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Fuite de plaques d’immatriculation : un pirate en revendique 847 000

Un fichier de 905 000 lignes reliant plaques, noms et téléphones serait en vente, sans confirmation officielle. Comment repérer un faux avis d'amende.

Journaliste — Publié le
6 min de lecture
Gros plan sur une plaque d'immatriculation de voiture avec une bande réfléchissante
Photo : Magda Ehlers / Pexels

À retenir

  • Le 24 octobre 2026, un pirate nommé ChimeraZ a proposé sur un forum criminel un fichier de 847 064 plaques françaises, selon Clubic
  • Les lignes associeraient plaque, nom, adresse postale, e-mail et téléphone ; l’origine des données reste inconnue
  • Aucun organisme n’a confirmé la fuite, et rien ne prouve que le fichier des cartes grises (SIV) soit en cause
  • L’ANTAI ne demande jamais de payer une amende par SMS : ne cliquez sur aucun lien, même avec votre vraie plaque
Au sommaire
  1. ChimeraZ propose 847 064 plaques liées à des noms et des téléphones
  2. Aucun organisme n’a confirmé la fuite, et son origine reste inconnue
  3. Un faux SMS de l’ANTAI citant votre vraie plaque semblerait crédible
  4. Une plaque usurpée se règle avec un nouveau numéro à 2,76 €

Un pirate se présentant sous le pseudonyme ChimeraZ affirme détenir un fichier qui relie 847 064 plaques d’immatriculation françaises à des noms, des adresses et des numéros de téléphone. Il l’a proposé à la vente le 24 octobre 2026 sur un forum cybercriminel, selon Clubic. La fuite n’est pas confirmée à ce stade.

ChimeraZ propose 847 064 plaques liées à des noms et des téléphones

Le fichier annoncé pèse 175 Mo et compte 905 097 lignes. Il contiendrait 847 064 plaques distinctes, 506 003 adresses e-mail et 474 906 numéros de téléphone, auxquels s’ajoutent noms, prénoms et adresses postales, parfois très détaillées. Un propriétaire pouvant posséder plusieurs véhicules, ces chiffres ne désignent pas autant de personnes.

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Les extraits analysés par le site FrenchBreaches portent des dates comprises entre 2017 et 2026, dont la signification n’est pas établie. Ils ne font apparaître ni mot de passe, ni numéro de sécurité sociale, ni coordonnées bancaires, ce qui n’exclut pas que l’archive complète en contienne.

Aucun organisme n’a confirmé la fuite, et son origine reste inconnue

Le pirate évoque un « site vulnérable » qu’il refuse de nommer tant que les failles ne sont pas corrigées. Rien ne permet de mettre en cause le fichier des cartes grises tenu par l’État, le SIV. Aucune réaction du ministère de l’Intérieur, de l’ANTAI ou de la CNIL n’a été rapportée à l’heure où nous publions.

Si la fuite se confirme, l’organisme concerné devra la signaler à la CNIL sous 72 heures et prévenir les personnes touchées lorsque le risque est élevé, comme l’impose le RGPD. ChimeraZ annonce aussi un second fichier, de « probablement 2 millions de plaques », dans les prochains jours. Son existence n’est pas établie.

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Un faux SMS de l’ANTAI citant votre vraie plaque semblerait crédible

Le risque immédiat est l’hameçonnage. Un message imitant l’ANTAI, l’agence qui traite les amendes, pourrait afficher votre vraie plaque ou votre adresse pour paraître authentique, puis vous renvoyer vers un faux site de paiement. Des appels de faux garages ou des demandes de paiement de réparations inventées sont aussi à craindre. Le principe est le même que dans l’arnaque WhatsApp au faux vote qui a piégé un député : la crédibilité vient d’un détail réel.

L’ANTAI ne demande jamais de régler une amende par SMS. Un vrai avis arrive en général par courrier, ou par e-mail si vous avez accepté les notifications électroniques. Même dans ce cas, l’adresse de l’expéditeur ne prouve rien. Voici la marche à suivre :

  1. Ne cliquez sur aucun lien, même si la plaque affichée est la vôtre.
  2. Tapez vous-même antai.gouv.fr dans votre navigateur et saisissez les références de l’avis ; ne payez que sur amendes.gouv.fr.
  3. Transférez le SMS frauduleux au 33700 ; le signalement est aussi possible sur cybermalveillance.gouv.fr.
  4. Si vous avez saisi vos coordonnées bancaires sur un faux site, appelez votre banque pour faire opposition et conservez les preuves.

Une plaque usurpée se règle avec un nouveau numéro à 2,76 €

Un risque voisin existe : la « doublette », quand de fausses plaques reproduisent votre numéro et que les amendes arrivent chez vous. Le ministère de l’Intérieur recensait plus de 23 000 plaintes pour usurpation de plaque ou usage de fausses plaques en 2023.

Face à une amende pour une infraction que vous n’avez pas commise, ne payez pas à la hâte : payer revient à reconnaître l’infraction. Contestez dans les 45 jours (30 jours pour une amende majorée), portez plainte et joignez le récépissé. Si les avis continuent, un nouveau numéro d’immatriculation peut être demandé sur le site de l’ANTS. La démarche est gratuite, hors 2,76 € de frais d’envoi, et les nouvelles plaques restent à la charge du propriétaire. Prévenez ensuite votre assureur.

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