Cinq films arrivent en salles ce mercredi 2 septembre, sans blockbuster pour cette rentrée post-estivale. La Frappe, premier long métrage remarqué à Cannes, mène cette semaine dominée par les portraits de femmes et le cinéma d’auteur européen.
L’essentiel
- La Frappe, premier film de Julien Gaspar-Oliveri, sélectionné à la Semaine de la Critique de Cannes
- Anouk Grinberg incarne une médecin en fin de carrière dans La Dernière patiente
- Isabel Coixet filme Trois adieux avec Alba Rohrwacher et Elio Germano
- Vincent Cassel et Fanny Ardant se glissent dans un opéra-film barré, The Opera!
La Frappe
Drame français, 1h46, réalisé par Julien Gaspar-Oliveri, avec Diego Murgia, Bastien Bouillon et Romane Fringeli.
Le film s’ouvre sur la sortie de prison d’Anthony, qui espère recoller les morceaux avec ses deux enfants, seuls depuis des années. Enzo, dix-neuf ans, accueille ce retour comme une chance de refonder un foyer.
Sa sœur Carla n’y voit au contraire qu’une intrusion inacceptable. Au fil du récit, le jeune homme se retrouve face à un lourd secret, tu depuis trop longtemps. C’est le premier long métrage de Julien Gaspar-Oliveri, présenté à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes.
La presse salue l’un des films les plus forts de la rentrée, avec une note presse de 3,9/5 sur 22 critiques. Un drame exigeant, à réserver à un public adulte averti.
La Dernière patiente
Drame social français, 1h20, réalisé par Rémi Bassaler, avec Anouk Grinberg, Luàna Bajrami et Félix Lefebvre.
Elle boucle son dernier jour de consultations avant la retraite quand Aïda frappe à sa porte : une future mère à huit mois de grossesse, sans plus aucun suivi médical. Au lieu de la renvoyer, la praticienne choisit de la garder sous son toit pour la nuit.
S’ensuit un huis clos sous tension qui met à mal les certitudes de la généraliste sur son métier et sur l’état des soins de proximité en France. Un film tous publics, porté par une Anouk Grinberg très remarquée.
Trois adieux
Drame romantique italien, 2h00, réalisé par Isabel Coixet, avec Alba Rohrwacher, Elio Germano et Galatea Bellugi.
Une querelle insignifiante suffit à séparer Marta d’Antonio, cuisinier dont la carrière décolle. Le silence qui suit ne ressemble pourtant pas à un simple chagrin : Marta n’a plus goût à rien, littéralement.
Isabel Coixet transforme cette perte d’appétit en chemin de redécouverte sensorielle – la nourriture, la musique, le désir – plutôt qu’en banale histoire de rupture. Un choix idéal pour les amateurs de cinéma d’auteur européen.
Salvation
Drame politique turc (titre original Kurtuluş), 2h00, réalisé par Emin Alper, avec Caner Cindoruk, Berkay Ateş et Feyyaz Duman.
L’intrigue oppose deux communautés turques : celle perchée sur les hauteurs et celle qui vivait autrefois dans la vallée, avant d’en être chassée. Le retour de ces exilés vers ce territoire qu’ils avaient quitté ravive de très anciennes rivalités entre les deux camps.
Présenté en compétition à la Berlinale 2026, le film d’Emin Alper s’inspire d’un fait réel survenu dans le sud-est de la Turquie en 2009. La presse lui attribue une note de 3,4/5. À réserver aux amateurs de cinéma politique.
The Opera!
Drame fantastique musical italien, 1h46, réalisé par Davide Livermore et Paolo Gep Cucco, avec Vincent Cassel, Fanny Ardant, Valentino Buzza et Mariam Battistelli.
Le mythe d’Orphée est ici transposé dans notre présent : Eurydice s’effondre, victime d’un tir perdu, alors qu’elle vient tout juste de se marier. Fou de chagrin, Orphée se lance à sa recherche dans un établissement luxueux qui fait aussi office d’antichambre des Enfers.
Le voyage, ponctué d’envolées lyriques, le confronte à une galerie de figures mythologiques et à ses propres angoisses. Vincent Cassel prête ses traits à Charon, le passeur des âmes, et Fanny Ardant à Proserpine, reine des morts, pendant que deux chanteurs lyriques portent les rôles principaux en voix.
Un objet hybride entre cinéma et opéra que la presse a nettement moins apprécié, avec une note presse de seulement 1,4/5. Une expérience réservée aux curieux prêts à l’expérimentation.
Pour ceux qui préfèrent rester chez eux cette semaine, les nouveautés à découvrir en streaming offrent une alternative aux salles obscures.
Le conseil de la rédaction
Sans blockbuster pour cette rentrée, deux films sortent du lot. La Frappe décroche la meilleure note presse de la semaine et porte la promesse d’un jeune cinéaste français à suivre de près.
La Dernière patiente séduit par son ancrage dans l’actualité des soins de proximité et la performance d’Anouk Grinberg. Les amateurs de cinéma d’auteur international se tourneront plutôt vers Trois adieux, porté par un duo d’acteurs italiens remarquable.
Après les sorties cinéma de la semaine du 26 août, ce nouveau mercredi confirme une rentrée placée sous le signe du cinéma d’auteur plutôt que du grand spectacle.
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