À retenir
- Depuis le 10 septembre 2026, l’ANSM adresse un courrier personnalisé à 1,6 million de femmes sous désogestrel
- Le surrisque de méningiome est jugé très faible : un cas supplémentaire pour 67 300 utilisatrices sur un an
- L’agence demande de ne pas interrompre sa contraception sans avis médical et n’impose aucune IRM systématique
- Au-delà de cinq ans d’utilisation continue le risque est multiplié par 1,7, et il n’est plus observé un an après l’arrêt
Un courrier de l’Agence nationale de sécurité du médicament part depuis le 10 septembre vers 1,6 million de boîtes aux lettres. Il s’adresse aux femmes qui se sont vu délivrer une pilule au désogestrel dosée à 75 microgrammes au cours des douze derniers mois.
Le message de l’agence tient en une ligne : le surrisque de méningiome lié à cette contraception existe, il est très faible, et rien ne justifie d’arrêter la pilule du jour au lendemain.
L’ANSM chiffre le surrisque à un cas pour 67 300 femmes
La lettre s’appuie sur les travaux d’EPI-PHARE, le groupement scientifique de l’Assurance maladie et de l’ANSM. Sur une année d’utilisation du désogestrel 75 µg, l’agence retient un méningiome supplémentaire pour 67 300 femmes traitées.
La durée d’exposition change l’échelle. Le risque est multiplié par 1,7 au-delà de cinq ans d’utilisation continue, soit un cas pour 17 000 femmes, et il double au-delà de sept ans.
Un élément tempère la lecture de ces chiffres : l’ANSM n’observe plus d’excès de risque un an après l’arrêt du traitement.
Quelles pilules, implants et anneaux sont visés par le courrier ?
Seules les utilisatrices de désogestrel 75 µg reçoivent la lettre. L’agence range toutefois dans la même catégorie de risque très faible plusieurs contraceptifs voisins, et les distingue nettement des progestatifs déjà classés à risque élevé depuis 2025.
Le tableau ci-dessous compare les contraceptifs cités par l’ANSM et le niveau de risque de méningiome qu’elle leur associe.
| Contraceptif | Molécule | Risque retenu par l’ANSM |
|---|---|---|
| Antigone, Cerazette, Elfasette, Optimizette | Désogestrel 75 µg | Très faible, courrier envoyé |
| Mercilon, Desobel, Varnoline | Désogestrel 150 µg | Très faible |
| Implant Nexplanon | Étonogestrel | Très faible |
| Anneau Nuvaring, Etoring | Étonogestrel | Très faible |
| Androcur | Cyprotérone | Élevé |
| Lutényl, Lutéran | Nomégestrol, chlormadinone | Élevé |
| Dépo-Provera, Colprone | Médroxyprogestérone, médrogestone | Élevé |
Le nom de la molécule figure sur la boîte et sur l’ordonnance, et le pharmacien peut le confirmer au comptoir, où les règles de délivrance ont changé début septembre.
Que faire quand la lettre de l’ANSM arrive dans la boîte ?
La réponse de l’agence est explicite : lire le courrier, le garder, et ne rien modifier avant d’en avoir parlé à un professionnel de santé.
- Conserver la lettre, qui sert de support à la discussion avec le médecin, la sage-femme ou le gynécologue
- Poursuivre la contraception : l’ANSM ne demande ni arrêt ni retrait de ces pilules
- Noter la durée totale d’utilisation et les progestatifs pris auparavant, les deux éléments que le prescripteur va chercher
- Aborder le sujet lors de la prochaine consultation de suivi, sans avancer de rendez-vous en urgence
- Consulter sans attendre en cas de symptôme évocateur, détaillé dans la section suivante
Les professionnels de santé ont reçu la même information. L’agence leur demande de retracer les progestatifs déjà pris et leur durée, et de réévaluer l’intérêt du traitement chez les femmes de 45 ans et plus.
Arrêter la pilule sans avis médical expose à une grossesse non prévue
C’est le premier écueil, et l’ANSM insiste dessus. Une interruption brutale supprime la protection contraceptive du jour au lendemain, alors que l’agence ne recommande aucun arrêt.
Deuxième piège : réclamer une IRM cérébrale par précaution. L’ANSM ne la recommande pas de façon systématique et la réserve à deux situations, un symptôme évocateur ou une exposition de plus d’un an à un progestatif à risque élevé.
Troisième piège, plus discret : confondre les molécules. Le désogestrel n’est ni la cyprotérone d’Androcur ni le nomégestrol de Lutényl, dont le surrisque est d’un tout autre ordre de grandeur.
Les signes qui justifient une consultation rapide sont énumérés par l’agence : maux de tête persistants, baisse de la vision ou de l’audition, faiblesse d’un membre, troubles de l’équilibre, de la parole ou de la mémoire, et crise convulsive.
Le désogestrel reste remboursé et disponible en pharmacie, aucun retrait n’est demandé. Dans le même temps, et sans lien avec ce dossier, plusieurs médicaments passent à 15 % de remboursement au 1er octobre.
Ce qui change selon votre situation
J’ai arrêté cette pilule il y a deux ans, suis-je concernée ?
L’ANSM n’observe plus d’excès de risque un an après l’arrêt du désogestrel. Le courrier ne cible d’ailleurs que les délivrances remboursées des douze derniers mois.
Je prends du désogestrel et je n’ai reçu aucun courrier
L’envoi repose sur les remboursements enregistrés par l’Assurance maladie sur les douze derniers mois. Le médecin traitant et le pharmacien disposent des mêmes recommandations, publiées sur le site de l’agence.
J’ai plus de 45 ans et je prends cette pilule depuis longtemps
L’âge et la durée d’exposition sont les deux facteurs qui pèsent le plus dans les données d’EPI-PHARE. L’ANSM demande aux prescripteurs de réévaluer l’intérêt du traitement dans cette situation, au cas par cas et en consultation.
Les chiffres cités ici proviennent des questions-réponses publiées par l’ANSM le 10 septembre 2026 et de ses recommandations sur la contraception et le risque de méningiome, mises à jour le 11 août 2026. Pour aller plus loin, notre guide des remboursements et des droits des patients rassemble les démarches santé de l’année.





















