À retenir
- Veradermics a annoncé le 19 octobre 2026 des résultats positifs pour l’étude de phase 3 « 304 » de son comprimé VDPHL01
- Après six mois, la prise biquotidienne a apporté en moyenne 36,4 cheveux par cm², contre 6,6 sous placebo
- Le laboratoire ne rapporte aucun effet indésirable grave lié au traitement ni d’événement cardiaque d’intérêt particulier
- Le comprimé n’est autorisé dans aucun pays et la France n’autorise le minoxidil oral que contre l’hypertension sévère
Au sommaire
Veradermics, laboratoire américain coté à la Bourse de New York, a annoncé lundi 19 octobre que son comprimé VDPHL01 avait atteint tous ses critères principaux et secondaires dans une étude de phase 3 menée chez des hommes atteints d’alopécie androgénétique.
Le produit est une formulation de minoxidil à libération prolongée. C’est la même molécule que celle des lotions antichute vendues en pharmacie.
Il s’agit du deuxième essai d’enregistrement positif pour ce comprimé, après l’étude « 302 », publiée en avril.
536 hommes suivis six mois dans l’étude 304 de Veradermics
L’essai a inclus 536 hommes souffrant d’une chute de cheveux légère à modérée. Ils ont reçu par tirage au sort 8,5 mg de VDPHL01 une fois par jour, la même dose deux fois par jour, ou un placebo.
Au sixième mois, le nombre de cheveux sur la zone mesurée a augmenté de 28,6 par cm² avec une prise quotidienne et de 36,4 par cm² avec deux prises, contre 6,6 sous placebo, selon le communiqué du laboratoire.
L’écart avec le placebo était statistiquement significatif dès le deuxième mois, premier point de mesure.
Interrogés sur l’évolution de leur chevelure, 55,7 % des participants du groupe à une prise et 68,7 % de ceux du groupe à deux prises l’ont jugée « améliorée » ou « très améliorée ». C’était le cas de 15 % des participants sous placebo.
« Avec les premiers résultats de notre étude de phase 3 304, nous avons désormais présenté des données positives contre placebo issues de deux essais d’enregistrement », a déclaré Reid Waldman, directeur général de Veradermics.
Œdèmes et pilosité excessive, principaux effets relevés sous VDPHL01
Le laboratoire indique n’avoir observé aucun effet indésirable grave lié au traitement.
Des œdèmes périphériques (gonflements, souvent aux jambes) ont touché 2,8 % des participants à une prise et 4,5 % de ceux à deux prises, contre 0,6 % sous placebo.
Une hypertrichose, c’est-à-dire une pousse excessive de poils sur le corps, a été relevée chez 2,2 % et 9 % des participants, et chez aucun participant sous placebo. Les arrêts de traitement pour ces deux effets n’ont pas dépassé 0,6 % par groupe.
« Les résultats montrent une forte probabilité d’amélioration visible, avec un profil de sécurité et de tolérance encourageant », a commenté Antonella Tosti, professeure de dermatologie à l’université de Miami, citée par le laboratoire.
Ces données couvrent les six mois de comparaison au placebo. Les participants poursuivent ensuite le traitement jusqu’à 52 semaines.
En France, le minoxidil oral n’est autorisé que contre l’hypertension sévère
Le seul minoxidil en comprimé disponible en France est le Lonoten, de Pfizer, dosé à 5 ou 10 mg. Selon la base de données publique des médicaments, il est réservé à l’hypertension artérielle sévère, après échec d’au moins deux antihypertenseurs dont un diurétique.
Ce médicament est inscrit sur la liste I et n’est délivré que sur ordonnance. Sa notice mentionne l’hypertrichose parmi ses effets fréquents.
Toute prescription de minoxidil par voie orale contre la chute de cheveux se fait donc hors autorisation de mise sur le marché. Contre l’alopécie androgénétique, la France n’autorise le minoxidil qu’en solution à appliquer sur le cuir chevelu.
Aux États-Unis, le seul comprimé autorisé contre la calvitie masculine est le finastéride, approuvé en 1997, qui agit sur les hormones. S’il était autorisé, VDPHL01 deviendrait le premier traitement oral non hormonal de la chute de cheveux androgénétique.
Un essai chez 556 femmes attendu au premier semestre 2027
Veradermics prévoit de publier d’ici la fin de 2026 les résultats à douze mois de l’étude 302.
L’étude 306, menée chez 556 femmes à la dose de 4,5 mg, a terminé son recrutement en août. Ses premiers résultats sont attendus au premier semestre 2027.
Le communiqué ne donne aucune date de dépôt de dossier auprès de l’Agence américaine du médicament (FDA).





























