À retenir
- Le 24 septembre 2026, Santé publique France a accepté sa démission après des révélations portant sur plus de 100 000 euros versés par Pfizer à sa société, selon Le Monde.
- La déclaration publique d’intérêts se consulte sur DPI-Santé, le portail indiqué par l’agence.
- Transparence Santé recense séparément les conventions, rémunérations et avantages déclarés par les entreprises du secteur.
Hervé Maisonneuve a quitté sa fonction de référent à l’intégrité scientifique de Santé publique France, jeudi 24 septembre. L’agence a accepté sa démission après la révélation, par Le Monde, de versements de Pfizer à sa société de conseil qui ne figuraient pas dans ses déclarations d’intérêts. Pour comprendre ce que les documents publics permettent de vérifier, deux portails doivent être distingués.
Le médecin avait été nommé fin mars pour trois ans. Selon Le Monde, Pfizer a versé plus de 100 000 euros à sa société entre 2021 et 2023. Ce montant concerne l’entreprise du médecin, et ne doit pas être présenté comme une rémunération personnelle. Hervé Maisonneuve a indiqué au quotidien qu’il allait actualiser ses déclarations pour préciser les clients de sa société.
DPI-Santé publie les déclarations remplies par les intéressés
Sur sa page consacrée à la déontologie, Santé publique France renvoie vers le portail ministériel DPI-Santé pour la consultation des déclarations publiques d’intérêts. Ce registre permet de voir les liens déclarés par les personnes qui apportent leur concours à l’agence. L’organisme précise que ces déclarations concernent aussi ses experts et collaborateurs externes.
La déclaration doit couvrir les intérêts directs ou indirects susceptibles d’interférer avec les missions exercées. L’agence explique qu’elle examine notamment la nature d’un lien, son intensité et son rapport avec les travaux confiés. La consultation d’une déclaration renseigne donc sur ce qui a été porté à la connaissance de l’agence ; elle ne prouve pas, à elle seule, l’absence de tout autre lien.
Transparence Santé recense les versements signalés par les entreprises
Le second portail, Transparence Santé, est alimenté par les entreprises du secteur. Il publie les conventions, les rémunérations et les avantages qu’elles déclarent au bénéfice d’acteurs de la santé. La recherche peut porter sur un bénéficiaire ou une entreprise. Dans ce dossier, il faut vérifier à quel bénéficiaire est rattachée chaque ligne : un professionnel et sa société ne sont pas interchangeables.
Les deux bases répondent ainsi à des questions différentes : DPI-Santé présente les intérêts déclarés dans le cadre d’une mission ; Transparence Santé rend visibles des relations financières renseignées par les entreprises. Un montant ou une convention inscrit dans la seconde ne suffit pas, isolément, à conclure à un conflit d’intérêts. La question soulevée par Le Monde porte sur l’écart entre les versements rapportés et la déclaration faite pour une fonction de référent à l’intégrité.
Selon Le Monde, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a également demandé à l’agence d’examiner ses procédures de déclaration et de contrôle des liens d’intérêts. Santé publique France avait présenté en mars le rôle de son référent comme une mission de vigilance, de prévention et de traitement des manquements à l’intégrité scientifique. Les suites de cet examen n’étaient pas encore annoncées au moment des informations publiées jeudi.






















