À retenir
- Le jeudi 15 octobre 2026, le secrétariat général de l’Éducation nationale a demandé aux recteurs de retirer de la paye les jours non travaillés par certains enseignants.
- La consigne vise les absents sans motif, les professeurs qui n’accueillent pas leurs élèves et ceux qui n’assurent aucun suivi à distance.
- Le ministre Édouard Geffray défend une procédure appliquée à chaque grève, et son cabinet dément tout fichage des personnels.
- Les syndicats de l’Éducation nationale et six organisations de jeunesse appellent à une nouvelle journée de grève le mardi 10 novembre.
Au sommaire
Un message interne du ministère de l’Éducation nationale, daté du jeudi 15 octobre 2026, relance la colère dans les lycées mobilisés. Adressé aux recteurs d’académie, il demande de décompter des jours de grève à des enseignants qui n’ont pas fait leur service, même sans s’être déclarés grévistes.
La députée insoumise Marie Mesmeur en a publié une capture d’écran sur X le lundi 2 novembre, rapporte franceinfo. La polémique tombe en pleine contestation lycéenne, une semaine avant une nouvelle grève nationale.
Le mail du 15 octobre cible trois situations d’enseignants
Le message émane de la secrétaire générale du ministère. Il a été envoyé aux recteurs et aux secrétaires généraux d’académie, avec le cabinet du ministre en copie.
Trois cas y sont distingués. Le premier concerne les professeurs « absents sans motif ». Le deuxième vise ceux qui refusent d’accueillir leurs élèves quand le lycée reste ouvert, et le troisième ceux qui renoncent à « assurer la continuité pédagogique » à distance quand l’établissement est fermé.
Le tableau suivant résume le traitement prévu pour chaque cas, d’après le message et les précisions du cabinet du ministre.
| Situation de l’enseignant | Traitement prévu |
|---|---|
| Absent sans motif | Jour compté comme grève |
| Élèves non accueillis, lycée ouvert | Jour compté comme grève |
| Aucun travail à distance, lycée fermé | Jour compté comme grève |
| Simple présence au blocage | Insuffisante, selon le cabinet |
Un trentième du salaire retenu par jour décompté
Pour un fonctionnaire de l’État, chaque journée de grève entraîne une retenue d’un trentième de la rémunération mensuelle. Le mail étend donc cette règle à des absences qui n’ont pas été déclarées comme grève.
Les syndicats contestent ce raisonnement. Selon eux, un enseignant empêché d’entrer dans un lycée fermé ne peut pas être considéré automatiquement comme gréviste, et aucun texte n’impose de remplacer les cours par de la visioconférence en cas de blocage.
Le droit de grève dans la fonction publique obéit à ses propres règles, détaillées dans notre article sur ce que la loi garantit un jour de grève.
Édouard Geffray défend une procédure « classique »
Le ministre de l’Éducation nationale qualifie cette consigne de « classique », appliquée lors de chaque mouvement social. Son cabinet assure qu’il n’existe aucun fichage des enseignants et qu’une présence au blocage ne suffit pas à établir un manquement.
Sur le terrain, les syndicats interrogés par franceinfo n’avaient connaissance d’aucune consigne transmise aux collègues trois semaines après l’envoi du message.
L’opposition prépare sa riposte. Le député insoumis du Val-d’Oise Paul Vannier envisagerait une action en justice, selon L’Humanité.
Votre argent, vos droitsVirement Caf du 5 novembre : les vrais montants maximum, aide par aide→Une nouvelle grève fixée au mardi 10 novembre
L’intersyndicale de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche appelle à amplifier la mobilisation le mardi 10 novembre. L’USL, l’Union étudiante, l’Unef, la Fage, la FSE et Solidaires étudiant-e-s se joignent à l’appel.
Les organisations réclament une hausse des salaires et une amélioration des carrières. Elles dénoncent aussi la réponse autoritaire du gouvernement face aux blocages et les fermetures administratives de campus.
Cette journée suivra la conférence sociale réunissant syndicats et patronat le lundi 9 novembre. Les revendications de l’intersyndicale sont détaillées dans notre article sur l’appel à la grève de mardi dans l’Éducation.
Votre avis nous intéresse
Une réaction, un témoignage, une précision ? Écrivez-nous en quelques lignes : la rédaction relit chaque message avant de le publier.



