La tour Eiffel a rouvert ses portes ce mardi matin, au lendemain d’une grève inédite de son personnel. Les salariées avaient été écartées puis remplacées par des hommes samedi, lors de la visite d’une délégation du mouvement hindou BAPS. La mairie de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête.
L’essentiel
- Des employées de la tour Eiffel ont été écartées de leur poste samedi, lors de la visite du mouvement hindou BAPS
- La société d’exploitation du monument a reconnu avoir accepté ces consignes et les a jugées inacceptables
- Le personnel a fait grève lundi, fermant le monument toute la journée
- Le BAPS a présenté ses excuses et la mairie de Paris a ouvert une enquête
Ce qu’on sait
Samedi, lors d’une visite privée organisée pour une délégation du mouvement hindou BAPS, plusieurs salariées de la tour Eiffel ont reçu la consigne de s’écarter de leur poste.
Certaines ont été remplacées par des collègues masculins le temps du passage du groupe.
La société d’exploitation de la tour Eiffel (SETE) a reconnu avoir accepté cette demande. Elle a jugé, dans un communiqué, que ces conditions n’auraient jamais dû être acceptées.
Le syndicat CGT, présent parmi le personnel, a dénoncé des consignes ayant rendu les salariées « écartées, remplacées et invisibles en raison de leur sexe ».
Ce n’est pas le premier coup dur de l’année pour le monument le plus visité de France : cet été déjà, il avait dû fermer plus tôt en pleine canicule.
Le contexte
Le mouvement BAPS venait tout juste d’inaugurer, le même week-end, son premier grand temple en France, à Bussy-Saint-Georges, en Seine-et-Marne.
L’affaire est intervenue en pleine sensibilité française sur la place des femmes dans l’espace public.
La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a rappelé qu’« accueillir l’autre ne signifie jamais renoncer à nos valeurs ».
En réaction, le personnel a cessé le travail lundi, privant de visite des dizaines de milliers de touristes présents dans la capitale.
La suite
La tour Eiffel a rouvert ce mardi matin, les premiers visiteurs franchissant les contrôles de sécurité dès 9h30, après des discussions entre la direction et les salariés.
La mairie de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête interne pour établir les responsabilités exactes.
Le BAPS a de son côté publié des excuses sur X, assurant que l’accès n’avait « à aucun moment » été refusé, tout en regrettant d’avoir « blessé ou gêné » certaines personnes.
Reste à savoir si des sanctions seront prises au sein de la SETE. La journée s’annonce par ailleurs mouvementée dans la capitale, avec plusieurs stations de métro et le RER A fermés pour une visite d’État.














