrive sur Disney+Lire l’édition

La scène rappelle les premières invasions de punaises des champs de cet été, signalées dans des habitations pendant la canicule.

Nysius cymoides, une punaise des céréales de quelques millimètres

L’espèce le plus fréquemment identifiée lors des épisodes précédents s’appelle Nysius cymoides, ou punaise des céréales. Plusieurs espèces peuvent toutefois être impliquées.

Ce sont des insectes piqueurs-suceurs. Ils ponctionnent la sève des jeunes plants, qui flétrissent puis se dessèchent. Beaucoup des individus observés cette année sont encore aptères, autrement dit dépourvus d’ailes.

L’entomologiste Jean-David Chapelin-Viscardi relie ces pullulations à des conditions climatiques atypiques, marquées par un mois d’août et un début de septembre très chauds et très secs.

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Dix régions touchées et des parcelles déjà resemées

Le recensement de Terres Inovia, institut technique de la filière des oléoprotéagineux, cite le Centre-Val de Loire, la Bourgogne-Franche-Comté, la Bretagne, le Poitou-Charentes et la Champagne. De premiers cas remontent aussi de Normandie, d’Île-de-France, de Lorraine, d’Alsace et d’Auvergne-Rhône-Alpes.

À l’intérieur d’une même parcelle, les dégâts peuvent courir sur cinq à dix hectares, rapporte Réussir Grandes Cultures. Plusieurs agriculteurs ont déjà resemé.

Des pullulations comparables avaient été notées en 2016, de 2019 à 2022, puis en 2025. Ce qui change en 2026, c’est l’échelle.

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Terres Inovia conseille de différer le travail du sol

Pour les agriculteurs, la consigne tient en deux gestes : observer les parcelles voisines avant d’intervenir, et repousser si possible le travail du sol.

Victoire Lefèvre, ingénieure de développement de l’institut en Bourgogne-Franche-Comté, souligne que sa région n’avait jamais observé d’invasions de cette ampleur. Son collègue Jean Lieven, qui suit la Normandie et l’Île-de-France, relève que l’épisode s’installe dans la durée, là où les précédents restaient très localisés.

Ces arrivées massives d’insectes dans les habitations ne sont plus isolées : plusieurs communes avaient déjà raconté cet été l’assaut de fourmis exotiques sur des villages entiers. Aucune date de fin n’a été avancée pour l’épisode en cours, ni par l’institut technique ni par le quotidien régional.

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