La crise migratoire sans précédent qui secoue l’enclave espagnole de Ceuta depuis fin juillet continue d’envenimer les relations au sein de l’Union européenne. Samedi, l’Espagne a décidé d’imposer des contrôles aux frontières aux voyageurs italiens, en riposte aux restrictions adoptées par Rome.
Plus de 72 000 migrants ont traversé illégalement vers Ceuta depuis le Maroc en l’espace de quelques jours, provoquant une crise humanitaire et sécuritaire majeure. Madrid a convoqué l’ambassadeur d’Italie et le Premier ministre Pedro Sánchez a dénoncé l’attitude « égoïste » de certains pays européens. Vingt-deux dirigeants de l’UE ont réclamé une réunion d’urgence. La France, de son côté, a déjà renforcé ses contrôles à la frontière franco-espagnole, mobilisant quelque 334 policiers et gendarmes supplémentaires dans les Pyrénées.
La crise révèle les profondes fractures de la politique migratoire européenne, alors que les tensions entre États membres risquent de fragiliser durablement l’espace Schengen.
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