Le milliardaire Olivier Bouygues, 75 ans, comparaît depuis ce lundi devant le tribunal correctionnel d’Orléans, aux côtés de cinq autres personnes. Ils sont jugés pour la destruction d’espèces animales protégées, après la découverte d’un charnier de rapaces sur son domaine de chasse en Sologne. Les associations de défense de l’environnement qualifient ce procès d’« inédit ».
L’essentiel
- Olivier Bouygues, 75 ans, jugé avec cinq coprévenus au tribunal correctionnel d’Orléans
- Un charnier de faucons crécerelles, buses et grands cormorans découvert sur son domaine de 600 hectares en Sologne
- Jusqu’à sept ans de prison et 750 000 euros d’amende encourus
- Le milliardaire se défend : « Je ne savais pas »
Ce qu’on sait
Le tribunal correctionnel d’Orléans a ouvert lundi matin le procès d’Olivier Bouygues et de cinq coprévenus. Tous sont poursuivis pour avoir porté atteinte, en groupe organisé, à la conservation d’espèces protégées, et pour destruction d’animaux non domestiques.
Les faits se seraient déroulés sur le domaine de la Fontenaille, 600 hectares de forêt à La Ferté-Saint-Aubin, dans le Loiret. Selon franceinfo et Orange Actualités, les enquêteurs y auraient mis au jour un amoncellement de cadavres de rapaces et d’oiseaux d’eau protégés : faucons crécerelles, grandes aigrettes, busards, buses variables et grands cormorans.
Des armes et des documents mentionnant les espèces à abattre auraient aussi été retrouvés sur place, ainsi qu’une cinquantaine de pièges à mâchoires — un dispositif prohibé en France depuis 1995. Plusieurs chats auraient également été tués, selon les mêmes sources.
Interrogé à la barre, Olivier Bouygues a assuré, selon des propos rapportés par la chaîne publique ICI : « Je ne savais pas ».
Les autres prévenus contestent également une partie des faits qui leur sont reprochés, « niés en tout ou pour partie selon les personnes impliquées », précise Orange Actualités.
Le contexte
Une douzaine d’associations de protection de la nature, dont la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), se sont constituées parties civiles, aux côtés de la fédération départementale des chasseurs du Loiret.
Le président de la Ligue pour la protection des oiseaux, Allain Bougrain-Dubourg, a estimé, selon des propos rapportés par Euronews, que la biodiversité pouvait souffrir et que la loi s’appliquait aussi à ceux qui disposent de gros moyens.
Les investigations évoquent des pratiques qui se seraient poursuivies pendant plusieurs années sur ce domaine de chasse privé. Les associations parlent d’un dossier qu’elles jugent totalement inédit dans la justice française, par l’ampleur du charnier découvert et la notoriété du principal prévenu.
D’autres personnalités doivent elles aussi se présenter prochainement devant la justice, à l’image de Rachida Dati avant son procès pour corruption. Les atteintes aux espèces protégées font par ailleurs l’objet d’une surveillance renforcée en France, comme l’a montré récemment une saisie majeure de pangolins à l’aéroport de Bordeaux.
La suite
L’audience doit se poursuivre mardi devant le tribunal correctionnel d’Orléans. Les réquisitions du parquet et les plaidoiries de la défense sont attendues avant que l’affaire ne soit mise en délibéré.
Olivier Bouygues et ses coprévenus bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’au jugement. Ils encourent jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 750 000 euros d’amende s’ils sont reconnus coupables des faits qui leur sont reprochés.














