À retenir
- La chronique politique de 2 minutes 30, diffusée le dimanche matin depuis le 30 août, disparaît de la grille.
- Radio France a réagi par un communiqué : « Ce n’est une victoire pour personne ».
- Le mouvement social voté le 15 septembre reste inscrit au lundi 21 septembre.
Charles Sapin, directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, a annoncé samedi 19 septembre qu’il renonçait à son éditorial hebdomadaire sur France Inter, trois semaines après sa première intervention à l’antenne. Il n’aura finalement délivré que deux chroniques.
La direction voulait transformer l’éditorial en débat contradictoire
Pour sortir du conflit ouvert depuis la fin août, la direction de Radio France avait proposé de conserver le journaliste à l’antenne, mais dans un autre format : un débat contradictoire qui l’aurait opposé à un contradicteur, à la place de l’éditorial en solo.
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Charles Sapin a refusé cet arrangement, rapporte Puremédias. « Je regrette que la direction de Radio France ait décidé d’ainsi rendre les armes », a-t-il écrit en annonçant son départ sur les réseaux sociaux. Il dénonce une « censure préventive » et résume ainsi le climat : « Inutile d’attendre qu’un chroniqueur dise quelque chose de répréhensible ; il suffit d’imaginer ce qu’il pourrait penser. »
Radio France a répondu par un communiqué sobre : « Ce n’est une victoire pour personne. » L’entreprise redit son attachement à la diversité des points de vue à l’approche de la campagne présidentielle, l’argument même qui avait motivé le recrutement.
Deux jours de grève les 13 et 14 septembre, une pétition de 300 signataires
L’arrivée du journaliste avait déclenché un conflit rare dans l’audiovisuel public. Les rédactions ont cessé le travail les 13 et 14 septembre, perturbant les antennes de France Inter, France Culture et franceinfo. La direction avait alors comptabilisé environ 12 % de grévistes.
Plus de 300 personnalités avaient signé une pétition contre ce recrutement. Les syndicats mettaient en avant les condamnations judiciaires de Valeurs actuelles, dont celle prononcée après la publication, en 2020, d’un récit mettant en scène la députée Danièle Obono en esclave.
L’intersyndicale CGT-CFDT-FO-SNJ-SUD-Unsa a écarté tout triomphalisme samedi, estimant que les salariés avaient « défendu les valeurs du service public ». Le départ intervient quelques jours après celui de Thomas Poitevin, parti de la matinale de France Inter au bout d’un mois.
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La grève du lundi 21 septembre n’a pas été levée
Les personnels avaient voté le 15 septembre une nouvelle journée d’arrêt de travail pour le lundi 21 septembre, indiquait Puremédias à l’époque. Aucune levée n’a été annoncée dans les heures qui ont suivi le retrait de Charles Sapin.
Le dossier a aussitôt pris une tournure politique. Manuel Bompard (LFI) y a vu un « bel exercice de victimisation », quand Jordan Bardella (RN) a accusé la gauche de « privatiser » Radio France.
Reste une question ouverte pour la station : qui occupera, ou non, cette case du dimanche matin d’ici la campagne présidentielle. Le sujet s’ajoute à une saison déjà chargée en mouvements d’animateurs en radio et en télévision.
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