Sur l’île espagnole d’Ibiza, on ne sait plus où donner de la tête : des couleuvres surgissent des toilettes, des éviers, voire de la mer. Plus de 12 000 spécimens ont été capturés depuis 2016, révèle Reporterre, sans parvenir à enrayer leur prolifération.
L’essentiel
- La couleuvre fer-à-cheval, espèce non venimeuse, envahit Ibiza depuis une vingtaine d’années
- Plus de 12 000 serpents capturés depuis 2016, des dizaines de milliers estimés aujourd’hui
- Elles occupent déjà 90 % du territoire de l’île
- Cause identifiée : des oliviers d’ornement importés avec leurs œufs
Impossible de rater ces nouvelles locataires. Sur l’île des Baléares prisée des touristes, la couleuvre fer-à-cheval s’est taillé une place dans les endroits les plus improbables.
Des toilettes à la mer, aucun recoin épargné
Chasseur de serpents professionnel, Dean Gallagher en attrape désormais dans les cuvettes de WC, les éviers, les jardins et même sur les plages. Des habitants, à l’image de Marilina Serra Cardona, en croisent aujourd’hui jusque dans leur propre maison.
Certaines couleuvres n’hésitent pas à traverser les 4 kilomètres de mer qui séparent Ibiza de Formentera à la nage, un exploit qui a de quoi surprendre les vacanciers venus bronzer tranquillement.
Un lézard endémique menacé de disparition
Derrière le folklore, la situation inquiète sérieusement les scientifiques. Non venimeuse, cette couleuvre ne représente aucun danger pour l’humain.
Mais elle dévore en masse le lézard des Pityuses, une espèce endémique déjà menacée d’extinction, s’alarme Alicia Page, chercheuse au centre catalan Creaf.
Un scénario qui n’est pas sans rappeler celui d’un cobra venimeux en cavale près de Toulouse, sauf qu’à Ibiza, ce sont des milliers de spécimens qu’il faut désormais gérer.
Des mesures jugées insuffisantes
Les serpents seraient arrivés cachés dans les racines d’oliviers d’ornement importés de la péninsule ibérique, œufs compris.
Depuis 2023, le gouvernement des Baléares impose une quarantaine sur ces arbres. Un premier pas jugé trop timide par les associations de protection de la nature, alors que les couleuvres occupent déjà 90 % du territoire insulaire.
















