À retenir
- La loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 remplace l’entretien professionnel par un entretien de parcours professionnel, au moins tous les quatre ans au lieu de deux
- Les accords collectifs qui prévoyaient un autre rythme doivent s’aligner sur ce cycle d’ici le 1er octobre 2026
- Le bilan récapitulatif passe de six à huit ans, avec un abondement possible de 3 000 € sur le CPF dans les entreprises d’au moins 50 salariés
- Le sujet touche potentiellement 27,033 millions d’emplois salariés, selon l’Insee (premier trimestre 2026, publié le 29 mai 2026)
Au sommaire
- De deux à quatre ans, de six à huit ans : ce que modifie la loi du 24 octobre 2025
- 27 millions d’emplois salariés, une sanction réservée aux entreprises de 50 salariés et plus
- Mon employeur peut-il garder un entretien tous les deux ans ?
- Que risque l’employeur si le bilan à huit ans révèle un manque ?
- Vérifier ses entretiens et son CPF en cinq gestes
- Sans compte rendu écrit, l’entretien est difficile à prouver
Le cycle légal de l’entretien professionnel est désormais de quatre ans, et non plus de deux. Les entreprises dont un accord collectif fixait un autre rythme doivent s’y conformer à compter du 1er octobre 2026.
Pour un salarié, la conséquence est concrète : le rendez-vous qui sert à parler formation, évolution et compte personnel de formation (CPF) sera moins fréquent, sauf accord plus favorable dans son entreprise.
De deux à quatre ans, de six à huit ans : ce que modifie la loi du 24 octobre 2025
La loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 refond l’entretien professionnel, rebaptisé entretien de parcours professionnel. Le tableau compare l’ancien rythme et le nouveau.
| Rendez-vous | Avant | Après |
|---|---|---|
| Entretien régulier | Tous les 2 ans | Tous les 4 ans |
| Bilan récapitulatif | Tous les 6 ans | Tous les 8 ans |
| Accords collectifs | Rythme libre | Alignement au 1er octobre 2026 |
Le premier entretien doit avoir lieu dans l’année qui suit l’embauche. Il porte sur les compétences, le parcours, les besoins de formation et l’activation du CPF, et il ne s’agit pas d’une évaluation du travail.
27 millions d’emplois salariés, une sanction réservée aux entreprises de 50 salariés et plus
Selon l’Insee, dans sa note du 29 mai 2026, la France comptait 27,033 millions d’emplois salariés au premier trimestre 2026. Tous relèvent en principe du cycle d’entretiens, quelle que soit la taille de l’entreprise.
La sanction, elle, ne vise que les entreprises d’au moins 50 salariés : l’employeur peut devoir verser 3 000 € sur le CPF du salarié. Dans les structures plus petites, l’entretien reste dû, mais cet abondement ne s’applique pas.
Mon employeur peut-il garder un entretien tous les deux ans ?
Oui : quatre ans est un plafond, pas un plancher. Un accord collectif peut prévoir des rendez-vous plus rapprochés, mais pas plus espacés.
Au 1er octobre 2026, les accords qui allongeaient l’intervalle au-delà de quatre ans ne tiennent donc plus. Pour savoir ce qui s’applique dans son entreprise, le salarié peut se renseigner auprès du service des ressources humaines ou des représentants du personnel.
Que risque l’employeur si le bilan à huit ans révèle un manque ?
Dans une entreprise d’au moins 50 salariés, l’employeur peut devoir abonder le CPF du salarié de 3 000 €. Le bilan à huit ans vérifie que les entretiens ont bien eu lieu et que le salarié a suivi au moins une formation non obligatoire.
Les conditions exactes de déclenchement figurent dans le texte de la loi, à consulter sur Légifrance. Un salarié qui veut utiliser son solde peut lire notre article sur comment utiliser son solde CPF pour se former.
Vérifier ses entretiens et son CPF en cinq gestes
- Retrouver le dernier compte rendu d’entretien remis par l’employeur, avec sa date.
- Demander l’accord collectif ou la convention applicable à l’entreprise, auprès des ressources humaines ou des représentants du personnel.
- Consulter son solde de droits sur le site officiel Mon compte formation.
- Demander par écrit un rendez-vous si aucun entretien n’a eu lieu dans le délai prévu.
- Garder chaque compte rendu : ces documents servent de base au bilan à huit ans.
Les salariés qui envisagent une reconversion peuvent aussi regarder les règles de la validation des acquis de l’expérience. L’ensemble des démarches liées à l’emploi et à la formation figure dans notre guide emploi, retraite et formation.
Sans compte rendu écrit, l’entretien est difficile à prouver
L’entretien doit se dérouler pendant le temps de travail et donner lieu à un document écrit remis au salarié. Sans trace écrite, un rendez-vous informel ne permet pas de justifier le suivi au bilan.
Autre confusion fréquente : l’entretien annuel d’évaluation n’est pas l’entretien de parcours professionnel. Le second ne porte pas sur la performance, mais sur les compétences, la formation et les perspectives d’évolution.
Sources : le texte de référence est la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, consultable sur Légifrance, et les chiffres de l’emploi salarié viennent de la note d’Informations rapides de l’Insee publiée le 29 mai 2026. Cet article informe et ne remplace pas la lecture de l’accord applicable dans chaque entreprise.























