À retenir
- QuotaClimat demande à l’Arcom, le 5 octobre 2026, de mettre CNews en demeure pour manquement au pluralisme et à l’honnêteté de l’information
- Sur 75 heures de séquences consacrées à l’environnement en juillet 2025, l’étude compte 63 cas de mésinformation climatique sur CNews, soit 64 % du total
- CNews consacre en moyenne 2 % de son temps d’antenne à l’environnement en 2025, contre 2,8 % pour LCI, 4 % pour BFMTV et 4,9 % pour franceinfo
- CNews conteste l’étude et dénonce des choix méthodologiques discutables
Au sommaire
QuotaClimat demande à l’Arcom de mettre CNews en demeure pour son traitement de l’environnement, dans une étude publiée lundi 5 octobre avec la Fondation Jean-Jaurès. La chaîne conteste ces conclusions.
L’association invoque un manquement au pluralisme des courants de pensée et à l’honnêteté de l’information. Son travail, intitulé « Invisibiliser, polariser, désinformer : la crise environnementale selon CNews », est détaillé sur le site de QuotaClimat.
63 cas de mésinformation climatique relevés sur CNews en juillet 2025
L’étude a analysé 75 heures de séquences consacrées à l’environnement sur les quatre chaînes d’information en continu en juillet 2025. Elle recense 63 cas de mésinformation climatique sur CNews, soit 64 % de l’ensemble des cas détectés.
La fréquence atteint 3,4 cas par heure d’information sur le changement climatique sur CNews. Selon l’étude, 67 % de ces cas sont énoncés par des journalistes ou des chroniqueurs. Le tableau reprend les chiffres de l’étude pour les quatre chaînes.
| Chaîne | Part d’antenne en 2025 | Cas en juillet 2025 | Cas par heure |
|---|---|---|---|
| CNews | 2 % | 63 | 3,4 |
| LCI | 2,8 % | 18 | 0,8 |
| BFMTV | 4 % | 6 | 0,1 |
| franceinfo | 4,9 % | 11 | 0,3 |
69 % des séquences de CNews traitées comme une controverse
Sur CNews, 69 % des séquences consacrées à l’environnement en juillet 2025 sont traitées sous l’angle d’une question prêtant à controverse, d’après l’étude.
Sur la loi Duplomb, les auteurs écrivent qu’« aucun point de vue défavorable au texte n’a été exprimé » sur la chaîne pendant la période étudiée.
Le Conseil d’État a étendu le pluralisme à l’ensemble des programmes en 2024
QuotaClimat s’appuie sur la décision du Conseil d’État du 13 février 2024, saisi par Reporters sans frontières : le respect du pluralisme s’apprécie sur l’ensemble des programmes. En juillet 2024, l’Arcom en a précisé les critères, à savoir la variété des sujets, la diversité des intervenants et l’expression d’une pluralité de points de vue.
Célie Caraty, chargée de plaidoyer France chez QuotaClimat, estime : « La loi est censée garantir le pluralisme des courants de pensée et d’opinion à l’antenne. Or, sur l’environnement, les manquements révélés dans cette étude démontrent que nous sommes loin du compte. »
Théodore Tallent, codirecteur de l’Observatoire de l’urgence écologique et sociale de la Fondation Jean-Jaurès, juge que CNews « fragilise à la fois le débat démocratique et la capacité collective à agir ».
Une mise en demeure somme une chaîne de respecter ses obligations ; c’est à l’Arcom de décider d’y donner suite. Le régulateur avait déjà infligé à CNews une amende de 200 000 euros pour incitation à la haine fin juillet, sur un tout autre sujet.
CNews cite « À l’écoute de la planète », lancée en janvier 2026
CNews répond que l’étude repose sur des « choix méthodologiques discutables ». La chaîne fait valoir que le respect du pluralisme ne se réduit pas à une répartition mécanique des temps d’antenne ou des prises de position.
Elle affirme que les enjeux environnementaux occupent une place de premier plan dans ses éditions, du climat à la biodiversité, et cite son émission « À l’écoute de la planète », lancée en janvier 2026. L’étude, elle, porte sur juillet 2025.
























