Piratage Netflix-Disney+ : 300 M€ saisis, CINEMAGOAL tombée

Stéphane Larue
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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure...
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Photo : Jakub Zerdzicki / Pexels

L’Italie a démantelé CINEMAGOAL, une application pirate qui retransmettait illégalement les comptes Netflix, Disney+, Sky et DAZN. Le préjudice estimé atteint 300 millions d’euros et des serveurs ont été saisis en France et en Allemagne via Eurojust. Près de 1 000 utilisateurs italiens sont déjà sous le coup d’amendes pouvant grimper jusqu’à 5 000 euros.

Baptisée Tutto Chiaro, l’opération a été menée par la Guardia di Finanza et le parquet de Bologne. Les enquêteurs ont procédé à une centaine de perquisitions sur le sol italien, selon Bleeping Computer. L’enquête vise un écosystème complet — application, serveurs étrangers, code source — qui détournait des abonnements légitimes pour les distribuer à grande échelle.

Le système exploitait une faille qui rendait la détection des abonnés très difficile. Les enquêteurs ont mis plusieurs mois à remonter la chaîne, du serveur frontal jusqu’à l’application installée sur les box des clients.

Comment CINEMAGOAL captait Netflix et Disney+ toutes les trois minutes

Concrètement, l’application reliait l’appareil de l’utilisateur à des machines virtuelles tournant en continu sur le sol italien. Celles-ci capturaient et retransmettaient les codes d’accès d’abonnements légitimes ouverts à des prête-noms, en les renouvelant toutes les trois minutes. Cette rotation permanente trompait les vérifications de sécurité des plateformes de streaming.

Surtout, le flux n’était pas attaché à une adresse IP unique, ce qui empêchait Netflix, Disney+ ou Sky de détecter les utilisateurs finaux. C’est ce mode opératoire inédit qui explique l’ampleur du préjudice. La Guardia di Finanza évalue à 300 millions d’euros les revenus volés aux ayants droit.

Les abonnements pirates étaient revendus 40 à 130 euros par an, selon The Next Web. Dans le cadre d’une coordination assurée par Eurojust, des serveurs et du code source de CINEMAGOAL ont été saisis en France et en Allemagne. Cette dimension transfrontalière s’inscrit dans la lignée du coup de filet belge contre 115 000 utilisateurs d’IPTV opéré à l’automne 2025. Près de 1 000 utilisateurs italiens encourent désormais des amendes administratives de 154 à 5 000 euros.

En France, l’étau se resserre aussi sur les abonnés d’IPTV pirate

L’opération italienne tombe à un moment-clé pour la France. Depuis l’entrée en vigueur du volet audiovisuel de la loi SREN en janvier 2026, les abonnés à un service IPTV pirate s’exposent à une amende forfaitaire de 150 euros, doublée en cas de récidive. Le délit de piratage audiovisuel aggravé adopté au Sénat en juin 2025 prévoit jusqu’à 750 euros pour les particuliers et trois ans de prison pour les revendeurs. L’offensive de beIN SPORTS à l’approche de la CAN avait déjà accéléré les fermetures de plateformes pirates dans l’Hexagone.

En mars 2026, le tribunal d’Arras a prononcé les premières condamnations contre une vingtaine d’utilisateurs finaux, avec des amendes de 300 à 400 euros. L’ARCOM estime à 8 millions le nombre de boîtiers IPTV illégaux en circulation dans le pays, soit environ 11 % des internautes français. Au-delà du streaming, les enquêteurs craignent que ces applications deviennent des portes d’entrée à des attaques plus larges, à l’image du malware Phone Link qui aspirait récemment des codes SMS bancaires.

À retenir

  • CINEMAGOAL piratait Netflix, Disney+, Sky et DAZN via des comptes captés toutes les trois minutes.
  • Préjudice de 300 M€, 1 000 utilisateurs amendés, serveurs saisis en France et en Allemagne.
  • En France, les abonnés IPTV pirate risquent jusqu’à 750 € d’amende depuis 2026.

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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure une veille quotidienne sur les sujets d information générale, en s appuyant sur les sources officielles et les communiqués de presse. Il publie également des analyses, des interviews et des sélections éditoriales à destination d un large public.