À retenir
- Le 88e prix Albert-Londres de la presse écrite va à Bruno Meyerfeld, grand reporter au Monde, mardi 27 octobre à Paris
- Le 42e prix de l’audiovisuel récompense Brice Lambert pour « Sexe faible », un documentaire diffusé par Arte sur l’IVG aux États-Unis
- Le 10e prix du livre revient à Arthur Sarradin, 26 ans, pour « Le Nom des ombres », paru au Seuil
- Les trois jurys ont départagé 162 candidatures, selon le site officiel du prix
Le Monde, Arte et un pigiste installé à Beyrouth se partagent le palmarès 2026 du prix Albert-Londres, la plus prestigieuse récompense du grand reportage francophone. Les trois lauréats ont été annoncés mardi 27 octobre au soir, au Théâtre de la Concorde, à Paris, lors d’une cérémonie retransmise en direct.
La compétition était serrée. Selon le site officiel du prix, 91 dossiers étaient en lice pour la presse écrite, 45 pour l’audiovisuel et 26 pour le livre.
Le Monde récompensé pour des reportages sur les peuples autochtones
Bruno Meyerfeld remporte la 88e édition du prix de la presse écrite pour une série de reportages publiés dans Le Monde sur les peuples autochtones. Ancien correspondant du quotidien au Brésil, il avait déjà figuré parmi les sélectionnés en 2022 et en 2023.
Sa rédaction partait avec une large avance. Trois des neuf dossiers sélectionnés venaient du Monde, avec ceux d’Eliott Brachet et de Léonid Stein, tandis que Libération, Mediapart, L’Orient-Le Jour et Le Nouvel Obs plaçaient aussi des candidats.
Le trophée change de maison par rapport à 2025, où il avait couronné une chroniqueuse judiciaire de Libération.
Arte primé pour un film sur l’IVG dans le Sud des États-Unis
Côté audiovisuel, Brice Lambert est distingué pour Sexe faible, l’Amérique en guerre contre ses femmes, produit par Studio Fact Presse et diffusé sur Arte le 6 octobre. Le film parcourt l’Oklahoma, le Wisconsin, le Kansas et la Géorgie pour recueillir la parole de femmes touchées par les restrictions de l’avortement.
Le documentaire part de l’arrêt Dobbs de la Cour suprême, rendu le 24 juin 2022, qui a renvoyé à chaque État la décision d’autoriser ou d’interdire l’IVG. Il documente notamment la hausse de la mortalité maternelle dans les États qui l’ont proscrite.
Arte avait deux autres films dans la sélection. Lambert devance aussi France Télévisions, BFMTV et Mediapart, en lice avec des enquêtes sur l’Afghanistan, Gaza et Sainte-Soline.
Arthur Sarradin, 26 ans, raconte les prisons syriennes
Le prix du livre, doté de 3 000 euros, couronne Le Nom des ombres. Sortir de l’enfer concentrationnaire syrien, paru au Seuil en octobre 2025. L’ouvrage rassemble des témoignages d’anciens détenus des centres de détention syriens.
Diplômé de l’université Saint-Joseph de Beyrouth, Arthur Sarradin a 26 ans. Il couvre le Moyen-Orient comme correspondant pour Libération, Radio France, TF1 et LCI, Radio-Canada, la RTS, Paris Match, RTL Belgique et TV5 Monde.
Le livre s’était vendu à environ 1 000 exemplaires selon NielsenIQ Bookdata, indique Livres Hebdo, qui précise qu’il avait déjà reçu le prix des Assises du journalisme 2026. Le jury l’a rapproché de Svetlana Alexievitch et de Si c’est un homme de Primo Levi.
« Il faut une écoute et une empathie totale », a confié le lauréat à Télérama pour décrire son travail auprès des survivants.
Il l’emporte face à Élise Blanchard, Romane Brisard, Paul Gasnier et Geoffrey Le Guilcher.










