Réversion Agirc-Arrco : 60 % sans condition de ressources, le remariage l’annule

Le conjoint survivant touche 60 % des points de retraite complémentaire du défunt, sans examen de ses revenus. Âge requis, effet d'un remariage et démarche unique en ligne.

Stéphane Larue
Par
Stéphane Larue — article rédigé avec l’IA
Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure...
6 min de lecture

À retenir

  • La réversion Agirc-Arrco verse 60 % des points acquis par le salarié décédé, sans aucun plafond de revenus pour le survivant
  • L’âge minimum est de 55 ans, abaissé en cas d’invalidité ou lorsque deux enfants sont encore à charge
  • Un remariage éteint ce droit de façon définitive, y compris après un divorce ou le décès du nouveau conjoint
  • Une demande tardive reste recevable, mais le rappel d’arriérés ne dépasse jamais douze mois
Au sommaire
  1. Le calcul part des points du défunt, pas de la pension qu’il touchait
  2. 55 ans, ou moins quand deux enfants sont à charge
  3. Le remariage efface le droit complémentaire, et rien ne le rétablit
  4. Une seule demande en ligne couvre le régime de base et la complémentaire
  5. Douze mois, le délai qui décide de la date d’effet

La retraite complémentaire d’un salarié décédé se transmet à son conjoint survivant à hauteur de 60 % des points acquis, et le régime n’examine pas les revenus du demandeur. Le régime de base suit une autre logique : l’Assurance retraite verse 54 % de la pension et applique, elle, un plafond de ressources.

La conséquence est concrète. Pour un même décès, une veuve peut se voir refuser la réversion du régime de base parce qu’elle gagne trop, et toucher malgré tout celle de l’Agirc-Arrco.

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Les deux pensions sont instruites séparément, par deux organismes différents, avec deux jeux de règles. Les confondre fait perdre de l’argent.

Le calcul part des points du défunt, pas de la pension qu’il touchait

La formule tient en trois termes : nombre de points du défunt, multiplié par 60 %, multiplié par la valeur du point. Un salarié décédé avant d’avoir liquidé sa retraite ouvre donc le même droit qu’un retraité, puisque ce sont les points qui comptent.

Cette valeur du point évolue avec les décisions du régime, et la pension de réversion suit exactement la revalorisation des pensions au 1er novembre.

Les majorations pour enfants nés ou élevés se transmettent, elles, à 100 % et non à 60 %, selon Agirc-Arrco. Quand le défunt laisse plusieurs ex-conjoints, la somme est partagée au prorata de la durée de chaque mariage.

55 ans, ou moins quand deux enfants sont à charge

Le seuil de droit commun est fixé à 55 ans. Il tombe plus bas si le survivant est reconnu invalide, ou s’il a encore deux enfants à charge au moment du décès.

Le mariage reste la porte d’entrée, dans les deux régimes. Ni le Pacs ni le concubinage n’ouvrent droit à une réversion, rappelle l’Assurance retraite, quelle que soit la durée de la vie commune.

Un ex-conjoint divorcé conserve son droit. C’est l’une des rares situations où un divorce prononcé trente ans plus tôt produit encore un effet financier.

Le remariage efface le droit complémentaire, et rien ne le rétablit

C’est le piège le plus coûteux du dispositif. Un remariage éteint définitivement la réversion Agirc-Arrco : le droit ne renaît pas si le nouveau couple divorce, ni si le nouveau conjoint décède à son tour.

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Le régime de base ne fonctionne pas ainsi. La pension y est maintenue, mais les ressources du nouveau ménage entrent dans le calcul du plafond, ce qui peut la réduire jusqu’à l’annuler.

Se remarier après 60 ans n’est donc pas un acte neutre pour un veuf ou une veuve qui perçoit déjà une réversion complémentaire. La question mérite d’être posée avant la mairie, pas après.

Une seule demande en ligne couvre le régime de base et la complémentaire

Il n’existe plus de dossier à déposer régime par régime. Le service « Demander ma réversion » d’info-retraite.fr transmet une demande unique à tous les régimes concernés, de base comme complémentaires.

Le formulaire identifie lui-même les caisses où le défunt a cotisé, ce qui évite d’oublier une carrière ancienne. Les justificatifs se déposent scannés, dans la limite de 4 Mo par fichier.

Attention à la portée du service : il ne fait que le dépôt. L’étude du dossier et le versement restent la main de chaque régime, qui répond selon son propre calendrier.

Douze mois, le délai qui décide de la date d’effet

Une demande déposée dans les douze mois qui suivent le décès permet de fixer le point de départ au premier jour du mois suivant, précise l’Assurance retraite. Au-delà, la pension ne court qu’à compter du mois qui suit la demande.

Côté complémentaire, aucune date butoir n’existe, mais le rappel se limite à un an d’arriérés. Une demande déposée quatre ans après le décès fait perdre trois années de pension, sans recours.

Deux majorations s’ajoutent ensuite au régime de base : 10 % pour trois enfants élevés, et 11,1 % à l’âge du taux plein sous conditions de droits liquidés. Le plafond de ressources ouvrant droit à cette dernière s’établit à 1 006,69 € par mois au 1er janvier 2026, selon la circulaire de l’Assurance retraite du 22 décembre 2025.

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Un survivant dont les revenus restent faibles a tout intérêt à vérifier, en parallèle, s’il relève des montants du minimum contributif et de l’Aspa.

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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure une veille quotidienne sur les sujets d information générale, en s appuyant sur les sources officielles et les communiqués de presse. Il publie également des analyses, des interviews et des sélections éditoriales à destination d un large public.