Robotaxi Bolt : Lucid fournira 25 000 voitures autonomes en Europe

Bolt veut faire rouler 25 000 Lucid sans conducteur sur le continent. Le calendrier réel, la technologie retenue et ce qui manque encore pour y arriver.

Stéphane Larue
Par
Stéphane Larue — article rédigé avec l’IA
Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure...
5 min de lecture

À retenir

  • Bolt et Lucid visent au moins 25 000 voitures sans conducteur sur les routes européennes, selon leur communiqué du 17 septembre
  • Les véhicules reposeront sur la future plateforme Midsize de Lucid et sur l’architecture Nvidia Hyperion, conçue pour le niveau 4
  • L’opérateur estonien revendique 200 millions de clients et veut 100 000 véhicules autonomes sur sa plateforme d’ici 2035
  • Le PDG de Lucid Silvio Napoli évoque une première série en 2028, alors que la berline censée la porter glisse à fin 2027

Bolt, l’application de VTC estonienne, s’est associée au constructeur américain Lucid pour mettre au moins 25 000 voitures sans conducteur en service en Europe. Les deux groupes ont publié leur accord jeudi 17 septembre, sans communiquer le moindre montant d’investissement.

Publicite

L’annonce a fait grimper l’action Lucid à Wall Street. Elle porte pourtant sur un véhicule qui n’existe pas encore.

Nvidia Hyperion et la plateforme Midsize au cœur de l’accord

Les robotaxis seront construits sur la plateforme Midsize, la future gamme plus abordable de Lucid, et non sur les berlines Air et Gravity vendues aujourd’hui. Ils embarqueront l’architecture Nvidia Hyperion, un ensemble de capteurs et de calculateurs pensé pour la conduite autonome de niveau 4, celle où la voiture se passe d’un conducteur dans un périmètre défini.

Une filiale dédiée, Bolt Autonomous Driving Solutions, possédera et exploitera la flotte, selon le communiqué commun publié par Lucid et Bolt. Elle fixera les exigences de sécurité et gérera l’infrastructure, tandis que Lucid apportera le véhicule et sa division technologique.

« L’autonomie en Europe exige que les données, les logiciels, les véhicules et les opérations fonctionnent comme un seul système », a déclaré Markus Villig, fondateur et dirigeant de Bolt. Son homologue chez Lucid, Silvio Napoli, y voit l’occasion d’étendre sa technologie au-delà des voitures particulières.

La plateforme revendique plus de 200 millions de clients et 4,5 millions de chauffeurs et livreurs, pour une couverture de plus de 850 villes européennes selon le décompte d’Electrek. La cible affichée est de 100 000 véhicules autonomes d’ici 2035.

À Londres, Wayve et Uber roulent avec moins de vingt voitures

L’écart avec la réalité du terrain européen est considérable. Depuis le 3 septembre, la britannique Wayve et Uber proposent des trajets autonomes à Londres avec une flotte de moins de vingt Ford Mustang Mach-E.

Chaque voiture embarque encore un conducteur agréé par Transport for London, capable de reprendre la main à tout moment. Plus de 140 000 Londoniens s’étaient inscrits sur la liste d’attente avant l’ouverture du service.

En France, aucun service commercial de ce type n’a démarré. Le pays en est au stade des expérimentations : au début du mois, la France a autorisé des essais de conduite autonome sur route pour Tesla.

Pour l’usager de l’application, qui opère déjà son service de VTC en France, rien ne change à court terme. Le communiqué ne cite aucune ville ni aucun pays de lancement.

Silvio Napoli parle de 2028, la berline Cosmos glisse à fin 2027

Le calendrier reste le point faible du dossier. Le dirigeant de Lucid évoque une première série de véhicules dès 2028, mais la Cosmos, la berline sur laquelle repose la plateforme Midsize, a été repoussée au second semestre 2027 lors de la révision opérationnelle d’août, pour des raisons d’approvisionnement.

L’écart industriel est tout aussi net. Lucid a produit 18 378 voitures en 2025 et en a livré 15 841, sa meilleure année à ce jour, soit nettement moins que la seule commande annoncée par Bolt, à laquelle s’ajoutent 35 000 véhicules déjà promis à Uber.

La concurrence, elle, n’attend pas. Le marché européen du robotaxi est évalué à 120 000 véhicules à l’horizon 2035 par le Boston Consulting Group, et les prétendants se multiplient : Travis Kalanick est revenu dans la course avec Atoms.

Reste le risque réglementaire, que le secteur connaît bien : aux États-Unis, les autorités enquêtent sur le Cybercab de Tesla depuis son lancement. En Europe, les autorisations de circulation restent délivrées pays par pays, et le communiqué des deux groupes ne fait état d’aucune démarche en cours.

Publicite

À la une

  1. InsolitesSaint-Benoît-la-Forêt : les punaises du colza submergent jardin et maison
  2. Droit / JusticeGuadeloupe : 31 homicides depuis janvier, le préfet appelle à rendre les armes
  3. MédiasProgramme TV ce soir : Le mystère de la chambre jaune face à Envoyé spécial (jeudi)
  4. TechFlet 1.0 : le framework pour coder des applis web et mobiles en Python devient stable
Publicité
Partager cet article
Suivre :
Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure une veille quotidienne sur les sujets d information générale, en s appuyant sur les sources officielles et les communiqués de presse. Il publie également des analyses, des interviews et des sélections éditoriales à destination d un large public.