À retenir
- Kristalina Georgieva a estimé mercredi 14 octobre, à Bangkok, que Paris mettra du temps à regagner la pleine confiance des investisseurs
- Le gouvernement Lecornu vise un déficit public de 5 % du PIB en 2027, contre 5,4 % attendu par Bercy pour 2026
- La partie recettes du budget 2027 a été rejetée en commission des finances par 31 voix contre 3, le 9 octobre
- Les députés se prononcent sur ce volet lors d’un vote solennel prévu le 20 octobre
La directrice générale du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva, a prévenu mercredi 14 octobre que la France ne regagnerait pas immédiatement la confiance des marchés financiers. Elle s’exprimait en conférence de presse lors des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, organisées cette année à Bangkok.
Elle a reconnu que Paris cherche à faire adopter un budget qui engage le déficit et la dette sur une pente descendante. Mais ramener ces deux indicateurs à un niveau jugé rassurant par la population comme par les investisseurs prendra du temps, a-t-elle ajouté.
« Il faudra du temps », a résumé la dirigeante bulgare, avant de parler de retrouver « l’entière confiance » des marchés.
Depuis Bangkok, Kristalina Georgieva vise toutes les économies avancées
La France n’est pas la seule visée. Le FMI appelle l’ensemble des pays développés à restaurer leur discipline budgétaire, alors que les rendements de leurs obligations d’État grimpent sur les marchés.
« Il faut réparer d’urgence les fondations budgétaires avant que les fissures ne s’élargissent », a lancé Kristalina Georgieva. Sa feuille de route tient en trois points : augmenter les recettes, rationaliser les dépenses et mieux gérer les finances publiques.
Le message prolonge celui qu’elle avait adressé à Paris une semaine plus tôt. Dans un entretien diffusé le 7 octobre par CNBC, elle invitait déjà la France à « mettre de l’ordre » dans ses comptes.
Le déficit attendu à 5,4 % du PIB en 2026, 5 % visés en 2027
Le contexte budgétaire explique cette prudence. Bercy anticipe désormais un déficit public de 5,4 % du PIB en 2026, après 5,1 % en 2025, alors qu’une baisse était prévue.
Présenté en Conseil des ministres le 1er octobre, le projet de loi de finances pour 2027 fixe une cible de 5 %. Il repose sur un effort de 54 milliards d’euros, dont 43 milliards de mesures nouvelles, et sur une croissance attendue à 1 %.
Le FMI avait déjà émis des doutes au printemps. Dans sa déclaration de fin de mission publiée le 21 mai, il jugeait le rythme de redressement insuffisant pour passer sous 3 % de déficit en 2029, sans mesures supplémentaires.
Le Fonds recommandait un effort structurel d’environ 0,8 point de PIB par an entre 2027 et 2029. Il relevait aussi que la dépense publique française, à 57,5 % du PIB en 2025, était la plus élevée de la zone euro.
À l’Assemblée, le vote solennel du 20 octobre comme premier test
Le texte arrive dans l’hémicycle en position fragile. Le 9 octobre, la commission des finances a rejeté sa partie recettes par 31 voix contre 3, avec 2 abstentions, comme nous l’avions détaillé dans notre article sur le vote des députés sur le plafond du Livret A.
Les amendements adoptés en commission réduisaient les recettes d’environ 10 milliards d’euros. Le gouvernement doit donc retrouver ces montants ou accepter un déficit supérieur à sa cible.
Les débats en séance publique se tiennent du 13 au 19 octobre. Un vote solennel sur la partie recettes est prévu le 20 octobre, puis un vote sur l’ensemble du texte le 17 novembre, avant sa transmission au Sénat.
Le volet social du budget avance en parallèle, avec des mesures qui touchent directement les ménages, comme la réforme envisagée de la majoration de retraite pour enfants.
























