Libération : Sonia Delesalle-Stolper élue à 83,2 % après le retrait de Nicolas Barré

La rédaction a voté deux fois en un mois : contre un directeur venu du Figaro et des Échos, puis pour l'une des siennes. Le détail d'une succession en deux temps.

Stéphane Larue
Par
Stéphane Larue — article rédigé avec l’IA
Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure...
5 min de lecture

À retenir

  • Vote du 7 mai 2026 : 193 voix sur 256 votants, soit 83,2 % des suffrages, selon le décompte du journal
  • Première femme à diriger la rédaction depuis la fondation de Libération en 1973
  • Nicolas Barré, proposé par Denis Olivennes, s’était retiré en avril devant l’opposition de l’assemblée générale
  • Dov Alfon avait annoncé son départ le 8 avril, après six ans à la tête du quotidien
Au sommaire
  1. Nicolas Barré s’est retiré devant l’opposition de l’assemblée générale
  2. 193 voix sur 256 votants pour Sonia Delesalle-Stolper le 7 mai
  3. Dix-sept ans de maison et onze années passées à Londres
  4. Denis Olivennes préside toujours la société éditrice PI SAS

Sonia Delesalle-Stolper dirige la rédaction de Libération depuis le 7 mai 2026, élue par 193 des 256 salariés qui ont pris part au vote. La succession de Dov Alfon aura demandé deux tentatives, la première s’étant heurtée au refus de l’assemblée générale.

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Quatre mois plus tard, le quotidien est toujours dirigé par cette journaliste entrée au journal en 2009. C’est la première fois qu’une femme occupe ce poste depuis la fondation du titre, en 1973.

Nicolas Barré s’est retiré devant l’opposition de l’assemblée générale

Denis Olivennes, président de la société éditrice PI SAS, avait proposé Nicolas Barré dans les jours qui ont suivi l’annonce du départ de Dov Alfon après six ans.

Le nom a été mal reçu. Réunie en assemblée générale le vendredi suivant, la rédaction s’est opposée à cette nomination, le parcours du candidat — Le Figaro, puis Les Échos — étant jugé trop éloigné de l’identité du titre.

La Société des journalistes a précisé que ni les compétences professionnelles ni les qualités personnelles de l’intéressé n’étaient en cause, mais bien sa trajectoire.

Nicolas Barré a reçu le bureau de la Société des journalistes le lundi, puis a renoncé le lendemain. « Constatant les réticences à ma venue, j’ai décidé de me retirer du processus », a-t-il écrit, selon The Media Leader, qui a rapporté ce retrait le 15 avril 2026.

193 voix sur 256 votants pour Sonia Delesalle-Stolper le 7 mai

Trois semaines séparent le retrait de Nicolas Barré du vote du 7 mai. L’actionnaire a renoncé à imposer un second nom, et la désignation est repassée par les statuts du journal.

La suite du processus a été confiée à la rédaction elle-même, comme le prévoient les statuts du journal. Sur 302 salariés appelés à se prononcer, 256 ont voté.

Sonia Delesalle-Stolper a réuni 193 voix contre 39, 24 bulletins étant blancs ou nuls, selon le décompte publié par CB News le 7 mai 2026. Le score s’établit à 83,2 % des suffrages exprimés.

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Elle cumule depuis les fonctions de directrice de la rédaction, de directrice de la publication et de cogérante.

Dix-sept ans de maison et onze années passées à Londres

Sonia Delesalle-Stolper est arrivée à Libération en 2009. Elle avait auparavant travaillé à l’AFP, notamment comme correspondante au Royaume-Uni et en Irlande entre 1996 et 2002.

Elle a couvert l’actualité britannique depuis Londres jusqu’en 2020, et elle est lauréate du prix Louise-Weiss du journalisme européen. Elle dirigeait le service international du quotidien depuis la fin de 2020.

Le choix d’une figure interne tranche avec la méthode retenue un mois plus tôt. Dov Alfon, entré au journal en 2020, l’a quitté pour se consacrer à son travail de romancier.

Denis Olivennes préside toujours la société éditrice PI SAS

La séquence de mai n’a rien changé à l’architecture capitalistique du titre. Denis Olivennes reste président de PI SAS, dont le capital est détenu par un fonds de dotation pour une presse indépendante.

Les départs, eux, ont continué. L’été a apporté un autre mouvement notable, avec le départ de Jean Quatremer pour Marianne, où le journaliste est devenu éditorialiste fin juillet.

À la mi-septembre, la direction issue de ce vote n’a annoncé ni refonte de la formule ni changement de périmètre. La succession aura surtout changé la méthode : un nom imposé par l’actionnaire a laissé place à un vote de la rédaction.

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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure une veille quotidienne sur les sujets d information générale, en s appuyant sur les sources officielles et les communiqués de presse. Il publie également des analyses, des interviews et des sélections éditoriales à destination d un large public.