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Procès Chouviat : trois policiers jugés à Paris, la qualification contestée

Trois policiers comparaissent à Paris pour homicide involontaire, près de sept ans après la mort du livreur. La famille réclame un procès devant une juridiction criminelle.

Journaliste — Publié le
5 min de lecture
Procès Chouviat : trois policiers jugés à Paris
Photo : Boko Shots / Pexels

À retenir

  • Trois policiers comparaissent les 26 et 27 octobre 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris pour homicide involontaire
  • Cédric Chouviat, livreur de 42 ans, est mort le 5 janvier 2020, deux jours après un contrôle quai Branly, à Paris (7e)
  • La famille conteste la qualification et réclame une juridiction criminelle, ce que les juges d’instruction n’ont pas retenu
  • Les trois policiers sont présumés innocents
Au sommaire
  1. Le contrôle du 3 janvier 2020, quai Branly, a tourné à l’asphyxie
  2. Les juges d’instruction ont écarté les violences volontaires
  3. La famille veut un procès criminel, la défense invoque une manœuvre nécessaire
  4. Le tribunal doit d’abord trancher sa compétence

Le procès de trois policiers s’ouvre lundi 26 octobre devant le tribunal correctionnel de Paris. Ils sont poursuivis pour homicide involontaire après la mort de Cédric Chouviat, livreur à scooter de 42 ans, selon franceinfo, près de sept ans après les faits.

L’audience est prévue lundi et mardi. Les trois prévenus, âgés de 30 à 40 ans, sont sous contrôle judiciaire depuis juillet 2020.

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Le contrôle du 3 janvier 2020, quai Branly, a tourné à l’asphyxie

Vers 10 heures, Cédric Chouviat, père de famille, est arrêté à l’angle du quai Branly et de l’avenue de Suffren, à Paris (7e). Les policiers lui reprochent l’usage de son téléphone au guidon et une plaque d’immatriculation illisible.

En quelques minutes, il est plaqué au sol et perd connaissance. Il aurait répété neuf fois « j’étouffe » en treize secondes.

Des témoins rapportent qu’un policier l’a saisi au cou alors qu’il portait son casque, pendant que trois agents le maintenaient ventre au sol. Il meurt deux jours plus tard à l’hôpital Georges-Pompidou. L’autopsie conclut à une asphyxie avec fracture du larynx.

Les juges d’instruction ont écarté les violences volontaires

Les juges n’ont pas retenu de violences intentionnelles, estimant que plusieurs critères n’étaient pas réunis. Pour eux, la mort résulte des gestes combinés des trois policiers sur une durée inhabituellement longue, dans un comportement « inadapté, négligent et imprudent ».

Selon les juges, l’un des policiers a maintenu Cédric Chouviat au sol avec le genou, un autre a exercé une pression supplémentaire sur son coude.

Une quatrième policière, placée sous le statut de témoin assisté, n’est pas jugée. La famille compte demander qu’elle soit renvoyée devant le tribunal.

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La famille veut un procès criminel, la défense invoque une manœuvre nécessaire

L’avocat de la famille doit ouvrir l’audience en soutenant que le tribunal correctionnel est incompétent. Il demande un renvoi vers une juridiction criminelle : une clé d’étranglement suivie d’un plaquage ventral ne peut, selon lui, relever que de violences intentionnelles.

Avant l’instruction, les avocats des policiers avaient réclamé un non-lieu. L’avocat de l’un d’eux affirme qu’il n’y a pas de « meurtrier » et que la mort est survenue lors d’une manœuvre d’interpellation rendue nécessaire, selon lui, par la résistance du livreur.

Les policiers disent ne pas avoir entendu les appels « j’étouffe ». L’un d’eux assure n’avoir pas voulu exercer de pression, seulement immobiliser l’homme pour le menotter.

Le tribunal doit d’abord trancher sa compétence

Si le tribunal se déclarait incompétent, le dossier prendrait une autre voie judiciaire, ce qui allongerait encore une procédure vieille de plus de six ans. S’il garde l’affaire, il examinera les faits pendant les deux jours d’audience.

La date de la décision n’est pas connue à l’heure où nous publions.

Le ministère de l’Intérieur a abandonné officiellement en 2021 la clé d’étranglement comme technique d’interpellation. En avril 2026, la Défenseure des droits, Claire Hédon, a jugé la force employée disproportionnée : cet avis ne lie pas le tribunal, et les avocats de deux des policiers en contestent plusieurs points.

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