À retenir
- Un député MoDem a perdu la main sur son compte WhatsApp après un faux vote, selon une enquête de franceinfo publiée le 22 octobre 2026
- Le message demande de soutenir la fille d’un proche, souvent prénommée Eliska ou Sophie, dans un prétendu concours de danse
- Le code saisi sur la fausse page de vote relie le compte de la victime à un appareil contrôlé par les escrocs
- La vérification en deux étapes et le menu des appareils connectés suffisent à bloquer ou couper l’accès des pirates
📑 Au sommaire
Le faux vote pour une jeune danseuse est arrivé jusqu’à l’Assemblée nationale. Un député MoDem reconnaît avoir été piégé par cette arnaque WhatsApp, révèle une enquête du service numérique de Radio France publiée jeudi 22 octobre par franceinfo.
Le message ressemble à une demande banale entre proches. Il réclame un clic pour aider l’enfant d’amis à remporter un concours. Derrière le lien se cache une prise de contrôle du compte.
Un député MoDem piégé par « la petite danseuse »
L’élu explique avoir baissé la garde parce que le message venait d’un contact professionnel. Il s’est aperçu du piratage quand son application s’est bloquée.
Le service de cybersécurité de l’Assemblée nationale est intervenu aussitôt. Un porte-parole de l’institution indique à franceinfo qu’« à ce stade, tout semble rentré dans l’ordre ».
Un autre député a reçu le même message, envoyé par un ami dont le compte avait déjà été détourné. L’Assemblée prévoyait d’adresser le 22 octobre un message de prévention à tous les parlementaires et à leurs collaborateurs, sans communiquer le nombre de victimes.
Eliska, Sophie : le même prétexte du concours de danse
Les versions changent peu. « Salut, pourrais-tu voter pour la fille de mes amis ? » : la demande vise une fillette, souvent appelée Eliska ou Sophie, qui pourrait gagner un cours de danse.
Le lien mène vers une page imitant le site d’une académie de danse, installée à Prague selon ICI. Pour voter, il faut indiquer son numéro de téléphone, puis recopier un code reçu sur WhatsApp.
C’est ce geste qui ouvre la porte.
Six chiffres qui livrent le compte aux escrocs
Le code ne valide aucun vote. Il autorise l’association d’un nouvel appareil au compte : on parle d’« appareillage fantôme ». Les escrocs se connectent alors sans mot de passe et sans que le téléphone de la victime change de mains.
Ils accèdent aux conversations privées et professionnelles, aux contacts, aux photos et aux vidéos. Le compte sert ensuite à envoyer le même faux vote à tout le carnet d’adresses, ou à réclamer de l’argent en se faisant passer pour son propriétaire.
Le procédé n’est pas nouveau. En septembre 2025, l’éditeur de sécurité Kaspersky décrivait déjà une campagne de faux votes, à l’époque autour de jeunes sportifs, qui récupérait les codes de vérification pour activer une session pirate.
Vérification en deux étapes et appareils connectés : les deux réglages à contrôler
Deux minutes suffisent pour fermer cette porte. Les deux réglages se trouvent dans les paramètres de l’application.
- Activer la vérification en deux étapes, dans la rubrique Compte des paramètres : WhatsApp demande alors un code PIN personnel à six chiffres, distinct du code reçu par SMS, à chaque connexion sur un nouvel appareil.
- Ouvrir le menu Appareils connectés et déconnecter tout ordinateur, navigateur ou téléphone qui n’est pas le vôtre.
- Ne jamais recopier un code WhatsApp sur un site, ni le transmettre à un contact, même proche.
- En cas de doute sur un message, appeler l’expéditeur ou lui écrire par un autre canal avant de cliquer.
Même si un pirate obtient le code reçu par SMS, le code PIN de la vérification en deux étapes reste une barrière qu’il ne connaît pas.
Compte déjà détourné : prévenir ses contacts par SMS ou par téléphone
La priorité est de couper l’accès en supprimant les appareils inconnus dans le menu Appareils connectés. Il faut ensuite avertir ses proches par un autre moyen que WhatsApp, pour qu’ils ne répondent à aucune demande d’argent envoyée en votre nom.
Si une somme a déjà été versée, contactez votre banque sans attendre. La plateforme publique cybermalveillance.gouv.fr oriente les victimes de piratage vers les démarches et les professionnels adaptés.
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