Une lettre du ministre de la Justice Gérald Darmanin, révélée ce samedi 8 août par le JDD, met au jour des défaillances graves dans le traitement judiciaire des violences sexuelles sur mineurs. Le document pointe l’existence d’un gigantesque stock de procédures « fantômes », jamais transmises aux parquets.
Adressée le 29 juillet au ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, cette lettre de douze pages détaille des milliers de dossiers abandonnés sans suite judiciaire. À Nîmes, 1 275 procédures « fantômes » ont été identifiées ; 905 à Caen ; un « nombre significatif » à Agen. Darmanin qualifie ces dysfonctionnements de « structurels », liés aux ressources, à la formation et aux outils de terrain — et non à la « volonté du personnel ». Ces révélations interviennent dans le sillage de l’affaire Lyhanna, qui avait mis en lumière les carences policières et judiciaires dans la protection des enfants.
Face à ce constat alarmant, le gouvernement est désormais attendu sur des mesures concrètes pour endiguer cette faillite institutionnelle dans la protection des plus vulnérables.















