À retenir
- Le parquet requiert un procès pour tentative d’extorsion et association de malfaiteurs, sans retenir la bande organisée
- Les réquisitions concernent trois personnes dans l’enquête ouverte à Rouen
- Le juge d’instruction garde le dernier mot sur un éventuel renvoi devant le tribunal correctionnel
- Kenza Benchrif reste présumée innocente tant qu’une condamnation définitive n’est pas prononcée
Le parquet de Rouen a pris le 7 juillet 2026 son réquisitoire définitif dans l’enquête visant Kenza Benchrif, connue sous le nom de Poupette Kenza, Allan Liehrmann et un troisième mis en cause. Une étape importante de la procédure, qui ne signifie pourtant pas que leur procès est déjà décidé.
Pourquoi Poupette Kenza n’est-elle pas encore renvoyée devant un tribunal ?
Les réquisitions du parquet ne constituent pas une décision de renvoi. Le ministère public demande au juge d’instruction que plusieurs personnes soient jugées, mais c’est désormais au magistrat instructeur de trancher.
Dans un communiqué diffusé vendredi 11 septembre 2026, le parquet de Rouen rappelle que le juge peut prononcer une ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel. Il peut également décider d’un non-lieu pour tout ou partie du dossier.
Cette distinction est essentielle : à ce stade, parler d’un procès définitivement programmé dans cette affaire d’extorsion serait prématuré. Lors de précédentes étapes de l’instruction, la procédure devait précisément aboutir à cette séquence : réquisitions du parquet, observations des parties puis décision du juge.
Quels faits sont reprochés aux 3 mis en cause ?
Les réquisitions portent sur une tentative d’extorsion et sur la participation à une association de malfaiteurs en vue de préparer un délit passible d’au moins cinq ans d’emprisonnement. Pour le troisième mis en cause, le parquet retient également le port et le transport d’une arme de catégorie A.
L’enquête trouve son origine dans la plainte d’un couple qui aurait été victime de pressions sur fond de différend financier. Poupette Kenza avait été mise en examen en juillet 2024, après son interpellation à son retour de Dubaï, pour tentative d’extorsion en bande organisée et association de malfaiteurs.
Le parquet ne retient plus la circonstance aggravante de bande organisée. Le changement pèse lourd : l’extorsion en bande organisée est un crime, jugé par une cour criminelle départementale, alors que la tentative d’extorsion simple reste un délit, qui relève du tribunal correctionnel.
L’influenceuse a passé environ quatre mois en détention provisoire avant d’être libérée sous contrôle judiciaire le 31 octobre 2024. Elle reste, comme les autres personnes mises en cause, présumée innocente des faits qui pourraient être soumis au tribunal.
Que peut décider maintenant le juge d’instruction de Rouen ?
Le juge d’instruction doit déterminer les charges qui justifient, ou non, un procès. Son ordonnance constitue donc la prochaine décision judiciaire déterminante dans ce dossier.
- Le parquet formule ses réquisitions à la fin de l’instruction.
- Le juge examine le dossier et les positions des différentes parties.
- Une ordonnance fixe ensuite la suite de la procédure, avec un renvoi devant une juridiction ou un non-lieu selon les personnes et les faits concernés.
La décision peut ainsi différer des demandes formulées par le parquet. Le juge pourrait par exemple retenir la bande organisée écartée dans les réquisitions : le dossier partirait alors vers une cour criminelle départementale, et non vers le tribunal correctionnel. Elle peut également faire l’objet des voies de recours prévues par la procédure pénale.
Une autre procédure vise déjà Kenza Benchrif à Rouen
Il ne faut pas confondre cette enquête avec une seconde affaire judiciaire concernant Kenza Benchrif et Allan Liehrmann.
Dans cet autre dossier, une audience devant le tribunal correctionnel de Rouen est annoncée pour le 18 mars 2027. Elle concerne notamment des poursuites pour travail dissimulé, pratique commerciale trompeuse et emploi d’une personne étrangère sans autorisation de travail.
Les deux calendriers judiciaires sont donc distincts. Dans l’affaire d’extorsion, aucune date de procès ne peut encore être donnée : la prochaine étape dépend de l’ordonnance du juge d’instruction.





















