Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé, mercredi 9 septembre, que la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises sera réduite dans le budget 2027. L’annonce figure dans une lettre adressée aux entrepreneurs, sans que le taux retenu ne soit précisé.
L’essentiel
- La surtaxe actuelle va de 20,6 % à 41,2 % selon le chiffre d’affaires des grandes entreprises
- Elle a rapporté 8 milliards d’euros en 2025, environ 7,3 milliards attendus en 2026
- Sébastien Lecornu exclut tout nouvel impôt pour le budget 2027
- Le projet de loi de finances doit être présenté à l’Assemblée nationale le 30 septembre
Ce que Sébastien Lecornu a annoncé
Dans un courrier envoyé mercredi aux dirigeants d’entreprise, le Premier ministre affirme que « ce qui est exceptionnel doit rester exceptionnel ». Il confirme ainsi la baisse de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices, sans donner de chiffre.
Cette surtaxe, créée par le budget 2025, cible les sociétés dont le chiffre d’affaires dépasse 1,5 milliard d’euros. Elle s’élève à 20,6 % pour celles sous 3 milliards de chiffre d’affaires, et à 41,2 % au-delà.
En 2025, elle a pesé sur plusieurs grands groupes français : LVMH (661 millions d’euros), Vinci (449 millions), Safran (377 millions), Hermès (330 millions) et Crédit Agricole (280 millions).
Cette annonce s’inscrit dans un ensemble de pistes fiscales encore en discussion à Bercy pour boucler le budget 2027.
Le contexte : une taxe née en 2025
La contribution exceptionnelle avait été instaurée pour un an seulement dans le budget 2025, avant d’être reconduite en 2026 face aux besoins de recettes de l’État.
Selon Matignon, ce maintien partiel s’explique par des « dépenses pas choisies » : aides carburant liées au conflit au Moyen-Orient, et soutien aux agriculteurs frappés par la canicule.
Sébastien Lecornu annonce, dans le même courrier, la création d’un « pacte Papin » destiné à faciliter la transmission d’entreprises, ainsi qu’une baisse des indemnités gouvernementales, présentée comme un geste d’exemplarité.
L’annonce suscite des réactions contrastées. À gauche, elle est dénoncée comme un cadeau aux multinationales. Le Medef, à l’inverse, juge le message « bienvenu et nécessaire ».
La suite : un budget encore à écrire
Le taux exact de la baisse reste à arbitrer. Il devra l’être avant la présentation du projet de loi de finances 2027 à l’Assemblée nationale, prévue le 30 septembre.
Sébastien Lecornu promet une « stabilité fiscale » globale et exclut toute création d’impôt nouveau, une ligne qu’il tient depuis plusieurs semaines sur ce dossier budgétaire.
Reste à savoir où seront trouvées les recettes manquantes. Le gouvernement a déjà évoqué des économies sur les retraites et la santé pour réduire le déficit public.
Le débat budgétaire, lui, s’annonce tendu à l’Assemblée nationale dans les prochaines semaines.
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