L’essentiel
- Le projet de budget 2027 vise 54 milliards d’euros d’effort et un déficit ramené à 5 % du PIB, contre 5,4 % attendus en 2026
- Les retraités contribueraient à hauteur de 5,5 milliards : sous-indexation au-delà de 1 260 € et abattement de 10 % plafonné à 3 000 €
- Le gel total au-delà de 2 034 €, avancé le 19 septembre, n’a pas été repris dans les annonces du ministre du Travail
- Pas de hausse générale d’impôts, mais des prélèvements obligatoires attendus à 44,2 % du PIB, contre 43,9 %
Au sommaire
Le gouvernement dévoile jeudi 1er octobre son budget pour 2027, avec un effort de 54 milliards d’euros. Sur ce total, 45 milliards sont des efforts nouveaux, a précisé le ministre des Comptes publics David Amiel ; le reste prolonge des mesures de 2026.
Le texte arrive alors que les taux d’intérêt sur la dette française s’envolent. Sébastien Lecornu parle d’un « budget de redressement », dont beaucoup de mesures seraient réversibles après la présidentielle.
Retraités : qu’est-ce qui est acté, qu’est-ce qui reste ouvert ?
Les économies sur les retraites sont chiffrées à 5,5 milliards d’euros par le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou. Il promet qu’aucune pension ne baissera.
Les pensions jusqu’à 85 % du Smic, soit 1 260 euros, seraient revalorisées intégralement. Au-delà, elles augmenteraient moins vite que les prix, pour 4,1 milliards d’euros d’économies. Le niveau exact de cette revalorisation n’est pas fixé.
Le plafond de l’abattement de 10 % sur l’impôt sur le revenu passerait de 4 439 à 3 000 euros, soit 1,4 milliard d’euros.
Le scénario d’un gel total au-delà de 2 034 euros par mois, rapporté le 19 septembre par une source de l’exécutif, n’a pas été repris par le ministre. Pour comprendre comment ces seuils se lisent sur un relevé de pension, voir notre décryptage des seuils de 1 260 et 2 034 euros.
Sur ce volet, Sébastien Lecornu a par ailleurs renvoyé les modalités au Parlement.
Dépenses : le gel prend le pas
Le budget global de l’État serait gelé. Les hausses prévues pour les Armées, la Justice, l’Intérieur, le Logement, la Recherche et l’Écologie seraient compensées ailleurs, dont 2,5 milliards d’euros d’effort au ministère du Travail.
Le point d’indice des fonctionnaires reste figé, pour 2 milliards d’euros d’économies. Pour un agent public, ce que le gel change sur une fiche de paie se calcule avec l’indice majoré.
Les aides personnalisées au logement sont elles aussi gelées. Quant à la prime d’activité, versée à 4,5 millions de personnes, elle ne serait pas indexée sur l’inflation. Les bénéficiaires d’APL peuvent vérifier ce que le non-relèvement change sur une quittance.
Les collectivités devraient fournir un effort de 5,4 milliards d’euros, d’après le président du Comité des finances locales, Jean-François Debat. Il se compose d’une contribution progressive de 2,5 milliards et d’une baisse d’environ 2 milliards du fonds de compensation de la TVA.
Impôts : pas de hausse générale, mais une pression en légère hausse
L’exécutif écarte toute « hausse généralisée d’impôts ». Selon Bercy, le taux de prélèvements obligatoires atteindrait pourtant 44,2 % du PIB en 2027, contre 43,9 % en 2026.
Le gouvernement l’explique par la lutte contre la fraude, qui doit rapporter un milliard d’euros, et par la réduction de certaines niches fiscales.
Entreprises, autoroutes et produits sucrés
La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises serait reconduite pour une troisième année, en baisse. Elle a rapporté 7,5 milliards d’euros en 2026. Le crédit d’impôt recherche et le pacte Dutreil ne seraient pas touchés.
Deux milliards d’euros sont attendus des arrêts maladie, avec l’exonération fiscale de certains d’entre eux en ligne de mire. Le gel des allègements de charges serait prolongé, et des informations de presse évoquent un resserrement supplémentaire de 3 à 3,5 milliards d’euros.
La taxation des exploitants d’autoroutes et d’aéroports serait alourdie de 800 millions d’euros. Les automobilistes peuvent lire ce que cette hausse de taxe change pour les péages. Une taxe sur les produits sucrés est par ailleurs envisagée, au nom de la lutte contre l’obésité.
Que reste-t-il à voter ?
Le tableau ci-dessous distingue ce qui est annoncé de ce qui reste ouvert.
| Mesure | Contenu | Statut |
|---|---|---|
| Pensions jusqu’à 1 260 € | Revalorisation intégrale | Annoncé par le ministre du Travail |
| Pensions au-delà de 1 260 € | Sous-indexation, 4,1 Md€ | Niveau non fixé |
| Abattement de 10 % | Plafond de 4 439 à 3 000 €, 1,4 Md€ | Annoncé |
| Point d’indice | Gel, 2 Md€ | Confirmé le 17 septembre |
| APL | Gel | Annoncé |
| Taxe autoroutes et aéroports | +800 M€ | Proposé |
| Taxe sur les produits sucrés | Montant non communiqué | Envisagé |
Chiffres du projet de budget, non votés.
Le projet doit être déposé à l’Assemblée nationale au plus tard le 6 octobre. Rien de ce qui précède n’est adopté, et le gouvernement ne dispose pas de majorité au Parlement.
Les montants ci-dessus sont ceux du projet, pas ceux du budget final : le débat parlementaire peut encore les modifier, ou les supprimer.
























