À retenir
- La mairie dispose d’un mois pour instruire le dossier ; sans réponse à l’échéance, la non-opposition est acquise, selon la fiche service-public.fr vérifiée le 13 février 2026
- Au-delà de 20 m² de surface créée, le projet bascule vers le permis de construire
- Le maire peut retirer une décision de non-opposition dans les trois mois qui suivent s’il l’estime illégale
- C’est le panneau de chantier, et non la décision, qui fait courir le délai de recours de deux mois des voisins
Au sommaire
- Au-delà de 20 m² créés, il faut un permis de construire
- La mairie a un mois pour répondre, son silence vaut accord
- Un dossier incomplet doit être complété dans les trois mois
- Le maire peut revenir sur son accord pendant trois mois
- Le panneau de 80 cm ouvre le délai de recours des voisins
- Une déclaration vaut trois ans, prolongeable deux fois un an
- Aucun architecte n’est exigé pour une déclaration préalable
- La DAACT clôt le chantier, la mairie a trois mois pour contester
Poser un abri de jardin, remplacer ses fenêtres, refaire une clôture ou installer des panneaux solaires sur son toit ne demande pas de permis de construire. Mais ces travaux ne se font pas non plus sans rien : il faut déposer en mairie une déclaration préalable de travaux, puis attendre un mois.
Passé ce délai, l’absence de réponse vaut accord. Ce mécanisme de non-opposition tacite rassure, mais il laisse dans l’ombre trois échéances qui font toute la différence en cas de litige.
Au-delà de 20 m² créés, il faut un permis de construire
La déclaration préalable couvre les travaux de faible importance : ceux qui créent de la surface de plancher ou de l’emprise au sol sans atteindre le seuil du permis.
Ce seuil est fixé à 20 m². Au-dessus, service-public.fr renvoie au permis de construire.
En zone urbaine couverte par un plan local d’urbanisme, l’agrandissement d’une maison existante reste en déclaration préalable jusqu’à 40 m², contre 20 m² en dehors de ces zones.
La procédure vise aussi les travaux qui ne créent aucune surface mais modifient l’aspect extérieur : ravalement, fenêtre de toit, volets, ouverture nouvelle, isolation par l’extérieur, boîtier de climatisation ou de pompe à chaleur. Un refus est possible sur ce seul motif, comme l’a rappelé la justice à Lyon pour un climatiseur pourtant invisible depuis la rue.
La mairie a un mois pour répondre, son silence vaut accord
Le délai d’instruction est d’un mois à compter du dépôt d’un dossier complet.
En principe, une déclaration acceptée ne donne lieu à aucun courrier : le silence de la mairie constitue une décision tacite de non-opposition, et les travaux peuvent démarrer à l’expiration du délai.
Sur simple demande, la mairie doit délivrer un certificat de non-opposition. Ce document sert de preuve pour obtenir un prêt ou souscrire une assurance : mieux vaut le réclamer systématiquement.
Un dossier incomplet doit être complété dans les trois mois
La mairie a un mois pour signaler que le dossier est incomplet. Le déclarant dispose alors de trois mois pour fournir les pièces manquantes, faute de quoi la demande est considérée comme rejetée.
Le compte à rebours d’un mois ne démarre qu’une fois le dossier complet. Le récépissé remis au dépôt indique la date à partir de laquelle les travaux peuvent commencer.
Le maire peut revenir sur son accord pendant trois mois
C’est la disposition la moins connue, et la plus coûteuse pour qui lance son chantier trop vite.
Dans les trois mois qui suivent sa décision, le maire peut retirer une non-opposition s’il estime qu’elle a été délivrée illégalement. Un accord tacite obtenu le 1er mars reste donc fragile jusqu’au 1er juin.
Dans certaines situations, liées à une zone d’aménagement concerté ou à un futur plan local d’urbanisme, le maire peut aussi prononcer un sursis à statuer qui gèle la demande pendant deux ans au maximum.
En cas de refus, le déclarant a un mois pour déposer un recours gracieux devant le maire, et deux mois pour saisir le tribunal administratif. L’avocat n’est pas obligatoire.
Le panneau de 80 cm ouvre le délai de recours des voisins
L’affichage sur le terrain est obligatoire dès la notification de l’arrêté, ou dès la fin du délai d’instruction, et doit rester en place pendant toute la durée du chantier.
Le panneau doit être rectangulaire, mesurer plus de 80 cm et rester lisible depuis la voie publique. Il porte le nom du bénéficiaire, la date et le numéro de l’autorisation, la nature du projet, la superficie du terrain et l’adresse de la mairie où consulter le dossier.
Ce n’est pas une formalité décorative. C’est cet affichage qui fait courir le délai de recours des tiers : deux mois à compter du premier jour d’une période continue de deux mois d’affichage, en application de l’article R. 600-2 du code de l’urbanisme.
Un panneau posé tardivement ou retiré trop tôt laisse donc un voisin attaquer le chantier bien plus tard.
Une déclaration vaut trois ans, prolongeable deux fois un an
La validité est de trois ans. Elle tombe si les travaux n’ont pas commencé dans ce délai, ou s’ils sont interrompus plus d’un an.
La prolongation s’obtient deux fois, pour un an à chaque fois, à condition que les règles d’urbanisme n’aient pas changé entre-temps. La demande se fait sur papier libre, en deux exemplaires, au moins deux mois avant l’échéance.
Sans réponse de la mairie dans les deux mois, la prolongation est acquise.
Voici les délais à retenir, tels que les fixe le code de l’urbanisme.
| Étape | Délai |
|---|---|
| Instruction d’un dossier complet | 1 mois |
| Signalement d’un dossier incomplet | 1 mois |
| Retrait possible par le maire | 3 mois |
| Recours des tiers après affichage | 2 mois |
| Validité de la déclaration | 3 ans |
| Contestation de la conformité | 3 mois |
Aucun architecte n’est exigé pour une déclaration préalable
Le recours à un architecte n’est jamais obligatoire pour un projet soumis à déclaration préalable, quelle que soit la surface de la maison.
L’obligation ne concerne que le permis de construire, au-delà de 150 m² de surface de plancher pour un particulier. Un devis d’artisan suffit donc, en pensant à vérifier la mention qui ouvre droit à la TVA à 5,5 % sur les travaux de rénovation énergétique.
La DAACT clôt le chantier, la mairie a trois mois pour contester
Les travaux terminés, il faut déposer en mairie une déclaration attestant l’achèvement et la conformité des travaux, la DAACT.
La mairie dispose ensuite de trois mois pour contester la conformité et venir vérifier sur place. Ce délai monte à cinq mois pour un immeuble inscrit au titre des monuments historiques, situé dans un site patrimonial remarquable ou dans un secteur couvert par un plan de prévention des risques.
Si la construction n’est pas conforme, la mairie peut mettre en demeure le propriétaire d’effectuer les travaux nécessaires.





















