OpenAI affirme avoir résolu l’une des sept équations du prix du Millénaire, Navier-Stokes, à l’aide d’environ 10 000 agents IA lancés le 1er septembre 2026. Le mathématicien Tristan Buckmaster, de l’université de New York, accuse l’entreprise d’avoir exploité ses travaux sans son accord — ce qu’OpenAI dément.
L’essentiel
- OpenAI annonce le 8 septembre avoir résolu une variante de Navier-Stokes en 88 heures de calcul
- L’entreprise ne réclame pas le million de dollars de prime associé
- Le mathématicien Tristan Buckmaster, de l’université de New York, l’accuse d’avoir utilisé ses travaux
- Le chercheur Sébastien Bubeck aurait tenu des propos jugés intimidants, selon Buckmaster
Ce qu’on sait
Selon le billet publié par OpenAI, un système d’environ 10 000 agents IA a travaillé 88 heures, du 1er au 5 septembre, avant qu’une vérification formelle du raisonnement ne prenne 17 heures supplémentaires.
L’entreprise précise ne pas vouloir réclamer le million de dollars promis par le Clay Mathematics Institute pour ce type de résultat.
Tristan Buckmaster, professeur à l’université de New York, travaillait sur un problème voisin avec Levent Alpöge, aujourd’hui chercheur chez Anthropic.
Il affirme avoir demandé si les modèles d’OpenAI avaient eu accès à leurs échanges dans l’outil Codex, sans recevoir de réponse claire.
Buckmaster affirme aussi que le chercheur d’OpenAI Sébastien Bubeck lui aurait lancé : « Pourquoi ruineriez-vous votre carrière ? »
Bubeck dément avoir utilisé leurs échanges pour orienter les agents. Il dit reconnaître « la priorité » des travaux de Buckmaster et Alpöge.
Le contexte : un problème vieux de près de deux siècles
Sur les sept problèmes du prix du Millénaire, un seul a été résolu à ce jour : la conjecture de Poincaré, en 2003.
OpenAI précise avoir traité une variante non forcée du problème, quand Buckmaster et Alpöge travaillaient sur sa version forcée — deux résultats voisins, mais distincts.
Le rythme rappelle un autre chantier mathématique de l’IA : quelques jours plus tôt, Claude, l’assistant conçu par Anthropic, avait formalisé la preuve du théorème de Fermat, sans dispute de paternité cette fois.
Une rivalité qui nourrit aussi le comparatif IA entre OpenAI, Anthropic et Google, engagés dans la même course aux problèmes non résolus.
La suite
Aucune validation indépendante de la solution par la communauté mathématique n’a encore été rendue publique.
Buckmaster n’a pas exclu de publier l’intégralité de ses échanges avec Bubeck s’il n’obtenait pas de réponse satisfaisante.
Le mathématicien Terence Tao a averti que l’exploitation systématique des problèmes ouverts par l’IA risquait de fragiliser la recherche mathématique elle-même.
OpenAI n’a annoncé aucun calendrier pour soumettre son résultat à une revue à comité de lecture.

