À retenir
- Le parquet de Carcassonne a saisi dimanche 13 septembre l’antenne marseillaise de l’IGPN après la diffusion d’une vidéo
- L’enquête porte sur des violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique
- Les images ont été tournées le 21 juin 2026, pendant la Fête de la musique, lors d’une intervention pour nuisances sonores
- Selon la procureure, aucun lien de causalité n’est établi entre la scène filmée et le décès de l’homme, treize jours plus tard
Le parquet de Carcassonne a ouvert une enquête pour violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique et saisi, dimanche 13 septembre, l’antenne marseillaise de l’Inspection générale de la police nationale.
La décision intervient au lendemain de la mise en ligne d’une séquence dans laquelle un fonctionnaire de la brigade de nuit du commissariat projette au sol un homme sans domicile fixe. Les images ont été rendues publiques samedi par Thomas Portes, député La France insoumise, sur son compte X.
Une intervention pour nuisances sonores la nuit de la Fête de la musique
Les faits remontent au 21 juin 2026, à Carcassonne. Des riverains avaient signalé des nuisances sonores, et une interpellation était en cours pour outrage, rébellion et violences sur agents.
L’homme projeté au sol ne faisait pas l’objet de cette interpellation, indique le parquet. Il n’a pas été interpellé et n’a déposé aucune plainte.
Sur la vidéo, le fonctionnaire l’attrape par-derrière et le projette en arrière. L’homme reste ensuite immobile plusieurs secondes, les mains ramenées sur son crâne, pendant que des témoins protestent.
La police carcassonnaise était déjà dans le viseur du parquet audois : le 9 septembre, la ville a vu quatre policiers suspendus après une vidéo raciste. Ce dossier-là vise la police municipale, quand l’enquête ouverte dimanche concerne un fonctionnaire de la police nationale.
L’autopsie du 9 juillet n’a relevé aucune lésion traumatique suspecte
L’homme filmé a été retrouvé mort dans son campement le 3 juillet, en arrêt cardiaque. Une autopsie a été pratiquée le 9 juillet.
Aucune blessure pouvant résulter de l’action d’une autre personne n’y a été relevée. La procureure de Carcassonne l’a rappelé en annonçant la saisine : « Il n’existe donc aucun lien de causalité entre les faits filmés et le décès survenu 13 jours après. »
La distinction commande la lecture du dossier. L’enquête ouverte dimanche ne porte pas sur les causes de la mort, mais sur le geste visible à l’image, et sur lui seul.
Le bureau de déontologie du commissariat avait déjà engagé une procédure
Avant même la diffusion des images, une procédure administrative avait été lancée en interne, par le bureau de déontologie du commissariat de Carcassonne. Elle suivait son cours sans publicité.
La saisine de l’IGPN change d’échelle : le dossier bascule du registre disciplinaire au registre judiciaire. L’enchaînement s’était déjà produit en mars 2023, lorsque l’IGPN avait été saisie après l’enregistrement des policiers de la BRAV-M.
À ce stade, aucune mise en examen n’a été annoncée et l’identité du fonctionnaire n’a pas été rendue publique. Les enquêteurs marseillais doivent établir si le geste filmé était proportionné, question déjà posée en mars 2025 à Clermont-Ferrand quand un policier avait été filmé frappant un homme en fauteuil roulant.
Le parquet n’a pas communiqué de calendrier. La durée de ce type d’investigation se compte habituellement en mois.





















