À retenir
- L’OTRE a suspendu la mobilisation qu’elle prévoyait mercredi 21 et jeudi 22 octobre à Paris, après la confirmation écrite d’engagements du gouvernement
- Le gazole doit baisser de 12 à 18 centimes par litre à la pompe dès le 1er novembre, selon le Premier ministre ; TotalEnergies annonce 8 à 12 centimes
- Les aides de la deuxième vague doivent être versées en totalité d’ici fin octobre, les autres dossiers déposés d’ici fin novembre, selon l’OTRE
- La suspension n’est pas un retrait : l’OTRE vérifiera chaque échéance et prévient qu’elle peut reprendre la mobilisation
Au sommaire
L’OTRE, l’Organisation des transporteurs routiers européens, ne manifestera pas à Paris mercredi 21 et jeudi 22 octobre. Elle a suspendu ces deux journées de mobilisation après la confirmation écrite, par le gouvernement, de ses engagements sur le carburant, les aides et l’indexation.
Pour les automobilistes, l’enjeu est la baisse du gazole promise pour le 1er novembre. Elle ne porte que sur le gazole et dépendra de chaque distributeur.
Le gouvernement a confirmé ses engagements par écrit le 16 octobre
L’OTRE et la Fédération des autocaristes indépendants avaient annoncé début octobre une mobilisation à Paris à partir du 21 octobre, après un vote du conseil de l’organisation le 28 septembre. Les transporteurs réclamaient une baisse réelle du gazole à la pompe, un renforcement de l’indexation du prix du carburant dans les contrats et un versement plus rapide des aides.
Une réunion s’est tenue le 13 octobre au ministère des Transports. Le gouvernement a ensuite confirmé ses engagements le 16 octobre. Le président de l’OTRE, Alexis Gibergues, résume la décision : « Nous avons fait le choix de la responsabilité. » Il précise que la mobilisation est suspendue, pas retirée, et que chaque échéance sera contrôlée.
La FNTR, l’autre grande fédération du secteur, ne rejoint aucune mobilisation. Sa présidente, Florence Dupasquier, a déclaré : « Nous restons ouverts au dialogue, mais les entreprises ont besoin d’actes et vite. »
Aides, amendes, indexation : les échéances que l’OTRE va surveiller
Selon l’OTRE, le calendrier annoncé par le gouvernement comprend cinq points :
- Fin octobre : versement complet des aides de la deuxième vague, liée au mois de mai.
- Fin novembre : versement de tous les dossiers déposés à ce jour, pour plus de 200 millions d’euros au total.
- Indexation : le non-respect des clauses d’indexation relèverait d’amendes administratives, jusqu’à 90 000 € pour une personne physique et 450 000 € pour une entreprise, au lieu de procédures pénales.
- Voyageurs : l’indexation serait étendue au transport occasionnel de voyageurs.
- Début décembre : un groupe de travail doit proposer de généraliser les indices du Comité national routier à l’ensemble des contrats.
L’OTRE prévient qu’un retard ou un manquement pourrait entraîner une reprise immédiate de la mobilisation. Aucune nouvelle date n’est annoncée à ce stade.
Gazole : 12 à 18 centimes de moins attendus à la pompe dès le 1er novembre
La baisse repose sur un mécanisme annoncé le 12 octobre par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, après une réunion avec les distributeurs à Matignon. L’État vend 10 millions de barils de ses réserves stratégiques aux distributeurs, à prix réduit, à partir du 28 octobre. L’opération doit durer jusqu’au 31 janvier 2027.
Le Premier ministre attend 12 à 18 centimes de moins par litre de gazole pour les particuliers. TotalEnergies annonce de son côté 8 à 12 centimes pour les particuliers et 20 centimes pour le gazole non routier, utilisé en agriculture, dans le BTP et la pêche.
Le gazole coûtait en moyenne 2,371 € le litre lundi 19 octobre, selon notre relevé du jour d’après prix-carburants.gouv.fr. Sur un plein de 50 litres, 12 à 18 centimes représentent 6 à 9 € d’économie. C’est un calcul d’illustration : le prix payé dépendra de la station et du distributeur.
Ce que vous devez faire d’ici le 1er novembre
Aucune démarche n’est nécessaire pour profiter de la baisse : elle doit s’appliquer directement à la pompe. Quelques réflexes permettent toutefois de ne pas passer à côté.
- Automobilistes au gazole : relevez le prix de votre station habituelle avant le 1er novembre, puis comparez-le sur prix-carburants.gouv.fr dans les jours qui suivent. Si l’écart est inférieur à 12 centimes, comparez avec les stations voisines.
- Plein urgent : inutile de repousser un plein nécessaire. L’économie attendue, de 6 à 9 € pour 50 litres, ne justifie pas de risquer la panne sèche.
- Essence : les annonces ne portent que sur le gazole, aucune baisse équivalente n’a été annoncée pour le sans-plomb.
- Transporteurs : vérifiez que vos contrats contiennent une clause d’indexation sur le gazole et que vos dossiers d’aide sont déposés avant les échéances de fin octobre et de fin novembre.
Le décret qui doit fixer les détails du dispositif n’est pas encore connu. Il précisera comment la baisse doit se répercuter sur les prix de détail, et c’est à cette échéance que l’on saura si les 12 à 18 centimes se retrouvent réellement sur les tickets de caisse.





























