Character.AI en faillite : Disney rachète des actifs pour 20 millions de dollars

La plateforme de chatbots a déposé le bilan aux États-Unis. Disney lui achète une partie de ses actifs, mais l'avenir de l'application dépend désormais d'une vente supervisée par un tribunal.

Stéphane Larue
Par
Stéphane Larue — article rédigé avec l’IA
Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure...
5 min de lecture

À retenir

  • Character.AI a déposé le bilan sous le Chapter 11 américain, avec 50 à 100 millions de dollars d’actifs et de dettes, selon TechCrunch
  • Disney achète une partie des actifs pour 20 millions de dollars et obtient une licence perpétuelle non exclusive sur la technologie
  • Sans offre de reprise, la plateforme sera arrêtée, a prévenu le directeur général Colin Adams
  • La vente doit se conclure fin novembre ou début décembre
Au sommaire
  1. Disney paie 20 millions de dollars et récupère une licence perpétuelle
  2. Disney avait mis Character.AI en demeure il y a un an
  3. De 20 millions d’utilisateurs mensuels aux plaintes sur les mineurs
  4. Que deviennent les conversations d’ici la vente de fin novembre ?

Character.AI, la plateforme où l’on discute avec des personnages créés par intelligence artificielle, a déposé le bilan aux États-Unis sous la procédure du Chapter 11, selon TechCrunch. Le groupe Disney lui rachète dans le même temps une partie de ses actifs.

Disney paie 20 millions de dollars et récupère une licence perpétuelle

Dans un document judiciaire, la société indique que ses actifs comme ses dettes se situent chacun entre 50 et 100 millions de dollars. Le tribunal saisi n’est pas nommé et aucun détail n’est donné sur la composition de ces montants.

Publicité

Disney verse 20 millions de dollars et obtient une licence non exclusive et perpétuelle sur la technologie de Character.AI. Les actifs concernés ne sont pas précisés.

La transition sera assurée par d’anciens salariés de la plateforme entrés chez Disney le mois dernier, ainsi que par l’ancien directeur général Karandeep Singh Anand. La vente doit être finalisée fin novembre ou début décembre.

Le directeur général actuel, Colin Adams, explique que le conseil d’administration a jugé cette procédure supervisée par un tribunal comme la meilleure option. Il espère qu’elle fera émerger une offre permettant de poursuivre l’activité, faute de quoi la plateforme sera arrêtée. En attendant, le service continue de fonctionner.

Disney avait mis Character.AI en demeure il y a un an

Le rapprochement est d’autant plus notable que les deux groupes se sont affrontés. Fin septembre 2025, Disney avait envoyé une lettre de mise en demeure exigeant l’arrêt de l’utilisation de ses personnages, issus notamment de Pixar, de Star Wars et de l’univers Marvel, rapportait Engadget.

Le courrier évoquait aussi des échanges jugés « sexuellement exploitants » et dangereux pour des mineurs. Character.AI avait répondu qu’elle respectait les droits des ayants droit et que ces personnages avaient été retirés.

Publicité

De 20 millions d’utilisateurs mensuels aux plaintes sur les mineurs

Fondée fin 2021 par les anciens ingénieurs de Google Noam Shazeer et Daniel De Freitas, la plateforme est devenue une licorne en septembre 2022 après une levée de 150 millions de dollars. En août 2024, Google a versé 2,7 milliards de dollars pour licencier ses modèles, et les deux fondateurs sont retournés chez lui.

Character.AI revendiquait 20 millions d’utilisateurs actifs par mois en octobre 2024. Le même mois, une plainte déposée en Floride par la mère d’un adolescent de 14 ans, mort par suicide, affirmait qu’il était devenu obsédé par un chatbot de la plateforme.

Le procureur général du Texas a ouvert une enquête en décembre 2024 sur le respect des lois de protection des données et de la sécurité des enfants. La société a ensuite réglé une partie des litiges, renforcé ses protections et interdit la plateforme aux mineurs.

Que deviennent les conversations d’ici la vente de fin novembre ?

TechCrunch ne dit rien du sort des conversations conservées par la plateforme en cas d’arrêt du service. L’article ne précise pas non plus si les comptes seraient transférés à un repreneur.

Un utilisateur résidant dans l’Union européenne peut demander à l’éditeur l’effacement de ses données personnelles, au titre de l’article 17 du RGPD. En cas de réponse insatisfaisante, il peut saisir la CNIL. Le calendrier de la vente, lui, laisse jusqu’à fin novembre pour agir avant une éventuelle fermeture.

Publicité

Nos sources

Une erreur ? Signalez-la.

Partager cet article
Suivre :
Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure une veille quotidienne sur les sujets d information générale, en s appuyant sur les sources officielles et les communiqués de presse. Il publie également des analyses, des interviews et des sélections éditoriales à destination d un large public.