À retenir
- Le projet de budget de la Sécurité sociale 2027, présenté le 1er octobre 2026, aligne la CSG des indemnités journalières maladie sur celle des salaires : 6,2 % aujourd’hui, 9,2 % proposé.
- L’écart estimé va de 0,92 € à 1,29 € par jour d’arrêt, soit environ 25 à 35 € pour un mois avec 27 jours indemnisés.
- Environ 28 % des salariés ont au moins un arrêt indemnisé dans l’année, soit près de 6 millions de personnes selon l’Assurance maladie et la DREES.
- Le texte n’est pas voté et aucune date d’application n’est publiée ; le gouvernement attend 2 milliards d’euros d’économies sur les arrêts de travail en 2027.
Au sommaire
- La CSG des indemnités passerait de 6,2 % à 9,2 %
- Environ 1 € de moins par jour d’arrêt, le calcul par salaire
- Près de 6 millions de salariés ont un arrêt indemnisé chaque année
- Accident du travail : plafond à 1,8 Smic et exonérations en question
- Comment mesurer l’écart sur ses propres indemnités
- Rien n’est voté, et d’autres règles changent déjà sur les arrêts
Le gouvernement veut faire passer la CSG sur les indemnités journalières maladie de 6,2 % à 9,2 %, selon le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027 présenté le 1er octobre 2026. Pour un salarié payé au Smic, cela représente environ 0,92 € de moins chaque jour d’arrêt, et jusqu’à 1,29 € au plafond de l’indemnité.
Rien n’est encore voté : le Parlement doit examiner le texte, et la date d’application n’a pas été publiée.
La CSG des indemnités passerait de 6,2 % à 9,2 %
Le gouvernement propose d’aligner la CSG des indemnités journalières sur celle des revenus d’activité, selon LCP. La mesure figure dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, présenté en Conseil des ministres le 1er octobre 2026.
Le texte complet n’était pas encore consultable ce jour-là. Une entrée en vigueur en 2027 suppose son adoption par le Parlement.
Le gouvernement chiffre à 2 milliards d’euros les économies attendues sur les arrêts de travail en 2027 : 1 milliard grâce à ces mesures, 1 milliard grâce à une négociation avec les partenaires sociaux qui doit s’ouvrir dans les prochains jours.
Environ 1 € de moins par jour d’arrêt, le calcul par salaire
L’indemnité journalière maladie vaut 50 % du salaire journalier de référence, obtenu en divisant par 91,25 les salaires bruts des trois derniers mois. Elle est plafonnée à 42,97 € par jour depuis le 1er juillet 2026, ce qui correspond à 1,4 Smic.
Trois points de CSG supplémentaires s’appliquent à cette indemnité brute. Le tableau compare l’écart sur un mois de 30 jours, dont 27 jours indemnisés après les 3 jours de carence.
| Salaire brut mensuel | Indemnité brute par jour | Écart par jour | Écart sur 27 jours |
|---|---|---|---|
| 1 867 € (Smic) | 30,69 € | 0,92 € | 24,86 € |
| 2 000 € | 32,87 € | 0,99 € | 26,62 € |
| 2 400 € | 39,45 € | 1,18 € | 31,96 € |
| 2 614 € et plus | 42,97 € (plafond) | 1,29 € | 34,81 € |
Ces montants sont des estimations calculées avec la règle des 50 %, avant CRDS et hors complément éventuel de l’employeur.
Près de 6 millions de salariés ont un arrêt indemnisé chaque année
En 2023, 28 % des salariés du privé et des contractuels du public ont eu au moins une absence indemnisée, selon l’étude de l’Assurance maladie et de la DREES publiée le 13 décembre 2024. L’étude porte sur environ 21 millions de personnes, soit près de 6 millions de salariés concernés.
Les arrêts maladie ont coûté 10,2 milliards d’euros d’indemnités cette année-là, soit 60 % des dépenses d’indemnités journalières. Les absences de plus de six mois représentent 7 % des arrêts mais 45 % des dépenses.
Comme la CSG se calcule sur le montant perçu, un arrêt long coûte davantage qu’un arrêt court : un arrêt de trois mois à 32,87 € par jour représente environ 86 € d’écart, contre moins de 7 € pour une semaine.
Accident du travail : plafond à 1,8 Smic et exonérations en question
Un décret prévoit d’abaisser à 1,8 Smic le salaire pris en compte pour les indemnités après un accident du travail ou une maladie professionnelle. L’objectif est de conserver une prise en charge plus favorable que pour la maladie, et les employeurs compenseraient cette baisse pour la majorité des salariés, d’après LCP.
LCP rappelle aussi que des exonérations existent aujourd’hui : totale pour certaines affections de longue durée, de 50 % pour les accidents du travail. Le texte complet devra préciser ce qu’il en advient.
Comment mesurer l’écart sur ses propres indemnités
Le décompte de paiement des indemnités journalières, disponible dans le compte ameli, sert de point de départ pour mesurer l’écart.
- Relever le montant brut de l’indemnité journalière sur le décompte.
- Calculer 3 % de ce montant brut : c’est l’écart quotidien si le taux passe à 9,2 %.
- Multiplier cet écart par le nombre de jours indemnisés, 27 pour un mois de 30 jours.
- Consulter la fiche de paie pour le complément de l’employeur, qui suit ses propres règles.
Rien n’est voté, et d’autres règles changent déjà sur les arrêts
Le taux de 9,2 %, les exonérations et la date d’entrée en vigueur peuvent encore évoluer pendant l’examen parlementaire. Les estimations ci-dessus supposent le taux plein, sans exonération.
Les arrêts de travail sont déjà concernés par d’autres changements : la durée d’indemnisation ramenée à un an le 15 octobre, la pénalité de la CPAM en vigueur depuis le 19 septembre et les prescriptions plafonnées à 31 jours. Le guide emploi, retraite et formation 2026 rassemble les autres démarches du moment.
Sources : présentation du projet de budget de la Sécurité sociale 2027 du 1er octobre 2026, étude Assurance maladie et DREES du 13 décembre 2024, plafond et règle de calcul de l’indemnité journalière en vigueur au 1er juillet 2026.
























