Exportations Chine : 24 milliards d’euros de produits français exposés aux tensions

Pékin brandit la menace de contre-mesures commerciales. Les chiffres permettent d’identifier les secteurs français les plus dépendants du marché chinois.

Stéphane Larue
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Stéphane Larue — article rédigé avec l’IA
Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure...
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Exportations Chine : 24 milliards d’euros de produits français exposés aux tensions
Image générée par intelligence artificielle avec ChatGPT Images.

À retenir

  • Les exportations françaises de marchandises vers la Chine ont atteint 23,95 milliards d’euros en 2025
  • L’aéronautique, le luxe et l’agroalimentaire représentaient déjà 57 % des ventes françaises vers la Chine en 2024
  • Pékin menace Paris de mesures de rétorsion, sans avoir désigné les secteurs qui pourraient être concernés
  • Les vins et spiritueux ont déjà subi les effets de précédentes tensions commerciales avec la Chine

La Chine dispose d’un levier commercial important face à Paris. Les Douanes françaises évaluent les exportations françaises vers le marché chinois à près de 24 milliards d’euros en 2025, tandis que Pékin menace désormais de prendre des mesures si la France maintient son dispositif contre l’ultra-fast fashion.

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La menace est explicite, mais son contenu reste inconnu. Le ministère chinois du Commerce affirme que la législation française pénalise les entreprises chinoises et prévient que Pékin prendra les mesures jugées nécessaires pour défendre leurs intérêts si Paris persiste.

La France conteste cette lecture. Une source gouvernementale française assure que le dispositif n’est pas discriminatoire et qu’il vise notamment la protection de l’environnement et des consommateurs.

Quels produits français dépendent le plus des exportations vers la Chine ?

L’aéronautique, le luxe et l’agroalimentaire constituent les trois grands postes à surveiller. Les dernières données sectorielles détaillées publiées par France Diplomatie portent sur 2024 : l’aéronautique représentait 5,3 milliards d’euros d’exportations vers la Chine, le luxe 5 milliards et l’agroalimentaire 3,1 milliards.

À eux trois, ces secteurs pesaient ainsi environ 13,4 milliards d’euros, soit 57 % des exportations françaises vers le pays cette année-là.

SecteurExportations vers la Chine en 2024Part
Aéronautique5,3 Md€23 %
Luxe5 Md€21 %
Agroalimentaire3,1 Md€13 %

Les cosmétiques font également partie des activités françaises fortement tournées vers l’international. En 2025, la France a exporté 22,4 milliards d’euros de produits cosmétiques dans le monde, selon la Fédération des entreprises de la beauté. Les données disponibles ne permettent cependant pas d’isoler proprement la valeur 2025 destinée à la seule Chine.

Pékin peut-il réellement viser le luxe ou Airbus ?

Aucun secteur français n’a pour l’instant été officiellement désigné par Pékin en réponse à cette loi. Présenter le luxe, Airbus, les cosmétiques ou les vins comme les futures cibles des représailles chinoises irait donc au-delà des faits disponibles.

Ces secteurs constituent en revanche des points de vulnérabilité économique évidents. Le gouvernement français cite lui-même l’aéronautique, l’agroalimentaire, la pharmacie, le luxe et les cosmétiques parmi les activités pour lesquelles l’accès au marché chinois représente un enjeu.

Le précédent des spiritueux montre surtout que les tensions commerciales peuvent rapidement toucher une filière française. En 2025, les exportations françaises de vins et spiritueux vers la Chine ont reculé de 20 %, à 767 millions d’euros, dans un contexte marqué par le contentieux sur le cognac.

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La Direction générale du Trésor souligne plus largement que la Chine constitue un débouché crucial pour l’aéronautique, le luxe, les cosmétiques, les vins et spiritueux, les produits pharmaceutiques et l’agroalimentaire français.

Pourquoi la loi française provoque-t-elle la colère de Pékin ?

La loi française n° 2026-602 a été promulguée le 8 juillet 2026. Elle définit notamment la « mode ultra-express » à partir du nombre élevé de nouvelles références mises sur le marché et de la faible incitation à réparer les produits.

Le texte impose également de nouvelles obligations aux plateformes concernées. À partir du 1er janvier 2027, la promotion commerciale par des influenceurs des produits et marques relevant de cette pratique sera interdite, sous peine d’une amende administrative pouvant atteindre 100 000 euros.

Pékin considère au contraire que le dispositif instaure un traitement défavorable aux plateformes chinoises. Dès juillet, le ministère chinois du Commerce accusait la France de créer une barrière commerciale et évoquait déjà de possibles contre-mesures.

Les 24 milliards d’euros d’exportations françaises sont-ils réellement menacés ?

Non : les 24 milliards ne correspondent pas à une estimation des pertes potentielles. Ce chiffre mesure l’ensemble des marchandises françaises exportées vers la Chine en 2025 et permet seulement d’évaluer l’importance économique de ce débouché.

Une riposte chinoise pourrait être ciblée sur quelques produits, prendre une forme réglementaire ou douanière, ou finalement ne pas toucher directement les exportations françaises. Pékin n’a donné aucun détail permettant de chiffrer aujourd’hui un scénario de pertes.

La prudence est d’autant plus nécessaire que les relations commerciales sont très déséquilibrées. En 2024, les échanges de biens entre les deux pays représentaient environ 95 milliards d’euros, tandis que le déficit français atteignait 47 milliards selon la Direction générale du Trésor.

Que faut-il surveiller après la menace chinoise ?

Les prochaines décisions de Pékin détermineront si le différend textile reste diplomatique ou se transforme en conflit commercial concret. Une enquête chinoise, de nouveaux droits de douane ou des restrictions sectorielles permettraient d’identifier les entreprises françaises réellement exposées.

Le dossier dépasse déjà la seule question de Shein ou Temu. La loi prévoit que le gouvernement français remette au Parlement, dans les six mois suivant sa promulgation, un rapport étudiant l’éventuelle extension du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières aux produits textiles fabriqués hors de l’Union européenne.

La Chine réclame de son côté l’arrêt de l’application de la législation et privilégie officiellement un règlement du différend par le dialogue. Tant qu’aucune contre-mesure précise n’est annoncée, le luxe, l’aéronautique, les cosmétiques, l’agroalimentaire et les vins restent des secteurs exposés par leur poids économique, et non des cibles confirmées.

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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure une veille quotidienne sur les sujets d information générale, en s appuyant sur les sources officielles et les communiqués de presse. Il publie également des analyses, des interviews et des sélections éditoriales à destination d un large public.