Alphabet va engager jusqu’à 40 milliards de dollars dans Anthropic, l’éditeur de l’assistant Claude. Le premier versement de 10 milliards est immédiat ; les 30 milliards restants suivront si la start-up atteint ses objectifs. Une opération annoncée vendredi qui redessine la carte des alliances dans la guerre de l’intelligence artificielle.
Le montage est détaillé dans le communiqué d’Anthropic. Google injecte d’abord 10 milliards de dollars sur la base d’une valorisation de 350 milliards. La tranche conditionnelle de 30 milliards, libérée selon des seuils de performance, ferait du moteur de recherche l’un des plus gros bailleurs de la jeune pousse. Et Google y ajoute 5 gigawatts de puissance de calcul cloud sur cinq ans, avec une option d’extension.
Anthropic devient l’acteur le plus convoité du secteur
L’annonce arrive quelques jours seulement après l’engagement d’Amazon, qui a promis jusqu’à 25 milliards à la même start-up. Le chiffre d’affaires annualisé d’Anthropic a franchi les 30 milliards de dollars en avril, contre 9 milliards à la fin 2025 selon les données partagées par l’éditeur. Une trajectoire qui colle à celle d’OpenAI et qui transforme le marché en course à la capacité de calcul.
Pourquoi Google double la mise
Le géant de Mountain View dispose déjà de Gemini, son propre modèle frontière. L’investissement dans un concurrent direct intrigue, mais il s’inscrit dans une logique de diversification. Google Cloud héberge déjà une partie des serveurs d’Anthropic. Plus la start-up grandit, plus elle achète de capacité — et la nouvelle enveloppe garantit que ces dépenses iront chez Google plutôt que chez Microsoft Azure ou Amazon Web Services.
La manœuvre permet aussi à Google de prendre une exposition financière au modèle Claude, devenu la référence pour les développeurs et concurrent direct de ChatGPT auprès du grand public. Anthropic conserve son indépendance : la start-up reste partenaire d’Amazon, qui demeure son principal hébergeur.
Le marché bascule vers les hyperscalers
Cette opération confirme une tendance : les grands éditeurs d’IA dépendent désormais du capital et de l’infrastructure des trois nuages américains. Microsoft a investi dans OpenAI, Amazon et Google misent sur Anthropic. Pour les utilisateurs européens, la question est moins celle du choix de modèle que celle du fournisseur cloud associé, alors que la mise en conformité avec l’AI Act européen entre dans une phase plus contraignante.
