Face caméra, dans son bureau, Christine Berrou raconte une saison entière de télévision matinale. L’humoriste a mis en ligne sur sa chaîne YouTube une vidéo intitulée « Comment j’ai été virée de Télématin », quatre ans après son passage sur France 2.
Elle prévient d’emblée qu’elle n’y cherche pas de revanche. Son propos porte sur l’écart entre la bonne humeur d’une matinale et ce qu’elle dit avoir vécu derrière le décor.
À retenir
- La vidéo publiée sur sa chaîne YouTube s’intitule « Comment j’ai été virée de Télématin »
- Chroniqueuse deux fois par semaine sur la saison 2021-2022, aux côtés d’Alex Vizorek
- Le point de bascule qu’elle situe en juin 2022 : une plaisanterie recadrée en direct
- Son départ lui aurait été annoncé le lendemain d’une fête de fin de saison
Deux chroniques par semaine, un réveil à 4 h 30 et un direct à 7 heures
Recrutée pour la nouvelle formule portée par Thomas Sotto et Julia Vignali, Christine Berrou intervenait deux fois par semaine dans Télématin, aux côtés d’Alex Vizorek, sur France 2. Une place enviée, et un exercice sans filet : de l’humour joué en direct devant l’audience de la première matinale de France.
L’humoriste décrit la solitude propre à ce poste. Une chronique qui fonctionne vaut quelques félicitations, dit-elle ; une chronique qui tombe à plat, un silence.
Elle résume l’année par une série de contrastes.
S’ajoutaient les retours quotidiens des réseaux sociaux, souvent brutaux, qu’un chroniqueur découvre en sortant de plateau.
Pourquoi Christine Berrou publie-t-elle cette vidéo quatre ans après ?
Pour que le métier regarde ce qui se joue derrière les émissions dites bienveillantes, explique-t-elle en ouverture. « Je fais cette vidéo parce que j’ai envie que le monde sache à quel point les coulisses de ces émissions dites feel good peuvent être toxiques », dit-elle.
Le recul de quatre ans change le ton du récit : l’humoriste parle sans amertume apparente, avec le vocabulaire de quelqu’un qui a digéré l’épisode et cherche à en tirer quelque chose d’utile.
Qu’a changé la séquence du jubilé d’Elizabeth II pour la chroniqueuse ?
Elle en fait le point de rupture de sa saison. En juin 2022, l’actualité britannique évoque l’absence du prince Andrew au balcon de Buckingham ; en plateau, Christine Berrou lance qu’il n’a qu’à venir en France, où il serait ministre de l’Intérieur.
La pique renvoie à une procédure qui visait alors Gérald Darmanin, et qui s’est achevée par un non-lieu : la Cour de cassation l’a validé le 14 février 2024.
À l’antenne, Thomas Sotto — qui a depuis annoncé son départ de la matinale de RTL — reprend aussitôt sa chroniqueuse. Christine Berrou raconte que l’ambiance ne s’est jamais vraiment rétablie ensuite, jusqu’à la fin de la saison.
La fête sur une péniche, puis un rendez-vous le lendemain à 9 heures
Interrogée à plusieurs reprises sur la suite, elle dit avoir reçu la même réponse : pas de mauvaise nouvelle, seulement des réajustements. Le déroulé qu’elle décrit tient en quatre temps.
- La soirée de fin de saison organisée sur une péniche, où ses productrices la félicitent pour son travail
- Le malaise perçu chez plusieurs collègues au fil des conversations, comme si la décision était déjà prise
- Le lendemain matin à 9 heures, une convocation dans le bureau de ces mêmes productrices
- L’annonce de son départ, avec la possibilité de ne pas assurer ses deux dernières chroniques
La formule employée pour justifier la décision est de celles qu’on entend souvent dans l’audiovisuel : ce que cherchait la chaîne n’était pas « dans son ADN ».
« Honnêteté, humilité, intelligence relationnelle » : ce qu’elle demande au métier
La fin de la vidéo n’est pas un règlement de comptes mais une liste de demandes, adressées aux producteurs et aux chaînes. Christine Berrou plaide pour qu’on dise les choses en face, assez tôt, et qu’on accompagne les chroniqueurs plutôt que de les laisser seuls après un direct raté.
Son témoignage rejoint d’autres prises de parole venues de la télévision, où la question du management et du soin apporté aux équipes s’installe durablement dans le débat professionnel.





















