À retenir
- YouTube a présenté le 23 septembre ses Custom Feeds, des fils d’accueil décrits en une phrase et remplis par Gemini
- Un même compte peut garder plusieurs fils épinglés à l’accueil, sur le web, le mobile et le téléviseur
- Le déploiement commence aux États-Unis, aucune date n’est communiquée pour la France
- La plateforme revendique plus de 20 millions de vidéos mises en ligne chaque jour
Au sommaire
YouTube va laisser chaque spectateur écrire lui-même la consigne de sa page d’accueil. La plateforme a dévoilé mercredi ses « Custom Feeds », des fils que l’utilisateur décrit en langage courant et que Gemini remplit ensuite dans le catalogue, d’après le blog officiel de YouTube.
Une phrase écrite par le spectateur, un fil rempli par Gemini
Le mécanisme tient dans une zone de saisie. « Des podcasts malins pour mes trente minutes de trajet », « une fin de soirée avec des documentaires longs » : la consigne s’écrit comme on parlerait à quelqu’un, et le modèle de Google va chercher les vidéos qui y répondent.
Plusieurs fils peuvent coexister et rester épinglés à l’accueil, où ils se mettent à jour tout seuls. Ils apparaîtront sur le web, sur mobile et sur les téléviseurs, précise 9to5Google.
Point important pour qui craint de perdre ses repères : ces fils s’ajoutent au fil de recommandations historique au lieu de le remplacer. L’algorithme classique reste la porte d’entrée par défaut, et la nouveauté se range à côté de lui, sous forme d’onglets.
La même logique gagne la recherche interne. « Ask YouTube », l’assistant déjà testé sur les pages de lecture, devient un guide de recommandation de produits, avec des tableaux comparatifs et la possibilité de poser une question de suivi sans quitter la vidéo.
Vingt millions de vidéos mises en ligne chaque jour
Le chiffre explique la manœuvre. YouTube dit recevoir plus de 20 millions de vidéos par jour, et Emily Moxley, vice-présidente chargée des produits d’IA pour les spectateurs, rappelait au site TechCrunch que le catalogue dépasse les 20 milliards de vidéos.
Une page d’accueil unique ne peut plus arbitrer seule dans un tel volume. En déportant une partie du tri vers une consigne écrite par l’utilisateur, Google déplace aussi la responsabilité du choix : ce n’est plus seulement la machine qui décide de ce qui remonte, c’est ce que le spectateur a demandé.
Reste la question de la confiance. Le régulateur britannique relevait cet été que seuls 21 % des Britanniques s’informent via l’IA, quand 56 % s’en méfient — un écart qui pèsera sur l’adoption de fils entièrement composés par un modèle.
Spotify et Bluesky avaient déjà ouvert leur algorithme
YouTube n’invente pas le fil sur mesure. Bluesky, Threads, Instagram et X proposent déjà des fils paramétrés par l’utilisateur, et Spotify a lancé le même jour aux États-Unis son « Taste Profile », qui donne à l’auditeur la main sur ses recommandations musicales.
La différence tient au modèle employé : ici, c’est Gemini qui interprète la phrase, ce qui replace YouTube dans la bataille des assistants où Google avance ses pions produit par produit. Le sujet mérite un détour par notre comparatif des assistants IA.
Les États-Unis d’abord, le doublage en direct attendu début 2027
Le calendrier français reste la grande inconnue. Les Custom Feeds arrivent d’abord aux États-Unis, et le blog de YouTube se contente d’un « bientôt » sans préciser de pays ni de langues supplémentaires.
Le cas n’a rien d’isolé cette rentrée : en septembre, Apple a privé les iPhone français de son nouveau Siri, et les nouveautés d’IA grand public sortent désormais avec plusieurs mois de décalage sur le marché européen.
Les autres annonces suivent le même découpage. Les discussions de groupe dans l’application sont prévues pour l’automne aux États-Unis, au Royaume-Uni, à Singapour, au Brésil et dans « certains pays européens » — sans que la France soit nommée.
Côté créateurs, le doublage automatique des directs, qui traduit la voix en temps réel dans la langue du spectateur, est annoncé en pilote au début de l’année 2027. Le programme d’affiliation de YouTube Shopping, lui, doit atteindre 35 pays d’ici la fin 2026, avec de nouveaux partenaires dont Amazon à l’international.
Aucune de ces briques n’a encore de date ferme pour un compte français. Le premier élément vérifiable arrivera avec l’apparition, ou non, de l’onglet de création de fil sur la page d’accueil française dans les semaines qui viennent.























