Taylor Swift sécurise sa voix contre le clonage par IA

Stéphane Larue
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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure...
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Taylor Swift / capture d'écran

Taylor Swift a déposé deux empreintes sonores auprès de l’office américain des brevets (USPTO) pour protéger sa voix contre les outils d’intelligence artificielle. Une démarche inédite qui s’inscrit dans un contexte de multiplication des contenus générés par IA et de risques accrus de manipulation.

Un dépôt stratégique auprès de l’USPTO

La chanteuse américaine a enregistré deux empreintes sonores reprenant la formule « Hey, it’s Taylor », utilisée pour annoncer son album The Life of a Showgirl, sorti début octobre. Ces dépôts ont été transmis à l’United States Patent and Trademark Office (USPTO), l’équivalent américain de l’INPI français.

Un document photographique de l’artiste sur scène a également été joint au dossier. Aucune précision officielle n’a été apportée sur l’objectif exact de la procédure, mais le message est sans équivoque : Taylor Swift entend contrôler l’usage de sa voix à l’ère de l’IA.

Une artiste déjà confrontée aux dérives de l’IA

Ce n’est pas la première fois que la star est confrontée à ces enjeux. En septembre 2024, elle avait dénoncé publiquement la diffusion d’une fausse image d’elle sur le site de campagne de Donald Trump. Sur Instagram, elle avait confié que l’incident avait « avivé ses craintes liées à l’IA et au danger de la désinformation ».

Les avancées technologiques permettent aujourd’hui de reproduire une voix à partir de quelques secondes d’enregistrement seulement. Une opération qui nécessitait auparavant des heures de studio et des délais importants est désormais accessible en quelques clics.

Matthew McConaughey avait ouvert la voie

Taylor Swift n’est pas la première célébrité à engager une telle démarche. En janvier dernier, Matthew McConaughey avait lui aussi déposé une procédure similaire auprès de l’USPTO pour prévenir l’utilisation non autorisée de sa voix par des systèmes d’IA génératifs.

Ces initiatives individuelles illustrent un vide juridique persistant. Plusieurs États américains ont adopté des lois encadrant ces usages, mais celles-ci restent souvent limitées aux cas malveillants ou commerciaux.

L’ELVIS Act, modèle de protection étendue

Parmi les dispositifs les plus protecteurs figure l’ELVIS Act, voté dans le Tennessee en 2024. Cette loi offre une protection plus large que la plupart des textes fédéraux, en visant toute reproduction non autorisée de voix ou d’image d’un artiste.

Les recours judiciaires restent cependant rares. Scarlett Johansson avait attaqué en 2023 l’application Lisa AI pour l’exploitation non consentie de son image dans une publicité. Une affaire qui avait mis en lumière l’urgence d’un cadre législatif adapté. Les grandes plateformes numériques, souvent impliquées dans la diffusion de ces contenus, restent pour l’heure peu inquiétées.

La démarche de Taylor Swift pourrait faire jurisprudence et inciter d’autres artistes à franchir le même pas pour défendre leurs droits à l’ère du numérique.

À retenir

  • Taylor Swift a déposé deux empreintes sonores à l’USPTO pour protéger sa voix de l’IA
  • Matthew McConaughey avait engagé une procédure identique en janvier 2026
  • L’ELVIS Act du Tennessee offre aujourd’hui la protection la plus étendue aux artistes américains

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Stéphane Larue est journaliste et éditeur indépendant spécialisé dans l actualité des médias, du divertissement et de la culture numérique. Fondateur du site stephanelarue.com, il assure une veille quotidienne sur les sujets d information générale, en s appuyant sur les sources officielles et les communiqués de presse. Il publie également des analyses, des interviews et des sélections éditoriales à destination d un large public.