À retenir
- Le comité de politique monétaire américain a voté à l’unanimité, mercredi 16 septembre, un resserrement d’un quart de point, à 3,75 %-4,00 %.
- Le tableau de projections publié avec la décision table sur un resserrement supplémentaire avant décembre, puis un autre courant 2027.
- Wall Street a terminé dans le rouge, le Dow Jones cédant 1,2 % à 51 461 points, selon le suivi de séance de Kiplinger.
Au sommaire
La Réserve fédérale américaine a relevé son principal taux directeur d’un quart de point mercredi 16 septembre, dans une fourchette de 3,75 % à 4,00 %. Premier tour de vis depuis juillet 2023, et premier sous la présidence de Kevin Warsh.
Les douze membres du comité ont voté sans une voix contre
La décision a été prise à l’unanimité, par douze voix contre zéro. Fin juillet, le même comité avait choisi de ne pas bouger malgré une inflation déjà supérieure à sa cible.
Le communiqué décrit une activité qui progresse à un rythme solide, des créations d’emplois au rythme de la population active, et une hausse des prix qui reste au-dessus de l’objectif de 2 %. Il cite aussi, dans la lecture qu’en fait TradingEconomics, un choc énergétique né de la guerre avec l’Iran qui continue de peser sur les perspectives.
Devant la presse, Kevin Warsh a justifié le geste par une inflation qu’il juge trop élevée depuis trop longtemps, et décrit un comité qui retire une dose d’accommodement.
Kevin Warsh avait été nommé par Donald Trump en janvier 2026
Le président américain avait choisi cet ancien gouverneur de la Fed pour succéder à Jerome Powell, en attendant de lui une politique monétaire plus souple.
Interrogé le 31 août sur l’éventualité d’une hausse, Donald Trump avait répondu, selon Newsweek, qu’il avait beaucoup de respect pour son président de la Fed, tout en jugeant les taux américains trop élevés. CNBC rapporte qu’après l’annonce de mercredi, il a réclamé un taux ramené à 1 % ou moins.
Kevin Warsh, lui, défend l’autonomie de l’institution. L’indépendance est « à double sens », a-t-il déclaré, en ajoutant que la banque centrale laissait aussi la politique commerciale et budgétaire à ceux dont c’est la charge.
Une hausse de plus est attendue avant la fin 2026
Le tableau de projections économiques, publié en même temps que la décision, place la majorité des membres sur un relèvement supplémentaire d’ici décembre, puis un dernier en 2027.
À plus long terme, le comité situe le taux d’équilibre entre 3 % et 4 %, avec une inflation revenue à 2 % à l’horizon 2029. Kevin Warsh s’est refusé à donner le moindre calendrier.
La BCE a relevé ses propres taux le 10 septembre
De ce côté-ci de l’Atlantique, la Banque centrale européenne a porté ses taux directeurs à 2,50 %, une décision applicable depuis ce mercredi. Ce sont ces taux-là, et non ceux de Washington, qui se répercutent sur les nouveaux crédits immobiliers français.
La décision de la Fed n’a pas d’effet direct sur un livret ou un emprunt en France. Elle agit sur le dollar, sur les taux obligataires américains et, par ricochet, sur la marge de manœuvre de Francfort. Reste à voir si le deuxième relèvement annoncé arrivera avant la fin de l’année.
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