Photo : Sanket Mishra / Pexels
TECHTech· 3 min

X publie son algorithme et un outil anti-shadowban, en pleine enquête pénale

Par Stéphane Larue · 14 août 2026

X a publié jeudi une partie du code source de son algorithme de recommandation et lance un outil permettant à ses utilisateurs de vérifier si leurs publications ont été « shadowbannées ». L’annonce intervient alors que la plateforme d’Elon Musk fait l’objet d’une enquête pénale ouverte par le parquet de Paris depuis juillet, portant précisément sur son algorithme.

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L’essentiel

  • X publie sur GitHub une version élargie du code de son moteur de classement « For You »
  • Un nouvel outil « Under the Hood » indique aux comptes actifs si leurs posts ont été limités en visibilité
  • Le parquet de Paris enquête depuis juillet sur d’éventuelles manipulations de cet algorithme
  • La Commission européenne a déjà jugé X en infraction avec le règlement sur les services numériques

Le vice-président produit de X, Keith Coleman, présente cette mise à jour comme « un niveau de transparence inédit sur l’algorithme de X ». Le code publié sous licence Apache 2.0 est dix à quinze fois plus volumineux que la précédente publication, avec le moteur de classement, les pondérations des signaux et les paramètres de filtrage. Les systèmes s’appuyant sur Grok pour détecter les contenus problématiques restent toutefois hors du périmètre, pour éviter tout contournement.

Comment fonctionne l’outil anti-shadowban

Accessible depuis les réglages, sous l’intitulé « Under the Hood », l’outil est pour l’instant testé auprès d’un nombre restreint de comptes ayant plus d’un an d’ancienneté et publiant régulièrement.

Il permet de télécharger un fichier au format JSON récapitulant, sur le dernier mois, les étiquettes appliquées au compte ou à certains posts : contenu sensible, spam, violence, usurpation d’identité ou encore infraction dite d’« intégrité civique », qui restreint la visibilité d’une publication au seul profil de son auteur.

Le terme shadowban désigne une restriction algorithmique invisible : le contenu n’est pas supprimé, mais sa diffusion est freinée sans que l’utilisateur en soit averti. Une pratique dénoncée depuis des années par des comptes français, sans qu’aucun outil officiel ne permette jusqu’ici de la vérifier.

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Une transparence qui arrive en pleine enquête judiciaire en France

Le calendrier n’a rien d’anodin. Le parquet de Paris a annoncé le 11 juillet l’ouverture d’une enquête visant X pour « altération du fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données » et extraction frauduleuse de données, à la suite de deux signalements déposés en janvier.

L’un émane du député Éric Bothorel, déjà à l’origine d’une plainte déposée à la Cnil contre ChatGPT. Les enquêteurs s’intéressent à une possible surreprésentation de contenus haineux ou racistes depuis le rachat de la plateforme par Elon Musk, et à une ingérence supposée dans sa gestion éditoriale.

X dénonce de son côté une démarche « politiquement motivée » et affirme ignorer la teneur exacte des accusations. Cette procédure fait écho à une plainte antérieure visant une manipulation présumée des algorithmes de la plateforme.

X déjà épinglé par Bruxelles

La France n’est pas seule à s’intéresser aux rouages de X. La Commission européenne a jugé la plateforme en infraction avec le règlement sur les services numériques (DSA) et enquête spécifiquement sur les systèmes de recommandation de X et de Grok, son assistant IA.

Ce nouvel outil de transparence pourrait servir d’argument face aux régulateurs européens, sans pour autant répondre aux demandes précises des enquêteurs français, qui réclament un accès direct à l’algorithme plutôt qu’un simple export de données agrégées.

La plateforme continue par ailleurs de faire évoluer ses fonctionnalités, après avoir fermé ses Communautés au profit de XChat plus tôt cette année. Reste à savoir si l’outil anti-shadowban sera généralisé à l’ensemble des utilisateurs français, ou cantonné à une poignée de comptes test.

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